‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 171 sur 734 · SIX FÉVRIER, SAINT ELRIC · texte numérisé non relu

SIX FÉVRIER, SAINT ELRIC

belle église nouvellement bâtie qui fut dédiée le même jour en son honneur et nui a donné le nom de Saint Arnaud, a l’abbaye et a la ville.

Aucun des actes de la vie de saint Arnaud ne paraît justifier le patronage invoqué auprès de lui par les Marchands de boissons et les autres professions qui s’y rattachent. Dans la donation faite par Dagobert du terrain destiné à la fondation de l’abbaye d’Elnon, le roi appelle bien notre Saint, Travailleur infatigable de la vigne du Seigneur, le pape saint Martin Ier dans son diplôme donné à Saint- Armand , à 1 occasion des privilèges concédés à cette même abbaye, parle également de ceux qui en vue des récompenses célestes travaillent à la vigne du Seigneur ; mais il est plus rationnel de conjecturer que la renommée des miracles de saint Arnaud, surtout après la résurrection du pendu dont il a été question plus haut, ayant pris des proportions considérables, son nom ne devait être prononcé dans les Flandres qu’avec l’enthousiasme de la foi la plus vive, et que dans ces contrées où la fabrication de la bière est très répandue 'les Brasseurs d’abord ont choisi pour patron un saint qui avait opéré sous leurs yeux les plus grands prodiges, et que les autres Marchands de boissons auront suivi leur exemple. Les vinaigriers et les moutardiers ont revendiqué également ce patronage, les premiers parce que leurs produits s’obtiennent par la fermentation acide du vin, et les seconds, parce que le condiment qu’ils fabriquent est du à la farine de moutarde délayée avec le moût du raisin.

(. Bollandistes . — Saints de Cambray. — Petits Bollandistes. — Saints de France ) .

SAINT ELRIC, PORCHER, OU ALDERIC (ALDERICUS)

Vers 1200.

Invoqué contre la Fièvre et contre l’Asthme.

D’après la tradition, Elric était issu de la race royale de France. Initié de bonne heure à l’étude de l’histoire, il avait remarqué que saint Lucius, roi des Iles Britanniques, saint Richard, roi des Anglais, saint Adélard, parent de Charlemagne, et plusieurs autres, avaient déposé toutes leurs dignités pour embrasser la vie religieuse ou érémitique ou enfin celle de pèlerin. Dans son zèle pieux, il résolut de les imiter et abandonna secrètement la France. Après avoir atteint Tolbiac ou Zulpich, au duché de Juliers, où Clovis gagna la fameuse bataille qui amena sa conversion, il arriva dans une vallée contiguë où se trouvait un monastère de religieuses des Prémontrés, à Fussenich. Il frappa à la porte et fut admis pour garder les porcs du couvent. Là, inconnu à tout le reste de la terre, il remplit ces humbles fonctions avec une admirable soumission.

Un jour qu’il était au milieu des champs avec son immonde troupeau, oppressé par les accès d’une fièvre violente et tourmenté par une soif ardente, il supplia une femme qui portait de l’eau de lui permettre d’en boire un peu ; mais elle, lui refusant grossièrement ce qu’il lui demandait, ajouta que, jeune et fort comme il était, il pouvait bien aller plus loin au lieu où elle avait puisé son eau et qu’il en boirait autant qu’il voudrait.

Elric poussant de profonds soupirs, s’adressa à Dieu, source de tout bien ; un ange descendant subitement du ciel, lui prescrivit d’enfoncer

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