X PRÉFACE
école timorée tendit dès lors à écarter de la main des croyants le Livre divin qui fait le fondement de notre foi ; et elle travailla à le remplacer peu à peu par une littérature pieuse, destinée à donner, aux cœurs et aux esprits, une nourriture accommodée à leurs forces et une alimentation sans péril.
Quelques-uns de ces livres, nous n'hésitons pas à en convenir, sont excellents en euxmêmes et ont contribué à la sanctification de maintes âmes. Toutefois, c'est l'exception. Dans la plupart de ces ouvrages (où trop souvent, hélas ! le sucre de la dévotion remplaçait le sel de la sagesse), les vérités éternelles et les vrais enseignements évangéliques ne tardèrent pas à être délayés et comme perdus dans des eaux étrangères : doctrines individuelles ou collectives, considérations ascétiques ou mystiques, règles de piété, méthodes, moyens, procédés de perfection et oraisons de toute sorte. Plusieurs sont absolument navrants par leur insignifiance intellectuelle, par leur étroitesse de conception, par leurs idées fausses ou leur absence d'idées, par leur entière ignorance : ignorance du monde réel, ignorance du cœur humain, ignorance des véritables voies de Dieu. Mais les uns comme les autres, les