‹ Les Saints et l'Organisation chrétienne primitive dans l'Armorique bretonneChapitre 141 sur 188 · CHAPITRE :X. — LA TOPONYMIE PAROISSIALE · texte numérisé non relu

CHAPITRE :X. — LA TOPONYMIE PAROISSIALE

paroisses empruntent leur nom au bourg chef-lieu de la paroisse, que ce bourg soit désigné par un nom de site, ou qu'il soit désigné par le nom du saint patron de Péglise ; le nom du bourg a été étendu à l’ensemble de la paroisse, si bien que la paroisse n’a pas de nom dans la langue courante * Ë

Non seulement la paroisse bretonne n’emprunte pas son nom au chef-lieu, mais qui plus est, le nom du chef-lieu ne se confond pas avec le nom de la paroisse : le chef-lieu c’est le Bourg, pour les habitants de la paroisse, et pour les habitants des autres paroisses, s’ils parlent du chef-lieu d’une paroisse voisine, ils diront le bourg de Plestin, le bourg de Plouaret; ils ne diront pas qu'ils vont à Piestin, ni à Plouaret. La frérie du bourg à un nom spécial, Ker iis, Tref an ilis. Dans le Léon, le bourg a un nom propre, composé avec le mot Guic-, ce qui affirme plus nettement encore qu’il n’y à aucune confusion entre le nom du bourg et le nom de la paroisse. L'on voit par là que le nom des paroisses bretonnes est d’une précision très nette ; il désigne, d’une façon absolument formelle, l’ensemble d’une circonscription territoriale. Cette précision du terme fait que la toponymie cons- Uitue un élément d’un intérêt considérable pour l’étude des origines des paroisses.

Le mot Guic- suivi de l’éponyme de la paroisse, qui sert à désigner le bourg dans toute la région du Léon, offre lui aussi une grande précision. L’aire géograpique de ces noms commence aux confins de la Cornouaille et du Léon, s'étend sur tout le Léon et vient finir dans le Bas-Tréguier. Plougastel-Daoulas (F.), qui est en Cornouaille, près de la limite du Léon, à son Guicastlel; dans le Bas-Tréguier, on à Guimaëc et Plougasnou qui à son Guicasnou*. Il y a deux exemples où la

4. Dans les acles religieux, la paroisse française à un nom, celui de son saint patron, suivi du nom du bourg paroissial ; mais ce nom n’est pas employé par le peuple et n’est pas devenu, dans sa bouche, un nom géographique. — Le mot latin plebs (ou parochia) à d'ailleurs dans tout le monde chrétien le même sens que Plou-, mais il n'est entré dans la toponymie qu’en Bretagne.

5. Il y a un Hervé de Guicastel, abbé de Daoulas en 1281 (B.C.D., 4907, p. 124), qui très certainement tient son nom du bourg de Plougastel-Daoulas. Pour Guimaëc, qui est l'exemple extrême est, j'ai expliqué pourquoi cette paroisse qui a perdu toute sa ploué n'a gardé que le nom de son bourg.

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