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CHAPITRE VII

on passe le torrent de Cédron sur un pont de pierre d'une seule arclie, situé au pied de la nnontagne, h peu de distance du jardin. Les pères de la Terre-Sainte ont acquis ce saint lieu, et Tout entouré d'une muraille en pierres sèches. Ils ont garanti par une semblable clôture Tendroit où Jésus fut arrêté : c'est une petite ruelle, au midi, de six ou sept pas de long sur deux de large, on l'appelle : de Osculo (du baiser). [Géramb., 1. 1, p. 105, 4856.}

On voit encore au jardin des Olives huit gros oliviers , espacés de quarante pas les uns des autres, u La tradition fait remonter leurs années jusqu'à la date mémorable de Fagonie de l'Hommc-Dieu , qui les choisit pour cadier ses divines angoisses. Leur aspect confirmerait, au besoin, la tradition qui les vénère; leurs immenses racines, comme les accroissements séculaires, ont soulevé la terre et les pierres qui les recouvraient, et, s'élevant de plusieurs pieds au-dessus du niveau du sol, présentent au pèlerin des sièges naturels où il peut s'agenouiller ou s'asseoir pour recueillir les saintes pensées qui descendent de leurs cimes silencieuses. Un tronc noueux, cannelé, creusé par la vieillesse comme par des rides profondes, s'élève en large colonne sur ces groupes de racines, et, comme accablé et penché par le poids des jours, s'incline à droite ou à gauche et laisse pendre ses vastes rameaux entrelacés, que la hache a cent fois retranchés pour les rajeunir. Ces rameaux vieux et lourds, qui s'inclinent sur le tronc, en portent d'autres plus jeunes qui s'élèvent un peu vers le ciel, et d'où s^échappent quelques tiges d'une ou deux années, couronnées de quelques touffes de feuilles, et noircies de quelques petites olives bleues, qui tombent comme des reliques célestes sur les pieds du voyageur chrélien. » [Lamartine. Voyage en Orient y tome II.]

La vue de Jérusalem, du haut de la montagne des Oliviers, est de nature à faire sur le cœur des chrétiens Timpression la plus profonde, m Jérusalem, à son entrée, s'étend et jaillit, pour ainsi dire, devant nous sans que Tœil puisse en perdre un toit ou une pierre, et comme le plan d'une ville en relief que Tartiste étalerait sur une table. Cette ville, non pas comme on nous Ta représentée, amas informe et confus de ruines et de cendres, sur lesquels sont jetées quelques chaumières d'Arabes, ou plantées quelques tentes de Bédouins; non pas comme Athènes, chaos de poussière et de murs écroulés, où le voyageur cherche en vain Tombre des édiBces, la trace des rues, la vision d'une ville; mais ville brillante de lumière et de couleurs, présentant noblement aux regards ses murs intacts et crénelés, sa mosquée bleue avec ses colonnades blanches, ses milliers de dômes resplendissants sur lesquels la lumière du soleil tombe et rejaillit eu vapeur éblouissante; les façades de ses maisons teintes, par le temps et par les étés, de la couleur jaune et dorée des édifices de Pcestum ou de Rome ; ses^ vieilles tours, gardiennes de ses murailles, auxquelles il ne manque ni une pierre, ni une meurtrière, ni un créneau ; et enfin au milieu de cet océan de maisons et de cette nuée de petits dômes qui les recouvrent, un dôme séculaire, plus large que les autres, dominé par un autre dôme blanc : c'est le

saint Sépulcre et le Calvaire » [Lamartine. Voyage en

Orient j tome IL]

11 ne reste plus de traces de Téglise bâtie sur la grotte de l'agonie. Le terrain ayant été exhaussé par des décombres, cette grotte se trouve au-dessous du niveau du sol , et Ton y descend par huit ou dix marches. Au fond de la grotte est un autel sur lequel les religieux célèbrent la messe : audessus, des peintures sur cuivre à demi effacées rcprosen-

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