‹ Les Saints et l'Organisation chrétienne primitive dans l'Armorique bretonneChapitre 116 sur 188 · II. — LES CHAPELLES COTIÈRES · texte numérisé non relu

II. — LES CHAPELLES COTIÈRES

11 ne faudrait pas se hâter de conclure que les chapelles côtières, et en particulier les doublets de chapelles côtières, procèdent toutes d’un transport du culte”. Avant de pousser plus avant dans l'examen de la question, il est nécessaire d'étudier plus à fond les données du problème ; l’emplacement des chapelles côtières mérite un plus long examen.

Ces chapelles sont pour la plupart sur le rivage ; elles sont établies en bordure de mer, sur le champ ou la dune qui est à la limite de la grêve, à l'endroit où s'arrête Île sable de la plage. Elles sont si côtières que plusieurs parmi elles sont ensablées : c’est le cas de la fontaine Saint-Kirio en Trédrez, de la chapelle Saint-Guévroc en Tréfiez et de la chapelle Saint-Pol dans l’île de Batz. La répétition d’un détail si nettement accusé, et en même temps si bizarre. indique une volonté arrêtée. Nous ne sommes pas devant la fantaisie d’un dévot qui bâtit une chapelle ; ces chapelles ont été construites en ces points, parce qu’un fait a déterminé leur emplacement ; ce fait ne peut être qu'un débarquement, celui du saint ou celui d'émigrants qui transportaient le culte, où bien une habitude chez nos saints d'établir leur cellule au bord même de la mer *. |

9. Mais les mêmes causes produisant les mêmes effets, la mer ou la côte étant demeurée foujours la seule voie naturelle en Bretagne, il es!

certain que voyages du saint et transports du culte ont pu se produire de la même facon.

10. Inutile d'ajouter que ces chapelles ne peuvent pas avoir élé construiles par suite d’une légende d'origine savante, localisée par le peuple. C'est le contraire qui a pu se produire ; c'est la chapelle qui a

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