‹ Les Saints et l'Organisation chrétienne primitive dans l'Armorique bretonneChapitre 140 sur 188 · ERNAULT, Glossaire moyen-breton, p · texte numérisé non relu

ERNAULT, Glossaire moyen-breton, p

par opposition à celui du bourg, ar borc’his ; on retrouve encore le mot ploué dans un certain nombre de lieux-dits Gorré-Ploué, qui signifient la partie haute du territoire paroissial*. Le mot plou désigne un territoire, de la même façon que le mot commune en français désigne une circonscription administrative ; il n’a donc pas le sens du mot français paroisse, qui désigne en même temps l’église paroissiale et le territoire qui en relève.

Le mot plou, entré en composition dans le nom des paroisses, y a gardé tout son sens de territoire paroissial. Les noms de paroisses ne sont pas le nom du bourg cheflieu, c’est le nom de l’ensemble de la Circonscription paroissiale. Ce sens n’a jamais varié, les chartes et vies latines anciennes en fournissent de nombreux exemples : dans la vila Pauli Aureliani, il est dit que le saint fonde un monastère lanna Pauli in Plebe Telmedovia, Lampaul en Ploudalmézeau (F.) ; Ploudalmézeau est le nom d’une circonscription et Lampaul un lieu-dit, si loin d’ailleurs du bourg chef-lieu, qu’il en a été détaché plus tard pour former une paroisse séparée ; les textes latins traduisent toujours in plebe X..., et l’on a continué à dire, en breton comme en français, qu’un village, est situé en Plestin, en Plouaret, parce que le no de Plestin, de Plouaret désigne une circonscription territoriale*. En France, au contraire, les

2. En Pleyber-Christ, Ploudalmézeau, Plouescat, etc. (F.) (C.E.-M.) . cf. et. Pen-en-ploé en 1442, Pen-er-bloué au xvir siècle, aujourd'hui Sainte-Barbe en Plouharnel (M.) (Ros.)

3. Il en est de même d’une expression usiltée en France pour certaines communes qui n'ont pas de bourg chef-lieu qui leur prête un nom et qui ne sont que des unités administratives. On dit : commune de X... tel village, commune de X.… — Concernant les Plou-, il y à des exemples vraiment remarquables : lorsque l'ancien territoire de Pleyber a été démembré, chacun des deux tronçons à gardé le nom de la paroisse, el il y a eu deux paroisses Pleyber-Christ et Pleyber-Saint- Thégonnec (F.) ; si Pleyber avait été le nom du bourg chef-lieu, il ne serail pas resté le nom des deux démembrements. L'on peut citer de même les nombreuses trêves qui continuent à porter le nom du territoire paroissial auquel elles appartenaient jadis : Le Cloître- Pleyben, Locmaria-Berrien, Locmaria-Plouzané (F.), étc. ; il n'y a- pas d'appellations sembltbles en France, les communes qui veulent différencier leur nom y ajoutent un nom de région (parce que la région est la première circonscription qui ait un nom), ou un nom de rivière, de site géographique.

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