TRIPTYQUE
loir à ces maitres qui s'appellent Fra Filippo et Filippino Lippi, Botticelli et Ghirlandajo ! Le moyen méme de soutenir qu'ils n'ont pas éprouvé un sentiment vrai et profond en rangeant, sur leurs retables, les saints autour de la souveraine des Cieux où en inscrivant dans un tableau circulaire, par un tour de force, un groupe composé de la mére, de lenfant, du petit Saint Jean et d'anges! Il va d’ailleurs plus que de la tendresse ou de la ferveur dans ces images de dévotion, où la divinité se fait si voisine de nous : il y a parfois aussi de l'éloquence et de la grandeur. Regardez plutôt La Vierge au Magnificat de Botticelli : elle est grave et majestueuse comme un chant d'orgue. Vers la fin de la période dont nous nous occupons, il fut donné aux représentants de l'Ecole florentine de faire comme une profession de foi publique, en plein Vatican,
dans la chapelle Sixtine, de concert avec le Pérugin et Pin-
turicchio : on sait que le pape Sixte IV chargea Botticelli, Ghirlandajo et Cosimo Rosselli d'y peindre, en outre des ntation du Christ, la André, le
algré le voisinage des
scènes de l'Histoire de Moïse, la Te
Vocation de Saint Pierre et de Saint Sermon
sur la montagne et la Sainte Cène.
fresques de Michel-Ange, ces compositions font vibrer
plus d'une corde en nous, grâce aux traits naïfs ou tou-
chants qui y sont prodigués : La Vocation de Saint Pierre
et de Saint André surtout nous frappe par je ne sais quel
air de conviction. Quel dommage que Ghirlandajo ait
placé des personnages costumés en Florentins du xve siècle
aux côtés du beau groupe formé par les deux disciples
leur maitre !
agenouillés aux pieds d Ces tendances choquent encore davantage dans le plus élèbre des cycles créés par Ghirlandajo : les fresques de
Sainte-Marie-Nouvelle, la riche et coquette église floren-
rt de Marie
L'ENFANT
ANAEC