LOIRE-INFÉRIEURE
Tressé en Plessé ; c'est le seul cas avec Tréastel en Plougastel (F.), où dans une paroisse un nom de lieu en éré- reproduise le second terme du nom de la paroisse. Plessé est la seule paroisse en Pléde la Loire-Inférieure ; v. J. Loru, Rev, aellt., xxviI1, 1907, p. 393.
MORBIHAN
Kerscop et Moulin-l’'Evèque en Plescop (C.E.-M.), l'éponyme de Plescop est un saint Evêque, cf. Cosquer Saint-Evêque en Guidel (M.) (Ros.), et Esquibien (F.), même nom avec suffixe ; le nom de Plescop n’a aucune relation avec la présence en cette paroisse d'une maison de campagne appartenant aux évêques de Vannes, laquelle s'appelait KXerango — Ker an goff, et dont l'acquisition par les évéques de Vannes est de beaucoup postérieure à la création de la paroisse; le nom de cette maison suffit à l’établir.
Château de Molac en Molac, et Cours de Molac, depuis devenu commune, jadis en Molac (Luco, Pouülé de Vannes, pp. 409 et 410). La Cour traduit un Lez.
Moustoer Mendon, en 1448, dans la paroisse de Mendon, aujourd'hui Le Moustoir en Locoal-Mendon (pe LIGUE, Noblesse bretonne, év. de Vannes, I, p. 366).
Le Plessix de Tréal en Tréal (Ib., II, p. 827). — Ce Plessis appartenait à la famille noble de Tréal, il se peut qu'il lui ait emprunté son non.
Le Piessis-Kaer en l’ancienne paroisse de Aaer, devenue Locmariaquer ; comme le précédent, il se peut qu'il ait tiré son nom de la famille de Kaer qui le possédait (CAYOT-DELANDRE, Le Morbihan, Vannes, 1847, in-8°, pp. 175-176).
Brohéac en Pluherlin ; ce lieu est appelé Brohoearn en 1415 (Ros.) ; or la paroisse est plebs Hoiernin en 866 (Cart. de Redon) ; on a là encore une fois les doublets Harn, Hernin ; cf. supra, Saint-Hern
en Saint-Hernin (E.).
Cloucarnac en Carnac (C.E.-M. et Ros.).
Montguern et Cranguern en Guern (C.E.-M.).
Le Mont-Guehenno en Guehenno, avec chapelle (Ros., Rép. archéologique du M., pp. 161-162).
Le Champ de Bignan, écart en Bignan (C.E.-M.).
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238 APPENDIGE
La Cour de Marzan en Marzan (C.E.-M.). Cour traduil Les. — Bois-Marzan en cette même paroisse.
La Cour de Sixt, Le Plessis de Sixt, en Sixt (LE MEXÉ, Hist. des par. de Vannes, II, p. 492).
kernéant en Néant (C.E.-M., Lx MEXÉ, 0p. cit, I, p. 37).
Kerlaran Guidel en Guidel (C.E.-M.).
Le Griffet en Pleugriffet (C.E.-M.) ne doit pas être rangé dans cette catégorie. La paroisse s'appelait jadis Pleuc, on y a adjoint le nom du château de Griffet pour la différencier d’autres Pleuc.
Bois d'Elven et La Tour d'Elven (C.E.-M.), autrement dit Le Château d'Élven (Ros.), et Parc Elven (CAYOT DÉLANDRE, 0p. cit., p. 253-254) en Elven. 4
Crubelz et Kerbe!z en Belz (Ros.). Le premier est composé avec Crug = bulte, dont le dérivé, Crugel, est bien connu.
Kerinourelle en Plunéret (Ros.). —- Ce nom indique que la forme Ploenérec, donné? par Rosengweig, repose sur une fausse lecture. D'ailleurs, Longnon, Pouillés de Tours, p. 314 et seq., donne Plonerel en 1330 et Ploeneret s. d.; le Cartul. du Morbihan, p. 247, donne Ploneret en 1259. — Sur l'éponyme, cf. Lannenoret en Trégunc, Ns., p. 30 ; la forme Lan an Helloret, dans la réformation de 1536, est une cacographie, et contrairement à l'avis de M. de la Lande de Calan (Mélanges historiques, I, Vannes, 1908, in-8°, p. 85), ne doit pas retenir l'attention ; il s’agit d’une lan religieuse puisque c'est un lieu habité et ancien, et non pas
. d’une lande. |
Kerignan en Bignan (P.T.T.) ; Rosengweig donne Guérignan et Kérignon
pour ce même lieu. | F
Les exemples, dans les paroisses en Tré- ou en Lan-, sont très rares ; ils peuvent être dus à une toute autre origine : à côté de l'établissement religieux, la lan, il s'est souvent constitué un hameau en Tré-, V. Supra, p. 28.
Sous les réserves de cette remarque, l'on peut citer :
Coal-Trédrez, seigneurie très importante en Trédrez (C.-du-N. (C.E.-M.).
Parc Lan Tuder et Coat Sant Tuder en Tréduder (C.-du-N.) (Six saints, p. 55).
Kervitel en Tréguidel (C.-du-N.) (pu MorTray, Géogr. dép. C.-du-N., p. 185).
Lesvérec en Tréverec (C.-du-N.) (In., p. 188).
Coatlez en Tréflez (F.) (C.E.-M.).
Thivisiau bras el bian en Landiviziau (F.) (Ns., p. 120).
Pulcaruan, en Trégarvan (F.) (Cart. de Landévennec, II) serait
aujourd'hui Poulcarvan.
Pour les chapelles dédiées au saint éponyme, l'on pourrait supposer que celle chapelle représente l’ancienne église paroissiale primitive abandonnée à une époque où le bourg chef-lieu aurait été déplacé.
APPENDICE 239 Il existe en effet des bourgs chefs-lieux que nous savons avoir changé d'emplacement ; tels sont Merdrignae, Plouguenast, Pestivien devenu Bulat-Pestivien (C.-du-N.) ?, Lanvallay (I.-et-V.), Merlévenez, Noyal- Pontivy, Pontivy (M), Saint-Cyr-en-Retz, Saint-Julien-de-Concelles, Saint-Lucien et Sainte-Luce (L.-[.) #
D'autre part, le peuple raconte souvent que le bourg a changé d'emplacement ; la découverte d'ossements en un point quelconque lui fait croire que le cimetière paroissial et l'église paroissiale étaient là ; i! ignore que jadis on inhumait parlout. Des traditions de ce genre existent dans de nombreuses paroisses, en Plufur, en Lanvellec, en Saint-Potan, en Plémy® (C.-du-N.), en Plougonven el en Guerlesquin (F.) 7, etc. ; elles n’ont aucune valeur.
La présence de deux noms de lieu en guic, qui ne désignent pas le chef-lieu de la paroisse sont aussi de nature à indiquer que pour ces deux paroisses le bourg s'est déplacé : l'on sait que dans le Léon, guic désigne loujours Je bourg chef-lieu de la paroisse ; or il existe Guipronvel, ancienne trêve de Milizae, et Henvic, ancienne trêve de Taulé. Ge second exemple ne peut laisser de doute, c’est le vieux bourg, hen quic, ce qui prouve bien que l'on a déplacé l'église paroissiale $.
Il existe un certain nombre de lieux-dits Le Vieux-Bourg. Ceux ue Merdrignac et de Plouguenast (C.-du-N.), paroisses pour lesquelles on connait l'époque où le chef-lieu a changé d'emplacément, sont curieux, mais ne sauraient faire décider pour les autres. Le dictionnaire des postes en cite des exemples en Kérity, Pléhérel, Trégon (C.-du-N.),
2. Géogr. dép. C.-du-N., pp: 783 et 808. RIGAUD, Géogr. hist. C.-du-N., pp. 285, 472 et 488. Pour Lanvallay, la C.E.-M. indique, à côté du bourg actuel, un hameau, Ancien bourg de Lanvallay, qui a conservé le cimetière. j
3. Luco, Pouillé de Vannes, pp. 393, 451 et 609. — En outre de ces faits historiques, l'abbé Luco rapporte une tradilion concernant Questembert, qui aurait été primitivement au Bourg-Rouge, p. 622 ; une hypothèse concernant Saint-Servant qui aurait été primitivement au bourg de Saint-Gobrien, p. 831 ; une hypothèse qui n'est pas établie suffisamment pour Quibéron, p. 637, et pour Rieux, p. 702. — L'abbé Luco fait beaucoup état, pour décider que le chef-lieu d’une paroisse aurait changé, du fait que l'on trouve dans cette paroisse un village du nom de bourg ; ce n'est pas là un élément suffisant, car bourg ne semble pas avoir un sens aussi calégorique que le mot guic du Léon, l'abbé Luco le reconnaît d’ailleurs lui-même, v. pp. 534, 573, 622, 655, 831.