CHAPITRE PREMIER. — LES NOMS DE LIEU
mais leurs listes disposées en ordre alphabétique permettent de trouver facilement des noms de lieu avec lesquels des rapprochements s'imposent. Ces deux dictionnaires font regretter que les autres départements bretons n'aient pas le leur ; cependant il faut remarquer qu'ils sont encore très pauvres. Le dictionnaire de Rosenzweig donne les noms de lieu inscrits au plan cadastral ou sur les différentes cartes qui ont copié ce plan‘. Il contient 18.000 noms environ. Pour 237 communes que comportait alors le Morbihan, cela fait moins de 100 noms par commune ; or le cadastre fournit en moyenne 300 à 500 noms par section, et il y a trois ou quatre sections en moyenne par commune ; on aurait, en laissant de côté les noms sans intérêt°, 1.000 noms par commune. L'on voit par là le nombre considérable de noms laissés de côté. Les formes anciennes sont rarement données, les chapelles fréquemment oubliées” ; toutefois on aurait tort de ne juger ces travaux que d’après ce qu'ils ont été obligés de laisser de côté, il faut les juger d’après les services importants qu’ils ont déjà rendus ”.
Il est juste aussi de dire que le dictionnaire de la Loire- Inférieure par Quilgars est bien supérieur à celui du Morbihan par Rosenzweig. M. Quilgars a fouillé le cadastre et les états de section des communes et il a pu y relever de nombreux noms de lieu que les cartes n'indiquent pas, et qui cependant offrent un grand intérêt historique ou philologique. M. Quilgars a en même temps signalé fréquemment les fréries et cueillettes, subdivisions territoriales de nos paroisses, que Rosenzweig ignore toujours ; il men-
8. En particulier la carte du service des ponts et chaussées.
9. Ou répétés : différentes parcelles portent souvent le même nom avec l’adjonction d’un adjectif : bras, bihan, uhel, izel, tosta, pel, etc. ; beaucoup de noms sont des appellations communes : Goarem bras.
10. Inutile de dire que certains noms,de lieu négligés sont très intéressants pour l’histoire. En outre, Rosenzweig n'a pas recherché la forme bretonne de certains noms traduits en français ; il donne dans la même commune Kernevez et Villeneuve sans indiquer qu'il s'agit du même lieu qui à deux noms, un nom breton et un nom français.
11. Il est facile de voir les services rendus par le dictionnaire de Rosenzweig ; la Chrestomathie et Les noms des saints, de M. J. Loth, sont remplis de renvois à son travail, à telle enseigne que les saints du Morbihan sont beaucoup mieux connus que ceux du Finistère ou des Côtes-du-Nord.
tionne les chapelles ou anciennes chapelles, alors que Rosenzweig se contente d'indiquer le nom du hameau ou de l'écart, sans dire qu'il y a là une chapelle ; enfin, M. Quulgars donne souvent les références exactes des variantes du même nom ”.
Nous avons utilisé aussi le Diclionnaire des postes el télégraphes ; c'est un répertoire utile ; il offre relativement peu d'erreurs ; les noms semblent avoir été relevés par le receveur de chaque bureau, peut-être d’après la correspondance ;.le choix n’est pas toujours très méthodique, de petits hameaux sont mentionnés, d’autres plus importants ne le sont pas ; l'orthographe ignore souvent celle du cadastre *.
Les anciens cartulaires de Bretagne, Redon, Landévennee, Quimperlé et Quimper, avec les sages réserves formulées à leur sujet par M. J. Loth “, fournissent un grand nombre de formes anciennes qui nous ont été d'un grand secours ; malheureusement, aucun ne concerne la région qui nous intéresse ; les pouillés ont été aussi utilisés par nous *.
Ce qu’il faut dire en terminant c'est que les éléments mis
12, Le dictionnaire de Quilgars contient environ 20.000 noms. — Le département de la Loire-Inférieure est très avantagé, il possède en outre un Dictionnaire des lieux habités, par LÉON MAITRE, Nantes, 1909, in-8°, qui donne plus de 18.000 noms.
13. Et parfois l'orthographe des P.T.T. se rapproche plus de la prononciation. — Les éditeurs n'ont pas compris le K barré = Ker ; ils impriment : Kiouet, Knostin, Kourien, Kverziou : il faut lire : Keriouet, Kernostin, etc.
. 14. Pour les noms fournis par le Cartulaire de Redon, voir les nom-
breuses corrections apportées par M. J. Loth, dans sa Chrestomathie ; pour le Cartulaire de Landévennec, la topographie laisse beaucoup à désirer ; j'ai identifié beaucoup de noms de lieu qui avaient échappé à Le Men et à Fawtier (cf. NS. p. 81, s. v. Loesuo) ; sur le Cartulaire da Quimper, v. Ns., Introd., p. 8 ; pour le Cartulaire de Quimperté, je renvoie toujours à la 2° édit., Rennes et Paris, 1904, in-8°.
15. Pouillés de Bretagne publiés par A. de Courson à la suite du Cart. de Redon (1863).,et LONGNON, Pouillés de la province de Tours,
Paris, 1908, in-4°. — Longnon aurait dû se faire aider par un historien ce la Bretagne ; sa publicalion contient des erreurs que A. de Courson n'avait pas failes. — Tuao, Pouillé de Vannes, Vannes, 1908, in-89. —
Pour le Finistère, la lisle des Chapelles et éCatises de l'évêché de Quimper, publiée par l'ablé Peyron, dans la Société archéologique du Finistère, années 1904 el seq., m'a été aussi d'un grand secours, ainsi que le Bulletin de la commission diocésuine d'archéologie de Quimper el Léon.