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Plou- ne porte pas le nom d'un saint : Plougastel et Plounévez-Lochrist. Plougastel a son Guicaslel, et Plounévez à son Guinévez : la règle s'est imposée pour ces paroisses comme pour les autres, Le mot Guic- à un sens absolument invariable : il n’est entré en composition que pour désigner uniquement les bourgs chefs-lieux de paroisses primitives ; ii ne s'applique jamais à des paroisses récentes ou à des agglomérations quelconques, il n’a servi qu’à désigner exclusivemént ies maisons -qui entourent les églises paroissiales anciennes ; la toponymie paroissiale bretonne est encore sur ce point d’une précision remarquable‘.
L'examen de la toponymie paroissiale en Bretagne permel deux autres constatations non moins importantes : il arrive fréquemment que le saint éponyme d’une paroisse donne son nom à d’autres lieux à l’intérieur de la même paroisse, mais en dehors du bourg. Il donne d’abord son nom à une chapelle où on vient l’honorer. Il résulte de cela le
6. Sur je nom guic — lat. vicus, v. J. LoTH, Les noms latins dans les langues brittoniques, pp. 46 et 175 ; ERNAULT, Gloss. moyen-breton, p. 304 ; cf. Guic Aleth, ancien nom breton de la cité de Saint-Servan (L-et-V.) ; Le Vieux-Vy (I.-et-V.) (ecclesia de Veteri Vico) ; Guiscriff (M.), Guipry, Guichen et Guipel (I.-et-V.) sont peut-être composés avec le terme Guic-, ce sont tous des paroisses. — Il n'y à que deux exceptions de Guic- non paroisses : Guipronvel (F.), qui, avant la Révolution était trêve de Milizac, et Guicquelleau en Le Folgoat (F.) ; Guipronvel a dû êlre la paroisse primitive (Milizac est un fundus gallo-romain) ; la preuve en est que l'éponyme de Guipronvel a son nom répété dans celui de la seigneurie de Saint-Romel en Guipronvel (B.C.D., 1912, pp. 263-267) et dans celui de Keronvel en Milizac. Guicquelleau était au xvu* siècle une simple chapelle domestique, dans ja paroisse d'Elestrec ; son seigneur prêla cette chapelle aux paroissiens pour remplacer l'église ruinée d'Eleslrec, el la paroisse prit le nom de Guicquelleau ; en réalité, Elestrec n'est pas un nom de paroisse ; le retour à Guicquelleau et au nom de Guiequelleau paraît bien s'être produit sous l'effet d'une tradition qui rappelait que Guicquelleau avait jadis été la paroisse (B.C.D., 1909, pp. 175 et 184) ; KERDANET, Albert Le Grand, pp. 67 et 153 ; sur l'éponyme, v. Ns., p. 50, et rapprochez Lanvellé en Saint-Ségal (F.) (C.E.M.). — THenvic (F.), ancienne trêve de Taulé, signifie le vieux bourg (hen guic), il est fort probable que le bourg a été déplacé ; Fenvic était très près de la mer ; il est devenu Ie vieux bourg, on y a laissé une église tréviale, et la paroisse s'est installée à Taulé, qui est probablement un lieu-dit et non pas un nom de paroisse ; si bien que nous ignorons le nom de la paroisse primitive.