‹ Les Saints et l'Organisation chrétienne primitive dans l'Armorique bretonneChapitre 112 sur 188 · R.: LL · texte numérisé non relu

R.: LL

nous ne savons pas grand’chose de l’état du pays à cette époque, mais rien n'indique qu’il y ait eu alors des abbayes puissantes : une population nouvellement émigrée, qui s’installe dans un pays inconnu, qui se trouve devant toutes les difficultés de la vie, n’est pas apte à fournir de nombreuses vocations monastiques. Les émigrés sont accaparés par les besoins matériels et ne peuvent s’adonner à la contemplation. Ils n’ont aucun noyau de vie religieuse ; la population bretonne était rurale, répandue à travers la campagne, sans aucun centre ni commercial, ni intellectuel, où puissent exister des écoles qui soient des séminaires de vocations religieuses. Les prêtres venaient de la métropole, l’île de Bretagne, des anciens monastères riches et nombreux qui existaient en ces pays de civilisation. Si, d’ailleurs, on compare la situation de l’Armorique occupée par les Bretons à la situation des colonies occupées par les Européens, lon voit que ces colonies n'ont fourni de prêtres que très tard ; longtemps c’est l’Europe qui leur a envoyé les prêtres dont ils avaient besoin, parce que l’Europe avait ses abbayes, ses séminaires et une population parmi laquelle des vocations religieuses pouvaient naître. Il en fut de même dans l'Armorique bretonne des premiers siècles *.

Ces données indiquent que les cultes des saints anciens en Armorique s’expliqueraient difficilement par des transports de cultes, que l’on attribue ces transports, soit à des voyages de reliques, soit à des extensions monastiques. Il y a des chances que ces cultes rappellent le saint lui-même, qui habita ces parages, y laissa le souvenir de ses vertus et ful canonisé par le peuple.

30, C'est à tort que nous Iraduisons Lan- par monastère, abbaye : cette traduction laisserail supposer un développement monastique considérable dès les débuts : il faut le traduire par cella, ermitage :

il y a parfois trois où qualre lan dans la même paroisse, quels moines auraient pu peupler autant d'abbayes ? Dans un pays neuf, la population oublie le service de Dieu pour se donner aux travaux qui font vivre. Le développement monastique en Bretagne n'existe qu'à l'époque des Lok-, les Loquellas, les Loquenolé en sont la preuve. Cependant tous les ok ne sont pas tous des prieurés : le mot Lok- désigne souvent! une simple chapelle, un oratoire, qui n'a jamais relevé d'une abbaye.

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