‹ Les saints de l'église de MarseilleChapitre 10 sur 40 · SAINTE MARIE-MAGDELEINE · texte numérisé non relu

SAINTE MARIE-MAGDELEINE

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La montagne des Oliviers, qui domine la ville de Jérusalem, porte sur son revers oriental la bourgade de Béthanie. C'est là qu'au temps de Notre-Seigneur Jésus-Christ demeuraient Marthe, Marie et Lazare, que leurs richesses et la noblesse de leur origine faisaient des plus considérables parmi les Juifs.

Selon de vieux récits, qu'on attribue au IX* siècle et à l'époque antérieure, Marthe était née d'un autfe père que Marie et Lazare, et elle était l'aînée de la famille ; après la mort de leur mère, qui s'appelah Eucharis, elle avait pris soin de l'enfance de son frère et de sa sœur, et avait administré elle-même leur patrimoine.

Ces mêmes récits disent que Marie prit le surnom de Magdeleine, parce qu'elle possédait sur le lac de Tibériade la terre de Magdalon ; c'est aussi l'opinion de plusieurs Pères de l'Eglise, qui ajoutent qu'elle était née en ce lieu.

Marîe-Magdôleîne ne répondh pas aux soins dont Marthe avait entouré ses Jeunes années ; elle se laissa entraîner par les plaisirs du monde, et succomba aux

plus funestes tentations. Mais si profonde que fût sa chute, et si misérable que fût son abaissement, plus grand devait être l'élan d'amour et de foi qui la releva vers Dieu, plus généreuse et plus glorieuse sa longue pénitence.

C'était le moment où le Messie, abandonnant l'obscurité de l'humble maison de Nazareth, commençait sa vie publique. En l'an de Rome 779, dit M. l'abbé Bougaud, il se rendit à Jérusalem. Il y venait affirmer devant les prêtres et tout le peuple juif sa mission divine. Comme il passait à Béthanie, un pharisien nommé Simon, curieux de connaître un homme d'une si grande réputation, l'invita à dîner à sa table. La présence seule du Sauveur toucha le cœur de Magdeleine. Prenant un vase de parfums précieux, elle entra dans la salle du festin; elle se jeta aux pieds de Jésus, les inonda de ses larmes, les oignit d'essences, et les essuya avec ses cheveux. Et alors, malgré les murmures des pharisiens, qui s'étonnaient de le voir accepter les soins d'une femme coupable, le Divin Maître lui dit : « Vos péchés vous sont remis... Votre foi vous a sauvée. »

Notre-Seigneur venait souvent à Béthanie. Magdeleine restait alors immobile à ses pieds, écoutant ses paroles, contemplant son visage, incapable de porter ailleurs son attention et ses regards. Un jour Marthe se plaignit d'être seule absorbée par les soins domestiques ; mais Jésus lui répondit : « Marie a choisi la meilleure part, et elle ne lui sera pas ôtée. »

Pendant une des absences du Sauveur, et tandis qu'il évangélisait la contrée de Jéricho, Lazare, son ami, tomba malade et mourut. Appelé par les deux sœurs, Jésus retourna à Béthanie et ressuscita celui

qui depuis quatre jours déjà pourrissait dans le tombeau. Après ce témoignage de son amour, il s'éloigna, mais pour quelques jours seulement. Il revint à la veille de sa passion, et consentit à un dernier banquet dans la maison de Simon-le-lépreux. Ce jour-là Magdeleine, comme au jour de sa conversion, versa sur la tête de Jésus un parfum d'un prix inestimable. Les disciples s'étonnaient de cette prodigalité, et ils disaient entre eux : « On pouvait vendre ce parfum plus de 200 deniers, et les donner aux pauvres. » Mais Jésus leur répondit : « Ce que Marie a fait, elle l'a bien fait ; elle a embaumé par avance mon corps pour la sépulture. Et en vérité, je vous le dis, partout où sera prêché cet évangile, on racontera d'elle à sa gloire ce qu'elle vient de faire. »

Cinq jours après, Jésus était livré par Judas, condamné à mort, et traîné comme un malfaiteur par les rues de la ville. Magdeleine le suivit sur le Calvaire, et resta avec la divine Mère au pied de la Croix, sous la pluie de sang qui découlait des plaies du Sauveur. Elle ne le quitta que dans le sépulcre. Le lendemain, ne pouvant à cause du Sabbat s'approcher du lieu où il reposait, elle demeura plongée dans sa douleur ; mais avant même que parussent les premières lueurs du jour suivant, elle vint au jardin du Calvaire, et voyant le tombeau ouvert, elle crut à une profanation, et courut avertir les disciples que l'on avait enlevé le corps de leur Maître.

Pierre et Jean viennent en toute hâte, entrent dans le sépulcre, et, le trouvant vide, s'en retournent troublés. Mais Magdeleine ne peut s'arracher de ce lieu ; elle reste tout en larmes auprès de la grotte, et apercevant tout à coup un homme qu'elle prend pour le jardinier,

elle lui dît : « Seigneur, si c'est vous qui Pavez enlevé, dites-moi où vous l'avez mis pour que j'aille le prendre. » Mais lui ne lui dit qu'un mot : « Marie » ; et se précipitant à ses pieds, elle l'adora pleine de joie en s'écriant : « Maître ! » Et Jésus lui dit : « Ne me touche pas, mais va trouver mes frères et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »

Après l'Ascension , Magdeleine resta auprès des Apôtres et de la Vierge Marie, jusqu'au jour où la glorieuse Mère de Dieu monta au ciel pour être la souveraine des Anges et des hommes.

Les Apôtres, les disciples de Jésus-Christ, et les saintes femmes qui l'avaient suivi dans son passage sur la terre, vivaient à Jérusalem, unis dans la prière, et annonçant aux Juifs l'Evangile de leur Maître. Mais les Juifs repoussaient leur parole ; ils persécutaient les chrétiens, ils ne pouvaient supporter le témoignage de ceux qui avaient vu les miracles du Messie et le plus grand de tous sa résurrection d'entre les morts. Pendant douze années les Apôtres prêchèrent ainsi dans la Judée, au milieu de mille persécutions ; mais enfin voyant leurs efforts inutiles , ils résolurent d'abandonner ce peuple rebelle à son impénitence, et d'aller porter la foi aux Gentils.

Leur dispersion eut lieu aux environs de l'an 48 de Jésus-Christ.

D'antiques récits nous racontent que saint Pierre, avant de partir pour Rome, choisit des missionnaires pour les Gaules et l'Espagne. Il confia la mission de Provence à saint Maximin, un des 72 disciples de Notre-Seigneur, et l'envoya porter la bonne nouvelle dans nos contrées en compagnie de Marie-Magdeleine,

de Manhe, de Marcelle, leur suivante, de Trophime, d'Eutrope, de Parménas et de plusieurs autres. Les saints, poussés par un vent favorable, vinrent aborder non loin de Marseille, dans Pile de Camargue, à l'endroit où le Rhône se jette dans la mer. Maximin alla aussitôt évangéliser la ville d'Aix ; Marie-Magdeleine l'y accompagna, et vécut auprès de lui dans l'exercice de l'apostolat, et dans les ravissements continuels de la contemplation.

Mais à côté de ces vieux Actes de sainte Magdeleine, est une tradition fort ancienne aussi, et fortifiée par d'autres récits qui racontent d'une façon quelque peu dififérente l'arrivée de nos apôtres sur les côtes de Provence. Elle dit que les Juifs persécuteurs, s'étant saisis des principaux disciples de Jésus-Christ, jetèrent dans un méchant bateau Lazare, Marthe, Magdeleine, Marie Jacobé et Salomé, Maximin et d'autres encore, et les livrèrent à la fureur de la mer sans voile et sans gouvernail. Mais le bateau, poussé par le souffle des anges, traversa heureusement la Méditerranée, et vint aborder à l'île de Camargue. Aussitôt les saints, comprenant la mission que Dieu leur réservait, se partagèrent, les villes de la vieille province romaine. Saint Maximin alla à Aix, sainte Marthe à Tarascon et à Avignon, Lazare et Marie-Magdeleine vinrent à Marseille.

Ces deux récits, conformes dans le fond, diffèrent seulement en ceci que le premier représente nos apôtres comme envoyés par saint Pierre et destinés par lui à l'évangélisation de la Provence, tandis que le second voit dans leur arrivée imprévue un épisode de la persécution juive contre la primitive Eglise.

La tradition nous a conservé un souvenir malheu*

reusement trop incertain de l'apostolat de sainte Magdeleine à Marseille. Elle nous dit que Lazare et sa sœur se logèrent, en arrivant parmi nous, dans les ruines d'un petit temple abandonné, en face du temple de Diane. Dans la suite du temps, les iidèles construisirent en ce lieu une chapelle en l'honneur de sainte Magdeleine. Elle était située au carrefour des Treize-Coins, en face de la Major,, que l'on croit bâtie sur l'emplacement du temple de Diane. (Grosson, Monum. Marseillais. — Paillon, t. I, p. 570.)

Magdeleine, voyant la foule porter ses adorations à la déesse, ne put contenir son indignation, et élevant la voix elle commença à prêcher le nom de Jésus- Christ. La divine semence porta fruit, et bientôt se forma une petite chrétienté.

Il y avait à Marseille, dit la légende, un homme riche qui n'avait pas d'enfants, et qui allait au temple, avec sa femme offrir des sacrifices et demander aux dieux un héritier de ses biens. Sainte Magdeleine alla à eux et leur annonça Jésus crucifié. Et pendant la nuit, par trois fois, cette dame vit en songe la belle étrangère qui lui apparaissait menaçante, et lui reprochait de laisser les pauvres dans la souffrance, tandis qu'elle-même dormait sur la plume et dans la soie. Son mari eut aussi la même vision. Effrayés de ce prodige, ils appelèrent dans leur maison Lazare et sa sœur, et cet homme dit à Magdeleine: « Nous écouterons ta parole, et nous croirons en ton Dieu, si tu nous obtiens de lui un enfant. » Pleine de confiance en Celui qui a promis aux siens sa protection et ses miracles, Magdeleine n'hésita pas à s'engager en son nom, et en effet ils eurent le fils qu'ils désiraient, et embrassèrent la foi de Jésus-Christ.

Cette légende aventurée est la base d'un roman religieux, que le Moyen-Age avait mêlé et confondu avec les Actes de sainte Magdeleine. D'après ce roman, le roi et la reine de Marseille promettent de se faire baptiser si le Ciel leur accorde un enfant. Ils vont à Rome voir saint Pierre ; une tempête horrible les assaille ; la reine a son fils pendant la traversée et meurt. Le roi la dépose sur la plage d'une île déserte, recouverte seulement de son manteau, et laisse auprès du cadavre son fils nouveau^né, qu'il ne veut pas voir mourir de faim sur son navire. A Rome, saint Pierre console le pauvre roi, et le mène visiter les Lieux Saints de Palestine. Après deux ans, le noble pèlerin fait voile pour Marseille, mais en passant devant l'île, où il a laissé sa femme morte, il s'arrête, et la trouve pleine de vie avec son enfant. Ce miracle amène la conversion du peuple de Marseille, qui reçoit le baptême de la main de sainte Magdeleine. (Faillon. T. 2, p. 97.)

Laissons ce récit extravagant, et revenons à la saine tradition.

La persécution ne tarda pas à s'élever ; les fidèles durent se cacher pour accomplir les saints mystères ; ils cherchèrent un asile dans les montagnes et creusèrent les catacombes. Là^ Magdeleine se réfugiait avec les premiers chrétiens ; elle leur enseignait la doctrine qu'elle avait reçue du divin Maître, et les initiait à cet esprit de prière et de pénitence qui l'avait rendue chère au Cœur de Jésus. Cette catacombe, berceau de notre Eglise, a été comblée en grande partie par les éboulements ; mais nous avons conservé la première chapelle qui vit les assemblées de nos pères dans la foi, et que sanctifia la présence de saint Lazare et de sainte Magde-

leine. Elle s'ouvre dans les cryptes de Saint-Victor, derrière Tautel de Notre-Dame de Confession, le sanctuaire que la piété des fidèles entoure d^une si religieuse vénération.

C'est une grotte entièrement creusée dans le flanc de la montagne. Sur la voûte sont gravés TA et l'û des catacombes, entre les bras d'une croix grecque. Un autel y a été dédié en l'honneur de sainte Magdeleine ; il est surmonté d'un bas-relief représentant l'illustre pénitente. Ce bas-relief, sculpté dans la masse même de la roche, est, dit-on, l'oeuvre de Puget, le grand artiste marseillais. Du côté de l'épitre, un peu en avant de l'autel, une colonne, également taillée dans le roc, porte au-dessus de son chapiteau une tête que l'on considère comme l'image de saint Lazare ; adroite et à gauche sont gravées une crosse d'évêque et une palme.

Cette colonne^ avec un banc aussi creusé dans la pierre qu'elle partage en deux sections, a reçu le nom populaire de confessionnal de saint Lazare. Ce siège a très vraisemblablement servi à l'administration des sacrements, et on en rencontre de pareils^ destinés à des usages religieux, dans les catacombes de Rome ; mais le nom de confessionnal n'est là assurément que par corruption, et rappelle le titre de confession de saint Lazare, qui appartient à cette crypte pour avoir contenu les reliques du premier de nos évêques.

Du côté de l'Evangile s'ouvre le corridor qui conduisait primitivement aux autres cubicula de la catacombe marseillaise, et qui renferme encore aujourd'hui plusieurs tombes malheureusement profanées. On y voyait autrefois un sarcophage païen très remarquable^ où furent renfermées des reliques des SS. Innocents, et à côté une magnifique urne d'albâtre cannelée eti spi*

raies, qui avait été trouvée près de l'abbaye, au milieu d'un cimetière antique, et que Ton déposa dans la chapelle de Sainte-Magdeleine, sans doute ea souvenir du vase d'albâtre qu'elle porta plein de parfums che^ Simon le pharisien. (Kothen, Cryptes de Saint-Victor.)

Nous avons donc trace certaine du séjour de la Magdeleine au milieu de nous. Mais la sainte amante de Jésus-Christ ne pouvait vivre longtemps dans le tumulte et l'agitation des villes. Elle était irrésistiblement attirée vers cette vie de contemplation et d'extase que Notre-Seigneur lui-même avait assuré être spn partage. Elle cherchait un lieu écarté, pu elle pût se. retrouver seule avec lui, le voir, Técouter comme autrefois dans sa maison de Béthanie. Une tradition bien vague nous la représente se retirant tantôt dans une grotte enfermée aujourd'hui dans Téglise parois-siale des Aygalades , tantôt danç une autre caverne cachée dans les bois de la vallée voisine. Mais sa demeure définitive fut choisie, dit-on, par les anges, qui l'enlevèrent et la transportèrent dans la Baumç où elle passa les dernières années de sa vie.

Vraiment, sur terre, Magdeleine ne pouvait avoir retraite plus profonde ! C'était un immense désert, un^ plaine inabordable au-dessus dçs plus hautes vallées, une lande épineuse et perdue dans les montagnes, que l'homme ne connaissait pas, que son pied n'avait jamais foulée. Les bêtes fauves fréquentaient seules cette région escarpée ; mais à l'approche de la sainte elles s'enfuirent, et depuis aucune n'y est revenue. Combien est magnifique cette solitude! Une forêt épaisse ; de grands hêtres au tronc blanc moucheté de mousses; des ifs vieux comme le monde; des houx gigantesques; et au flanc de la colline de petits rois-

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seaux qui dégouttent de la pierre et se perdent sous les feuilles amassées. Des blocs énormes sont tombés de la montagne ; ils sont amoncelés les uns sur les autres, revêtus de lianes et de fleurs, et diaprés d'une lumière chatoyante. Sur la forêt, la roche se dresse haute et droite comme la muraille du Paradis ; et dans sa paroi inaccessible est creusée la Baume, le nid de la divine colombe. De là monte sa plainte, dès le matin, dès que le jour se lève sur la neige des Alpes, à l'horizon. Rien ne la console, parcequ'elle a perdu Celui qu'elle aimait. Le soleil illumine le ciel profond, le roc reflète ses rayons comme un pur cristal, la terre s'échaufife et exhale son encens en spirales vibrantes; le soir revient, la nuit paraît toute brillante de diamants ; Magdeleine gémit toujours, elle répète sans cesse comme autrefois : a Où l'avez-vous mis, et j'irai le chercher. »

Dans cet ermitage solitaire, sa vie était la prière, sa tiouf Wture le pain céleste que les anges lui apportaient, §a compagnie Notre-Seigneur lui-même qui venait à sa voix et conversait avec elle. Sept fois par jour, aux heures canoniales, les anges la soulevaient et la portaient au sommet de la montagne pour y jouir de la présence de son Bien-Aimé. Ce lieu béni est connu sous le nom de Saint-Pilon, parce que les fidèles y élevèrent plus tard une colonne avec la statue de la sainte soutenue par les anges. Quand sa prière était finie, les mêmes mains la reprenaient et la descendaient dans sa baume, où elle recommençait sa pénitence.

Cette vie miraculeuse dura 33 ans ; et tous les jourâ c'étaient les mêmes larmes, lé même amouf , les mêmes iravissements.

Deux mille ans se sont écoulés de{$uis que Magde-

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leine a habité ces lieux ; mais ils ont gardé l'empreinte de ses pas, la beauté de son front, le calme et la sérénité de son âme. Aussi les pèlerins ont appris le chemin du désert ; ils ont frayé des sentiers dans le bois ; ils viennent dans la baume boire à la source qui a jailli des yeux de la sainte et qu'alimentent ses pleurs.

L'attrait seul des souvenirs les amène ainsi loin de tout pays habité ; ils ne trouvent pas à la Sainte-Baume le tombeau de Magdeleine ; elle n'est pas morte dans sa grotte. Quand le jour fut arrivé où Magdeleine devait quitter la terre pour recevoir le prix de son amour, elle voulut s'unir une fois encore à son Sauveur sous la forme sacramentelle. Les anges, qui la servaient, la transportèrent de la Sainte-Baume jusque sur la vieille voie Aurélienne,là où s'élève aujourd'hui un pilier qui rappelle cet événement miraculeux. En même temps Maximin, son compagnon de pèlerinage, maintenant évêque d'Aix, était averti par une révélation divine, et se hâtait au-devant de la pénitente. Il lui donna le corps et le sang de Jésus-Christ, et peu après elle s'endormit paisiblement entre ses bras. Le bienheureux évêque embauma son corps, l'ensevelit pieusement, et construisit, dit-on, une basilique sur son tombeau. Cette basilique est sans nul doute la crypte aujourd'hui renfermée dans la magnifique église de Saint-Maximin. Quand sainte Magdeleine mourut, le culte chrétien proscrit et-persécuté ne pouvait élever les somptueux édifices qu'ont produits plus tard l'époque Constantinienne et le Moyen-Age. Cette crypte, cachée à tous les regards, n'était fréquentée que par les rares chrétiens de la contrée, et elle resta à moitié inconnue sous la protection de saint Maximin et de ses successeurs.

Ce que nous venons de dire de la vie de sainte

Magdeleine en Provence, nous l^avons prig dans les

vieux Actes de la sainte et dans la tradition populaire.

Nous savons bien qu^une critique jalouse a voulu

rejeter et les Actes et la tradition, et nous refuse

l'honneur d'avoir pour apôtre la sainte amie de Notre-

Seigneur Jésus-Christ. Si nous ne sommes pas entrés

dans le champ-clos de la discussion, ce n'est pas que

n'ayons rien fr répondre aux négations de l'école

sceptique; mais les preuves de la venue des saints de

Béthanie en Provence, d'autres les ont déjà données,

et demain peut-fitre en apporteront de nouvelles. Nous

n'avons écrit que pour les fidèles^ que pour ceux qui

croient parce qu'ils aiment.

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