CHAPITRE PREMIER — LES NOMS DH LIEU
dernier est jeune, avec l’aide de quelque ancien habitant de la paroisse. On à ainsi la graphie officielle et on est en même temps renseigné sur la prononciation du nom, sur la forme bretonne du non lorsque le nom est traduit en français dans les actes. On sait la géographie du lieu, les monuments, les chapelles, les légendes, les traditions qui survivent ; l’on sait aussi les dictons populaires sur le pays, dictons dans lequel rentré le nom de lieu, et dont les rimes éclairent souvent la forme primitive.
Dans les Côtes-du-Nord, le cadastre a été levé entre les années 1815-1850. Dans certaines communes où il avait été levé vers 1815-1825, il a été refait vers 1845-1850 ; dans ce cas, on trouve à la mairie les deux cadastres, Le premier a souvent été sacrifié comme inutile ; il est pourtant, au point de vue historique, bien préférable au second, En effet, vers 1815-1825, il subsistait encore dans nos campagnes. des hommes qui, ayant vécu avant la Révolution, savaient les noms des seigneuries et avaient connu nombre de chapelles où châteaux disparus sous la tourmente révolutionaire. Le premier cadastre est riche en noms anciens, en noms originaux.
Le nouveau cadastre est très pauvre. Les terres ont souvent perdu leur nom original pour prendre un nom d'occasion, que leur à donné le dernier fermier, et qui a parfois disparu avec lui: les anciens manoirs en ruines s'appellent tous invariablement ar Hastel ou ar Sallou : les champs s'appellent « la garenne du bout, le champ d'en haut, le bout du chemin », etc.’
Dans le Finistère, il n'y a qu'un seul cadastre levé éntre les années 1835-1815.
L'orthographe varie entre le plan cadastral, l'état des sections et la malrice cadastrale. Le plan rédigé soigneuse-
6. Ainsi en Plufur, le Quenquis Eon, seigneurie très importante el manoir considérable, et la chapelle Sainte-Madeleine étaient encore connus au moment où fut dressé l’ancien cadastre. Le nouveau cadastre ne les connaît plus. La chapelle a été détruite ainsi que le manoir ; le Quenquis Eon est devenu ar Hastel ; or en Plufur il ÿ a deux ar Hastel. Sans l’ancien cadastre on tie saurait décider lequel de ces deux ar Hastel à été le Queñnquis Eon. En outre, il faut noter que des hameaux ont disparu, et que tel Lan- qui actuellement n'est plus qu'un champ, était jadis un hameau.
LES NOMS DE LIEU