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CHAPITRE VI

VImpropère parce que Ton y fit asseoir Notre-Seigneur pour le couronner d'épines.

» A dix pas de cette chapelle, on rencontre un petit degré fort étroit , dont les marches sont de bois au commencement et de pierre à la fin. H y en a vingt en tout, par lesquelles on va sur le mont Calvaire. Ce lieu, qui était autrefois si ignominieux , ayant été sanctifié par le sang de Jésus- Christ, les premiers chrétiens en eurent un soin particulier. Après en avoir ôté les immondices et la terre qui lecou vraient, ils renfermèrent de murailles ; de sorte que c'est à présent une chapelle haute qui est enclose dans cette grande église. Elle est revêtue de marbre par dedans, et séparée en deux par une arcade ; ce qui est vers le septentrion, est Tendroitou Notre-Seigneur fut attaché à la croix. Il y a toujours trentedeux lampes ardentes entretenues par les Cordeliers, qui célèbrent tous les jours la messe en ce saint lieu.

» En Fautre partie , qui est au midi , fut plantée la croix de Jésus-Christ. On voit encore le trou qui est creusé dans le roc, environ un pied et demi, outre la terre qui était dessus. Le lieu où étaient les croix des deux larrons est proche de là ; celle du bon larron était au septentrion , et Tautre au midi ; de manière que le premier était à main droite de Notre Seigneur , qui avait la face tournée vers Toccident, et le dos du côté de Jérusalem, qui est à l'orient. Les croix étaient placées en triangle, et celle de Jésus au sommet. 11 y a continuellement cinquante lampes ardentes pour honorer ce saint lieu.

)) Au-dessous de cette chapelle sont les sépultures de Godefroy de Bouillon et de Baudouin , où on lit ces inscriptions :

a Hîc Jacet Inclttus dux Godefridus de

BOLION, QUI TOTAM ISTAM TERRAU AG-

ouisivrr cuLTui christiano, cujus anima

REGNET CUH GHRISTO. ÀMEN. •

• Ci-git rUlastre dnc Godefroy de Boaillon , qui acquit toute cette contrée au culte chrétien , Que son ftme règne avec Christ. Amen. »

• Rex Balduimjs, Jldas alter Machabecs,

SpES PATRIiE, TIGOR ECCLESLE, TIRTUS CTRIUSQUE y

QUEM FORUIDABANT, CUI DONA TRIBDTA FEREBATTT CEDAR et yEGYPTDS, DaN AC HOHICIDA DAUASCQS, PrOH DOLOR! in MODICO CLAUDrrUR HOC TUMDLO. »

• Le roi Baudouin, autre Judas Machabce , Tespoir de la patrie, l^appni de l'I^glise, la force de l'une et de Tautre, dont se reconnaissaient en tremblant tributaires le Liban et TÉgypte, Dan etThomicide Damas, hélas! est enfermé dans cet étroit tombeau. •

)) Outre ces deux tombeaux , on en voit quatre autres à demi brisés. »

La description de M. Doubdan, qui visita la Palestine en 4652, est moins claire, mais plus détaillée que celle de Des-* hâves. 11 fait mention d'un circonstance essentielle , omise dans la relation du diplomate.

(( La fente qui se fit à la roche du Calvaire, lorsque No* tre-Seigneur rendit Tesprit, a près d'un pied de large , entre la place de la sainte Croix et celle du mauvais larron y de laquelle elle n'est éloignée que d'un bon pied. Elle est couverte d'ordinaire d*un petit treillis de fil de fer, qui em-* péclie qu'on ne la puisse sonder. Les chrétiens ont une grande dévotion à ce saint lieu, où on les voit couchés de leur long pour le baiser, y mettre la télé et les bras jus* qu'aux coudes. (P. 58.) » Doubdan fut témoin d'un grand nombre de pareils traits de ferveur de la part de cinq à six mille chrétiens de toutes les nations, que la fête de Pâques réunissait à Jérusalem.

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