Le stalére valait deux didrachmes
2. Celle parole de Notre-Seigneur a donné naissance à des milliers d'asiles, d'orphelinats, d'ccoleS; etc.
pour Tun de ces petits qui croient en Moi *, il mériterait qu'on lui attachât au cou une de ces meules qu'un àne tourne, et qu'on le noyât au fond de la mer.... Malheur au monde à cause des scandales! Car c'est une fatalité qu'ils aient lieu : et malheur à l'homme par qui le scandale survient ! »
« Donc, si ton pied ou ta main sont pour toi la pierre d'achoppement, coupe-les et jette-les loin de toi : car il te vaut mieux entrer dans la Vie, manchot ou boiteux, que d'être, avec la possession de tes deux mains ou de tes deux pieds, précipité dans le Feu éternel. Si c'est ton œil qui est pour toi la pierre d'achoppement, arrache-le, et jette-le loin de toi : car il te vaut mieux entrer borgne dans la Vie, que d'être précipité, avec l'usage de tes deux yeux, dans la Géhenne de Flamme. »
1. a Un de ces petils qui croient en moi. » Le grec, qui employait plus haut le mot naîç; enfant, emploie désormais le mot {jLixpo;; petit. 11 ne s'agit plus en effet des enfants, mais des pauvres gens que le monde dédaigne, et qu'il corrompt par ses paroles, par ses exemples, par ses scandales, et dont la foi pourtant est le seul patrimoine et Tunique espérance. Notre-Seigneur passe de la petitesse de l'enfance à la petitesse sociale. Et après avoir parlé ici des petits qui croient, il va parler tout à l'heure de ceux qui se sont égarés, et à la recherche desquels se livre le bon Pasteur, afin que nul d'entre eux ne périsse.
ce Craignez de mépriser un seul de ceux-là qui sont <c les petits* » : car je vous déclare que làhaut, leurs Anges contemplent sans cesse la face de mon Père, Celui qui est dans les deux... Et sachez bien que ce que le Fils de l'Homme est venu sauver, c'est cela même qui était perdu.
Que vous en semble en effet? Lorsque quelqu'un a cent brebis et que l'une d'elles s'est égarée, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans les montagnes pour aller chercher celle qui s'est perdue? Et s'il advient qu'il la retrouve, en vérité je vous le dis, il aura plus de joie au sujet de celle-là qu'au sujet des quatre-vingt-dix-neuf autres qui ne se sont point égarées.
C'est ainsi, tout pareillement, que votre Père
1. a Un seul de ceux-là qui sonl les petits)) Unum ex pusillis istis. Il 8*agit de ceux que le monde appelle « les gens de peu, les misérables » dans tous les sens de cette expression, qu'elle signifie rindigence matérielle ou Tindigence morale. Ne méprisez personne: ni les pauvres, ni les coupables de cette immense classe délaissée que l'on appelle « les petits ». Le poids de la vie qu'ils portent si lourdement quand les riches vivent dans la mollesse est pour eux une prière ronstante qui demande grâce pour eux; et c'est ainsi que leurs Anges voient toujours la face du Père, Celui qui est aux cieux.
C'est précisément parce qu'il s'agit ici des gens de peu et des misérables que Notre-Seignenr ajoute : « Sachez bien que ce que le «fils de l'Homme est venu sauver, c'est cela môme qui était perdu », parole qui serait, de même que tout le développement qui suit, inapplicable aux enfants.
ne veut point que périsse un seul de ces petits.
« Lorsque ton frère a péché contre toi, va le trouver et dis-lui Ion grief, seul à seul, de toi à lui. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère.
Si au contraire il refuse de t'écouter, amène avec toi une ou deux personnes, afin que toute parole dite ait l'autorité de deux ou trois témoins. Puis, s'il ne les écoute pas, déclare-le à l'Église.
Et, s'il n'écoule pas l'Église, qu'il soit pour toi comme un païen et un publicain... Je vous Faffirme en vérité : tout ce que sur la terre vous lierez sera lié dans le Ciel ; et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le Ciel.
Je vous répète aussi ce que déjà je vous ai dit ; « Que deux d'entre vous soient d'accord icibas, et, quoi qu'ils demandent, ils l'obtiendront de mon Père céleste ».
Partout, en effet, où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis présent au milieu d'eux.
— Seigneur, dit Pierre en s'approchant de Lui, si mon frère pèche contre moi, combien de fois lui pardon nerai-je donc? Sera-ce jusqu'à sept fois?
— Je ne dis point jusqu'à sept fois, lui repartit
Jésus, mais jusqu'à septante fois sept fois. Et voici à ce sujet une autre parabole sur le Royaume des Cieux.
Un Roi voulut régler ses comptes avec certains personnages attachés à son service.
Comme il commençait ce règlement, Tun d'eux se présenta, qui lui devait dix mille talents* et n'était pas en mesure de s'acquitter. Là-dessus le Roi ordonna qu'on le vendît, lui, sa femme, ses enfants, et tout ce qu'il possédait, pour l'acquittement de sa dette*.
Cet homme se prosterna à ses pieds et il le suppliait en ces termes : « Patientez, patientez encore envers moi, et je vous rendrai tout 1 » Le Souverain en eut alors pitié : il le renvoya libre, et lui fit remise de sa dette.
Or celui-ci, étant sorti, rencontre un de ses compagnons qui lui devait cent deniers^. Tout aussitôt, il met la main sur lui, et Tétreignant au point de l'étouffer :
« — Rends-moi ce que tu me dois ! » s'écrie-t-il .
1. Lo talent représente à peu près cinq mille francs de notre monnaie. Dix mille talents faisaient environ cinquante millions de
ancs. Cette somme, pi;odigieuse pour un particulier, tend à nous faire comprendre que nos dettes envers Dieu sont incalculables.
2. Suivant l'ancien droit du monde antique, un créancier pouvait vendre, ou réduire en esclavage ses débiteurs insolvables.
3. Cette somme, entièrement insignifiante en comparaison de la première, signiGe que toutes les ofifenses que nous pouvons recevoir du prochain ne sont absolument rien en comparaison de nos manquements vis-à-vis de Dieu.
L'autre se prosterne alors à ses pieds et il le supplie en ces termes : « Patientez, patientez encore envers moi, et je vous rendrai tout! »
Mais le premier refuse ; et il fait mettre en prison son compagnon jusqu'à rentier payement de sa dette.
Témoins de ce qui se passait, les autres semteurs du Roi en furent profondément indignés. Ils courent à leur Maître et lui racontent ce qui s'est passé.
Le Souverain fait aussitôt appeler celui qui avait agi de la sorte :
« — Méchant serviteur, lui dit-il, je t'ai remis toute ta dette parce que tu m'as imploré. Ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j'avais eu pitié de toi? »
Et le Monarque, irrité, livre cet homme aux geôliers jusqu'à ce qu'il ait tout payé.
C'est ainsi qu'agira envers vous mon Père céleste si chacun de vous ne pardonne pas à son frère, du fond du cœur.
A la suite de ces entretiens, Jésus quitta la Galilée et se rendit aux confins de la Judée, de l'autre côté du Jourdain, où de grandes troupes d'hommes le suivirent; et il y opéra des guérisons.
Les Pharisiens vinrent à Lui pour lui tendre des pièges :
— Est-il licite à un mari, demandèrent-ils, de répudier sa femme pour une cause quelconque?
— N'avez-vous pas lu, leur répondit-il, que, à Torigine, Celui qui créa Têtre humain « créa un « couple, mâle et femelle, » et qu'il prononça ensuite ces paroles : « L'homme laissera son père « et sa mère pour s'attacher à sa femme; — et « ils seront tous deux une seule chair >)? Ainsi, ils ne sont plus deux, mais « une seule chair». Que les hommes donc ne séparent point ce que Dieu a uni.
— Mais alors, reprirent-ils, comment se fait-il que Moïse ait commandé de donner à la femme répudiée un acte de répudiation et de la renvoyer*?
— C'est à cause de la dureté de vos cœurs que Moïse vous a permis de répudier vos épouses, repartit Jésus. Mais, au commencement, il n'en fut pas ainsi. Et, je vous le déclare, quiconque renvoie sa femme, hors le cas de prostitution, et se marie avec une autre, commet un adultère. Et en commet un, également, celui qui épouse la femme renvoyée*.