CHAPITRE II
comme nous Tavons observé en parlant d^Acra ^ l'endroit marqué lieu haut sur le plan , et duquel le coude dont il s'agit parait dépendre , désigne indubitablement une partie de Téminence qui portait le nom d'Acra, et vraisemblablement celle qui dominait davantage, et que par conséquent on distinguait le plus d'avec Sion.
Josèphe ayant décrit la partie septentrionale de l'enceinte de Sion, depuis la tour Hippicos jusqu'au temple , la reprend àcettetour, pour la conduire par l'occident, et ensuite nécessairement par le midi , jusque vers la fontaine de Siloë. Cette fontaine est dans le fond d'une ravine profonde, qui coupe la partie inférieure de Sion prolongée jusque sur le bord de la vallée de Cédron , et qui la sépare d'avec une portion de la ville située le long de cette vallée , jusqu^au pied du temple, A cette ravine venait aboutir l'enfoncement ou vallon qui distinguait le mont Sion d'avec la colline d'Acra , et que Josèphe appelle rZv rvpo7rGt<Sy^ caseariorum, ou des fromagers. Edrisi fait mention de ce vallon , et très-distinctement, disant qu'à la sortie de la porte dont il a fait mention, sous le nom de Sion , on descend dans un creux ( in fossam, selon la version des Maronites ) , qui se nomme, ajoute-t-il , la vallée £ Enfer, et dans laquelle est la fontaine Seluan , ( ou Siloan ). Cette fontaine n'était pas renfermée dans l'enceinte de la ville : saint Jérôme nous le fait connaître par ces paroles [ InMath.^win, 25] : Inporlorum exUibus, quœ SiloamducunL Le vallon dans l'enfoncement duquel est Siloë remontant du sud^est au nord-ouest , Josèphe doit nous pa-. raitre très-exact, lorsqu'il dit que la muraille qui domino la fontaine de Siloê court d'un coté vers le midi et de l'autre vers l'orient ; car c'est ainsi , selon le plan même du local, etpresqu'à la rigueur, que cette muraille suivait le bord des deux escarpements qui forment la ravine....
Pour reprendre la trace du mur à la suite de Siloê , ce mur étair prolongé au travers d'Opbla , venant aboutir et se terminer à la face orientale du temple ; ce qui nous couduit en effet à son angle entre Forient et le midi. 11 est mention d'Olpiri ou Ophel eu plusieurs endroits de TÉcriture. Ce terme est même employé métaphoriquement, mais sans qu'on puisse décider, parle sens de la phrase du texte original y s'il signiGe plutôt présomption ou orgueil qu'aveugle* ment. Les commentateurs sont partagés , les uns voulant qu'Ophel désigne un lieu élevé , les autres un lieu profond. La contrariété de cette interprétation n'a au reste rien de plus extraordinaire que ce qu'on observera dans F usage du mot la* tin altus , qui s'emploie quelquefois pour profondeur comme pour élévation. La version grecque {Ileg. iv. v. 24. ) a traduit Ophel Qicoreiv^v, lieu couvert, et pour ainsi dire ténébreux ; et en effet , si l'on remarque qu'Ophla dans Josèphe se rencontre précisément au passage de la muraille dans ce terrain si profond sur lequel il a été dit , en parlant du mont Moria, qui dominait la face méridionale du temple , on ne pourra disconvenir que l'interprétation du nom d'Ophel, comme d'un lieu enfoncé, ne soit justifiée par une circonstance de cette nature , et hors de toute équivoque.
L'emplacement que prend Ophel paraîtra convenable a ce que dit Josèphe ( liv. vi de la guerre, ch. 7. ) parlant des factions ou partis qui tenaient Jérusalem divisée ; savoir, que l'un de ces partis occupait le temple, Ophla et la vallée de Cédron. Dans les Paralipomènee {\\. xxxui. >I4. ) le roi Manassé est dit avoir renfermé Ophel dans l'enceinte de la ville, ce qui est d'autant plus remarquable qu'il s'ensuivrait que la cilé de David n'avait point jusque-là excédé les limites naturelles de la montagne de Sion , qui est réellement bornée par la raviue de Siloë. Voici la traduction littérale du