LA TOPONYMIE PAROISSIALE
Il ne sera question, ici, que des paroisses primitives, celles qui étaient déjà paroisses avant la Révolution, et parmi elles, de celles-là seules qui semblent remonter à la période primitive. Les paroisses en Lan-, Tré-, Lok-, ne sont pas, on l’a vu, des paroisses anciennes ; elles ont été constituées à une époque tardive et par prélèvement sur les paroisses primitives.
Ici, comme dans tous les chapitres précédents, la toponymie va encore fournir des éléments d’un intérêt considérable.
Il importe d’abord de préciser le sens du mot plou. Dom Le Pelletier en a donné la définition suivante dans son Dictionnaire de la langue bretonne (1752), « plou est proprement une multitude d'habitants d’un canton champêtre, divisé en quantité de villages et maisons particulières ». Autrément dit, plou désigne l’ensemble du territoire paroissial. Ce sens est affirmé par les deux noms Plou-Lantrégquer et Plouguer ; le premier désigne l’ensemble du territoire qui relevait de la ville de Tréguier, en breton Landréger, le second désignait la ville et le territoire paroissial de Carhaix (Ker-Ahès), et désigne maintenant les seuls faubourgs de Carhaix: la commune actuelle de Plouguer est la campagne suburbaine de Carhaix ; son territoire constitue un anneau qui entoure la ville de Carhaix. Le mot ploué est resté d’un emploi constant dans le dialecte de Léon, pour désigner toute la circonscription paroissiale, et la campagne par opposition au bourg ; l'habitant de la campagne s'appelle ploueis*