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Ce vœu n'allait pas tarder à se réaliser ; le moment était proche où ils allaient « organiser l'industrie, el instituer en France la monarchie industrielle. (1)
L'Egypte fut le premier champ d'action pour beaucoup de ces ingénieurs. Pendant qu'Enfantin et Michel Chevalier entraient à Sainte-Pélagie purger leur condamnation, Barrault, Fournel et Tourneux, suivis de nombreux disciples, partaient pour l'Orient, qui leur apparaissait comme le heu d'élection pour une grande entreprise industrielle. « La route d'Alexandrie au Caire va bientôt s’exécuter ; le canal de Suez se fera certainement aussitôt que Méhémet songera un peu moins à ses armées » (2).
Enfantin, gracié avec Michel Chevalier le 1% août 1833, ne tarda pas à les rejoindre. « C’est à nous, dit-il, de faire entre l'antique Egypte et la vieille Judée, une des nouvelles routes d'Europe vers l'Inde et la Chine : plus tard, nous percerons aussi l’autre à Panama. Suez est le centre de notre vie de travail ».
Mais le grand œuvre saint-simonien, le canal de Suez, ne devait pas être de sitôt réalisé. Car le sultan Méhémet-Ali repoussa le projet préparé par Fournel et préféra la construction d’un barrage sur le Nil. Ce barrage fut par la suite ajourné, et la Famille découragée rentra en France sous la conduite du Père.
Tout en restant Saint-Simoniens, la plupart des disciples, avides d'indépendance, se séparent alors d’'Enfantin : en particulier, Michel Chevalier, qui avait consacré à la réflexion son séjour à Sainte-Pélagie, cesse toute communicalion avec le Père et les autres disciples; on ne peut cepen-
(4) Prédication du 11 décembre 1831.
(2) Œuvres, t. IX, p. 40.
Lena
dant cesser de le considérer comme Saint-Simonien, car sa vie comme ses écrits restent tout imprégnés de la doctrine qu'il avait professée.
= Quoique dispersés, ces hommes allaient tous coopérer à la même œuvre: la réalisation des chemins de fer en France.
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