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CHAPITRE VIII

En dehors de Tenceintc , outre le mont des Oliviers dont nous avons parlé , les pèlerins vont visiter le mont Sion au midi , et la vallée de Josaphat à Test.

Le mont Sion a est un monticule d^un aspect jaunâtre et stérile, ouvert en forme de croissant du côté de Jérusalem , à peu près de la hauteur de Montmartre , mais plus arrondi au sommet. Ce sommet sacré est marqué par trois monuments ou plutôt par trois ruines : la maison de Caiphe j le saint Cénacle, et le tombeau ou le palais de David. Du haut de la montagne vous voyez au midi la vallée de Ben- Hinnon ; par-delà celte vallée , le Champ-du-Sang acheté des trente deniers de Judas, le mont du Mauvais-Conseil , les tombeaux des Juges , et tout le désert vers Hébron et Bethléem. Au nord , le mur de Jérusalem, qui passe sur la cime de Sion , vous empêche de voir la ville. Celle-ci va toujours en s'inclinant vers la vallée de Josaphat. » [lUn. de Paris à Jérus. ]

L^aspect de cette vallée est sombre et isolé. La vallée de Josaphat semble avoir toujours servi de cimetière à Jérusalem ; on y rencontre les monuments des siècles les plus reculés et des temps modernes : les Juifs viennent y mourir des quatre parties du monde; un étranger leur vend au poids de For un peu de terre pour couvrir leur corps dans le champ de leurs aïeux. ( Itin. de Paris. )

Haceldama ou le Champ-du-Sang, que sainte Hélène avait fait clore de murailles , a servi anciennement de sépulture aux Juifs , aux pèlerins que recevaient les frères de Saint-Jean, et aux Arméniens qui le possèdent encore. « Une chapelle en ruines marque la place où sont mêlées les cendres de ces chrétiens de tous les âges , qui finirent leur double pèlerinage près du Calvaire qu^ils étaient venus visiter. » [Cor. d' Orient j t. v.] On ramasse en ce lieu des tessons de

poU très-anciens, qui indiquent la profession de son premier propriétaire. »

Au fond de ia vallée est Téglise et le tombeau de la Vierge. On y descend par un grand escalier de marbre , d'au moins cinquante marches , large de quinze pieds. Les Grecs etles Arméniens se la partagent (1). On y voit les tombeaux de saint Joseph , de saint Joachim et de sainte Anne. [Itin. de Paris à Jérus. ] [ Lin. , Voy. en Or. ] [Mich. , Corr. d'Or. ] [ FoRBiN, Voy. en Or.] [La Terre-Sainie , i 820. ] [ Doubd. , Voy. à la Terre-Sainte. ]

On désigne sous le nom de Stations les principaux endroits où les fidèles s'arrêtent pour prier. On en compte six : sur la voie de Captivité ^® au Jardin des Oliviers; 2^ à la maison d'Anne; 3^ à celle de Caipbe; U^ au Prétoire ; 5^ au palais d'Hérode; 6° au Prétoire. 11 y en a douze sur le chemin de la Croix H° à TArc de Pilate; 2° à vingt pas de là, où Jésus-Christ prit sa croix; 3^ où il plia pour la première fois sous le faix; U^ où il rencontra sa mère ; 5® où il trouva Simon de Cyrène ; 6*^ à la maison de Véronique; 7^ à quatre-vingts pas de la porte Judiciaire, où il tomba sous le poids de la croix ; 8^ à trente toises de là, où il parla aux femmes de Jérusalem : on y voit une grosse colonne placée au devant d'une porte murée ; 9^ cette station est également marquée par une colonne , c'est le chemin du Calvaire. Les autres stations sont dans Féglise du Saint- Sépulcre. La descente de Croix et le Saint-Sépulcre font l'objet de deux.stations supplémentaires.

Quoique le nombre de pèlerins ait diminué avec la foi , de pieux voyageurs visitent encore ces lieux; et, d'après

(I) M. de Chateaubriand avance, par erreur, que les catholiques possèdent le tombeau de Marie.

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