MUSÉE DU LOUVRE
jointes, éloquent et grandiose à force de vérité et de sin-
cérité ; puis, son fils ainé, un bel adolescent un peu mièvre, au type presque léonardesque. Plus loin, au premier plan, se tient debout le fils cadet, un superbe enfant, nu, faisant honte, par ses formes opulentes, son air de santé et de contentement, à l'Enfant Jésus. Du côté opposé, prient la première et la seconde femme du bourgmestre, auxquelles leurs guimpes donnent l'aspect sombre et sévère de religieuses, les mains cachées sous leurs mantes
noires; puis, plus près du spectateur, se montrant de
profil, la fille du bourgmestre, vêtue à la dernière mode.
de Bâle: la robe serrée à la taille, les manches et le collet brodés, les mains croisées sur sa ceinture, elle s'est com-
posé un maintien, car il y a dans sa physionomie, non de
‘élan, mais la volonté bien arrêtée de paraitre grave: ses traits d’ailleurs sont vides et pauvres. Tout cela est groupé et peint comme seul un Holbein savait grouper et veindre, avec un naturel, une aisance et un charme inimitables, qualités encore rehaussées par le ton de conviction qui fait une scène vivante et vécue de cet admirable tableau de famille. Plus d'apothéose ici : Marie, comme chez taphaël, est descendue sur terre et s'est faite simple mortelle; seulement ce n’est plus une belle jardinière de Florence, Où une paysanne de la campagne romaine qui a posé pour la reine des cieux: c’est une jeune bourgeoise de 3ale, modeste, réfléchie, et dont, avec l’âge, les formes
deviendront plantureuses autant que les goûts deviendront
Drosaiques.
NICIRES AD IAREE