Isaïe, XLlï, 1 esd, • P. 543, c
Et si, Moi, j'expulse les Démons au nom de Béelzébub, au nom de qui, je vous le demande, vos enfants, à vous, les expulsent-ils? Et c'est en cela qu'eux-mêmes seront vos juges.
Mais si, tout au contraire, je chasse les Démons par l'Esprit de Dieu, il s'ensuit que la Royale puissance de Dieu intervient en ce moment parmi vous.
Et puis, comment quelqu'un pourrait-il entrer de la sorte dans la maison d'un homme de grande force et mettre ainsi la main sur ce qu'il possède, s'il n'avait, tout d'abord, chargé de liens cet homme de grande force ? — Ce n'est qu'après l'avoir lié qu'il peut s'emparer de ce qui est dans sa maison....
Qui n'est pas pour Moi, est contre Moi; qui n'amasse pas avec Moi, dissipe. Et c'est pourquoi je vous dis ceci : « Toute sorte de péché et de blas- « phème obtiendra rémission, mais il n'y aura « point rémission pour le blasphème contre l'es- « prit. Que quelqu'un vienne à parler contre la per- « sonne du Fils de l'Homme, il lui sera encore parte donné ; mais à celui qui parlera contre l'esprit de « Dieu, qui est saint, 'Û ne sera pardonné, ni dans la « vie présente, ni dans la vie future *. »
1. Avec saint Augastiii; Maldonat et la généralité des interprètes, il nous parait hors de doute qu'il ne s'agit point ici de la troisième personne de la Sainte Trinité, et que spiritus sanctus, pour éviter toute amphibologie, doit être traduit par « l'esprit de Dieu ».
Quel est donc cependant ce péché contre a l'esprit de Dieu » qui
Ou bien, tenez Tarbre pour bon, en niême temps que le fruit est bon. Ou bien, tenez pour mauvais
a mérité un tel anathème de la part de Jésus indigné? Il nous semble que les circonstances dans lesquelles il fait entendre celle terrible parole contribuent à en établir le sens avec netteté.
Jésus^ par l'expulsion d'un Démon^ guérit soudainement un malheureux sur lequel pesaient deux des plus grandes infirmités qui soient ici-bas : il était à la fois aveugle, et muet.
Or, en cette occurrence, il était totalement impossible aux PharisienS; présents eux-mêmes à ce Miracle, de nier devant la foule assemblée le fait matériel et visible qui venait de s'accomplir ainsi, aux yeux de tous. Ils ne pouvaient point davantage ne pas voir que c'était là une œuvre bonne et excellente^ justi^ant l'enthousiasme des multitudes et entraînant logiquement la conséquence de la céleste mission du Fils de Marie...
Or, devant ce bien manifeste^ émanant de ce ' qu'il y a de divin dans son auteur, que font-ils?
Ce qu'il font, le voici :
Comme cet homme condamne leurs iniquités, leur hypocrisie, leur • soif de l'argent, leur amour des honneurs, leur formalisme imbécile et puéril, l'abus détestable qu'ils font de leur autorité, ils voient en lui un ennemi ; ils le haïssent. Et voilà que, plutôt que de reconnaître le bien éclatant accompli par celui qu'ils détestent, ils es> sayent de tirer, de ce bien même qui devrait précisément le faire bénir, une arme pour le déshonorer et le perdre... Vainement et en toute évidence a-t-il agi de par l'Esprit de Dieu, de par le souffle d'En Haut, de par cette inspiration sacrée qui, dans l'âme humaine, est le principe de tout ce qui se fait de bon en ce monde ; viainement et en toute évidence Dieu lui a-t-il prêté son secours ; vainement et en toute évidence le Miracle qu'ils ont sous les yeux contribue-t-îl à faire adorer et aimer le Dieu tout-puissant dont ils sont les Ministres, tout cela ne produit sur eux d'autre effet que d'exciter et pousser jusqu'au paroxysme leur fureur jalouse contre ce rayonnement qui n'est point leur reflet, et cette gloire qui n'est point là leur. Exaspérés par l'Envie, foulant aux pieds toute bonne foi, tout respect de Dieu présent dans l'âme d'autmi ; et calomniant l'essence même des choses, ils prêtent gratuitement i un acte incontestablement salutaire et bienfaisant en soi, une cause perverse el infamante. « C'est par Béelzébub, prince des Démons, etc. »
Varbre et le fruit à la fois. — C'est par le fruit, en eifet, que Tarbre se reconnaît....
Quiconque agit de la sorte, quiconque, en présence d'une belle action, d'une œuvre noble, d'une chose clairement excellente par elle-même, tente ainsi d'avilir les motifs qui l'ont inspirée, commet ce terrible péché, impardonnable et impardonné.
Qu*une pieuse femme, obéissant aux meilleurs sentiments de son cœur, visite et soigne des malades, qu'elle se voue de toute son âmé à quelque grand acte de miséricorde... et Bah! insinue sa voisme, mordue par l'Envie, on est bien sot d'en faire une sainte : c'est une hypocrite qui ne cherche qu'à être admirée ».
Qu'un chrétien vaillant consacre toutes ses forces au service de Dieu et du prochain ; qu*il bâtisse un hôpital pour l'infirme, une école pour le pauvre, qu'il répande autour de lui le bon secours, le bon conseil, le bon exemple. Hélas ! il advient parfois, même dans son propre camp, que la voix de l'Envie s'en va murmurant : « Quel ambitieux! il ne songe qu'à se rendre populaire et à capter des suffrages pour parvenir ensuite aux emplois et aux honneurs. T>
Qu'un autre consacre tout son talent d'orateur ou d'écrivain à répandre la vérité, que Dieu bénisse visiblement ses efforts et fasse que sa voix, comme celle des Apôtres, retentisse tout à coup à tous les coins du monde; in omnem terram eocivit sontis eorum; et voilà que les Pharisiens blêmissants arrêtent chacun aux portes du Temple pour dire hypocritement à toute oreille qui veut les entendre : < C'est un homme sans conviction, qui fait trafic de sa parole ou de sa plume ; c'est un orgueilleux en quête de vaine gloire, un spéculateur en quête d'argent, etc., etc. »
Tel est le péché, abominable entre tous, contre lequel s'élève le Seigneur Jésus. L'attaque de front au bien évident 3 — la flétrissure de celui qui fait le bien, à cause même de ce bien, et en pure aversion de son auteur et de sa gloire ; — l'attribution calomnieuse d'un" motif infâme à ce qui est le fruit, naturel ou surnaturel, d'une volonté droite, d'une foi profonde, d'une charité ardente, d'une aspiration élevée, d'un labeur sacré, c'est là le crime sans excuse, c'est là, dans une personnalité humaine, l'acte vraiment satanique: c'està-dire la haine du bieii connu et l'atteinte directe à son essence intime, Vallaque contre l'Esprit, contre l'Esprit même de Dieu, contre l'Es- Pnt Saint. Sciunt quid faciunt. De là le terrible anathéme.
66 SAINT MATTHIEU, XII, 34-41. i
Race de vipères, comment, étant méchants, pouvez-vous proférer le bien? La bouche parle de Tabondance du cœur. Du bon trésor de son coeur, l'homme bon tire le bien. De son mauvais trésor, Thomme mauvais tire le mal....
Aussi je vous déclare qu'au jour du Jugement, les hommes rendront compte de toute parole, vide pour eux d'action et de pratique, et cependant proclamée par eux. Par tes propres paroles en effet tu seras justifié, par tes paroles condamné.
Ce fut alors que quelques-uns des Scribes et des Pharisiens vinrent lui dire :
« — Maître, nous voulons voir un signe de vous.
— Mauvaise et adultère, cette race demande un signe! répondit-il. Et il ne lui en sera point donné d'autre que celui du Prophète Jonas. De môme en effet que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre de la baleine, de même le Fils de l'Homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre.
Au Jugement, les hommes de Ninive ressusciteront en même temps que cette race et la condamneront: car, eux, ils firent pénitence à la prédication de Jonas. Et voici,' sous vos yeux, bien plus que Jonas !
Au Jugement, la Reine du Midi * se lèvera aussi en même temps que cette race et la condamnera : car cette Reine accourut des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon. Et voici, sous vos yeux, bien plus que Salomon.... »
ce Lorsque Timmonde Esprit est sorti d'un homme, il erre par les lieux arides, cherchant le repos, mais il ne le trouve point. Il dit alors : « Je rentrerai « dans ma maison, ma maison d'où je suis parti. » Il s'en approche et la trouve libre, nettoyée et parée. Là-dessus, il va s'associer sept autres Esprits, plus méchants encore que lui-même, et tous ensemble y pénètrent et y établissent leur demeure. Ainsi le dernier état de cet homme devient pire que le premier... »
Comme il parlait encore à la foule, sa Mère et certains de ses proches, se tenant en dehors, demandèrent à Tentretenir.
— Voilà, lui dit quelqu'un, votre Mère et des personnes de votre parenté qui sont là, à Técart, et qui viennent vous chercher.
— Qui est ma mère et qui sont mes parents?