‹ Les Saints et l'Organisation chrétienne primitive dans l'Armorique bretonneChapitre 44 sur 188 · CHAPITRE III. — LES SAINTS ÉPONYMES DES PAROISSES · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — LES SAINTS ÉPONYMES DES PAROISSES

forme Toseoc n'explique pas la guütturale aspirée finale : Toseoc à donné Lan-dézéoc en Guipronvel, et non pas Landéséoc'h ; on aurait dû avoir Plou-zéoc. M. J. Loth a proposé un rapprochement avec un lieu-dit de Galles, Aber-Soch” ; celle hypothèse n’explique pas l’é qui suit Plou-. Mieux vauf arrêter les hypothèses et avouer l'impossibilité de reconnaître le nom de ce personnage.

Le patron actuel de la paroisse est saint Etienne.

PLOUIGNEAU

L'éponyme de la paroisse est saint Igno. I1 est toujours connu du peuple ; on l’invoque pour être protégé de l'orage, du feu et du tonnerre :

An aotrou Sant Igno A z0o mad deuz an arno An tan hag ar c'huruno,

et dans la gwerz du marquis de Guerrand, quand le marquis est à l’article de la mort, il n'oublie pas ce saint, à l’église de qui il laisse cent écus :

Kant skoet roan en Plouigno Da di an otro zant Igno *.

Sur ce nom, on lira avec intérêt les articles de M. J. Loth, NSs., p. 56, s. v. Guinniaw, et p. 67, s. v. luniaw. La 11° vita Tuduali, qui est probablement du xr° Siècle, désigne Plouïgtieäu : parochia quæ lunau vocatur *.

30. Ns., pp. 105-106 ; à signaler aussi Kerdévézoc’h en Cléder (F.) (C.E.:M,) = ? Ker + To + vezoc'h, dont le dernier terme poufrait être celui qu'on trouve dans Plouézoc’h.

31. LE BRaz, Les ss. bret. d'après la trad. pop., in Ann: de Bret., XIII, p: 108, et XI, p: 173:

32. Contrairement à l'opinion éraise par M. Gourvil, in Mouez-ar-Vro, 17 janv. 20, je ne crois pas que l'on soit en droit de faire état du nom de Junidvus, saint homme qui intervient dans la 7" vita Samsonis, cap. 46 (cf. J. Lora, CAresto., pp. 99 et 143) « Juniavum nomäne, qui el ipse brilannica lingua cum ülis, lux vocitabatur ». Quatre ms. donnent Uiniavus, la vita éditée par Dom Plaine donne Winnadvium. 11 s’agit de saint Givinnidid et M. J. Loth considère, à juste titré, que ce saint n'a aucun rapport avec l'éponyme de Plouïgneau (Vs. p. 56) ; il à donné son nom à Landivigneau en Plogonnec (F.) (Cadastre et C.E.-M.).

Plouigneau a comme patron officiel saint Ignace. Au xvirr siècle, il y avait déjà dans cette paroisse une « confrairie de Saint-Ignace » et l’on écrivait dans les titres « Parquic Saint Ignace », un petit champ qui, en breton, devait s'appeler Parquic Sant Igno *. Saint Ignace avait aussi une chapelle en Plouaret, au lieu-dit Crec’h Sant Inac ; en ces deux points saint Ignace a été choisi pour remplacer des saints plus anciens, en Plouigneau, saint Igno, en Plouaret, saint Inac *.

PLOUÉGAT

Saint Egat est l’éponyme de deux paroisses, Piouégat- Guerrand et Plouégat-Moysan (F.) ; ces deux paroisses sont à peu de distance l’une de l’autre, la première à l’ouest du Douron, la seconde plus au sud et à l’est A Plouégat- Moysan, saint Egat a été supprimé, on ne le connaît plus ; le clergé lui a substitué saint Pierre, comme patron de la paroisse. À Plouégat-Guerrand, le clergé a identifié saint Egat avec saint Agapit, martyr de Préneste, au 18 août, qui est devenu le patron officiel de la paroisse, mais en conservant, dans la langue populaire, le nom de saint Egat, qui de cé fait a subsisté. Aussi, dans cette commune, on parle toujours de saint Egat. Dans la gwerz du marquis du Guer-

33. Arch. dép. Fin. G. Plouigneau. — On trouve parfois à cette époque la graphie Plouvigneau, qui est sans intérêt à cause du renseignement donné par la J« vita Tuduali et par les formes Ploeigneau, fournies en 1330, à la fin du xiv° siècle, en 1444 et 1461, LONGNON, Pouillés de Tours, p. 341 et seqg. — Sur la substitution Zgno-Ignace, V. ERNAULT, Gloss, moy. breton, p. 335, et Rev. celt., XXXV, 19184, p. 475.

34. Je m'occuperai plus loin de la chapelle en Plouaret: deux formes aussi différentes, Znae et Ignau, à 20 kilomètres de distance, indiqueni des personnages différents et ne sauraient dériver d’une même forme Ignatius ; la correspondance d'une finale -ac et d'une finale -au ne pourrail exister qu'en zone française : Saint-Sulniac (I.-et-V.), en regard de Suliau. — Saint-Igneuc (C.-du-N.), zone francaise, ecclesia sancti Ignoci, en 1330 (LoxGNox, Pouillés de Tours, p. 354), est sans relation avec T4no. Quant à Saint-Uniac, commune d'Ille-et-Vilaine, il semble que ce soit une forme sincère, cf. un lieu-dit Saint-Uniac, en Corseui (G.-du-N., zone française) (bu Morray, Répert. arch. C.-du-N., p. 451) ; Ja racine peut être la même que dans Juniaw, mais la finale n'est pas la même.

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