CHAPITRE XI. — LA CONSTITUTION DES PAROISSES
masse importante de population “. Cette dispersion avaït eu pour résultat d'empêcher toute organisation du pays; on ne pouvait tracer de routes, puisqu'il n’y avait pas de centres à desservir et à réunir à d’autres ; il n’y avait qu'une poussière de petites exploitations ; il ne pouvait exister de marchés, puisqu'il n'y avait pas d'agglomérations ; enfin, les chefs détenaient une autorité bien précaire sur un peuple aussi dispersé, si tant est qu’il avait subsisté des chefs.
Les prêtres arrivaient en véritables pionniers, dans un pays vierge de toute organisation. Ils n’allaient pouvoir exercer leur apostolat qu'en voyageant sans arrêt d’une ferme à l’autre ; il leur était impossible de toucher les habitants autrement qu’en visitant chaque cabane, puisque ces chrétiens isolés, perdus à travers les landes et les marais ne possédaient aucun sanctuaire autour duquel ils auraient pu se réunir et dont ils auraient été la clientèle ; les sanctuaires tiennent au terrain, on ne les emporte pas en émigrant. Pour permettre aux Bretons de vivre en chrétiens, il fallait leur assurer un culte ; ce culte, on ne pouvait que l’offrir à un groupement suffisant de chrétiens, il était donc nécessaire de grouper ces chrétiens en communautés. Les prêtres, d'autre part, pour exercer une influence plus profonde, se sont sentis dans la nécessité de circonscrire leur tâche ; force leur était de choisir un territoire auquel chacun d’eux aurait répandu le bienfait de son ministère. Ils étaient peu nombreux, la population n’était pas très dense, ils pouvaient prendre un territoire assez vaste, mais ils étaient dans l'obligation de choisir un territoire qui constituât une unité géographique facile à parcourir, pour eux exercer leur apostolat, et pour les fidèles venir assister aux cérémonies du culte. Les missionnaires dans leurs pérégrinations ne tardèrent pas à reconnaître les belles unités géographiques qui étaient formées par les parties du plateau qu'enferment les vallées : ils y trouvèrent de véritables circonscriptions qui répondaient parfaitement aux nécessités de leur ministère et qui seraient en même temps le cadre dans lequel ils allaient recruter la clientèle de chaque église.
Les prêtres hretons ont créé ces circonscriptions territo-