JOSEPH D’ARIMATHIE
Ier SIÈCLE.
Patron des Ensevelisseurs et deslFossoyeurs.
oseph, originaire d’Arimathie, était venu s’établir à Jérusalem où il avait acquis des propriétés importantes. Sa position de noble Décurion, comme l’appelle saint Marc, lui donnait entrée dans les assemblées de cette ville ; c’est ainsi qu’il assista au conseil qui fut tenu chez Caïphe pour chercher à faire mourir Notre Seigneur Jésus-Christ. Comme il était juste et homme de bien, dit saint Luc, et que, d’après saint Jean, il était môme disciple caché de Jésus, il ne donna son assentiment à aucune de ces tentatives criminelles. Après la mort de Notre Seigneur, il vint trouver Pilate et lui demanda le corps du Sauveur pour l’embaumer et l’ensevelir, ce qu’il exécuta, après en avoir obtenu l’autorisation, avec le concours de Nicodème. Le patronage des Ensevelisseurs et des Fossoyeurs s’explique de lui-même. Joseph plaça le corps de Notre Seigneur dans un monument qu’il avait fait tailler pour lui-même dans son propre jardin.
La tradition est très incertaine sur les actes de Joseph, après la mort de Notre Seigneur. Quelques auteurs croient qu’il assista à l’Ascension et à la Pentecôte, et qu’il apporta le prix de ses biens aux apôtres afin d’embrasser une vie pieuse et obscure et qu 'enfin il mourut à Jérusalem d’où son corps aurait été transporté en France dans l’abbaye de Moyen- Moutier. D’autres prétendent qu’après la mort de Notre Seigneur (i) il ne cessa pas d’être persécuté par les Juifs, qui finirent par l’exposer, sans voiles et sans rames, sur la mer dans une barque avec les saintes Marthe et Madeleine, saint Lazare, leur frère, et saint Maximin, et qu’enfin, après avoir abordé heureusement au port de Marseille avec ses compa-
(1) La Descente de Croix et la Mise au tombeau sont des sujets grandioses qui ont tenté le pinceau de presque tous les grands peintres. La plupart n'ont pas respecté la vérité historique et ont augmenté le nombre des personnages procédant à la descente du corps du Christ et a son ensevelissement. Delà vient la coutume dans les ateliers des peintres italiens, d’appeler collectivement les Joseph et les Nicodèmes les modèles chargés de poser pour les personnages de Joseph d’Arimathie et de Nicodème. ( Journal des Curieux, ior mai 1881).
DIX-SErT MARS, SAINT PATRICE.
gnons, Joseph traversa la France et passa en Angleterre dont il fut le premier apôtre. D’après une légende du moyen âge, chère aux Anglais, saint Joseph d’Arimathie aurait hérité 'de la coupe dont Jésus-Christ s’était servi le jour de la Cène ; c’est pourquoi on le peint avec une coupe à la main.
(Les quatre évangélistes. — Les Petits Bollandistes.)
SAINT PATRICE ou PATRICK, APOTRE DE L’IRLANDE
ve siècle. — 373464.
Patron des Mineurs, Tonneliers, Forgerons, Barbiers. — Invoqué contre
l’Enfer.
D’après les Petits Bollandistes, il serait probable que Patrice naquit dans la Bretagne, sur la côte de Léon, vers l’an 373, et qu’il y vécut jusqu’à l’âge de seize ans. A cette époque, des Scots Hibernois, dans une irruption en Armorique, massacrèrent son père Calpurnius et le conduisirent en Irlande où ils le vendirent à un riche seigneur du pays. Là, en gardant des troupeaux, il eut beaucoup à souffrir de la faim et du froid ; mais Dieu le soutint dans ses épreuves et, au bout de six ans, lui envoya un ange qui lui dit de s’enfuir sur un navire qui allait partir. Ce navire le débarqua en Grande-Bretagne ; il fut bientôt repris par des Pietés et vendu de nouveau à des Gaulois qui l’amenèrent à Bordeaux. Redevenu libre au bout de deux mois, il se rendit auprès de saint Martin, son grand’oncle, qui lui donna la tonsure et l’habit religieux, et, dans sa retraite de Marmoutiers, l’initia entièrement à la vie chrétienne. Un jour, saint Patrice fut pris du désir de manger de la viande, il avait caché un morceau de porc dans un tonneau pour le manger en cachette, quand il rencontra un homme ayant des yeux devant et derrière la tête qui lui dit : « Je suis le ministre de Dieu. Avec les yeux que j’ai au front je vois ce qui est devant moi, et avec les yeux que j’ai derrière la tête, je vois un moine qui cache, dans un tonneau, de la viande pour satisfaire son ventre. » Patrice tomba dans une affreuse confusion, et détestant amèrement le péché qu’il avait commis, il fit serment de renoncer à tout usage de viande pendant sa vie. Le tonneau dont il est ici question peut bien avoir donné lieu au patronage des Tonneliers. Saint Martin, après l’avoir gardé pendant quatre années près de lui, le renvoya en lui donnant le conseil d’aller prêcher l’Evangile dans l’Irlande. Patrice se mit d’abord sous la conduite de saint Paterne, premier évêque de Vannes, puis il fut étudier à Rome toutes, les sciences ecclésiastiques, il resta dix-huit ans auprès de saint Germain d’Auxerre qui l’affermit encore dans la voie spirituelle et lui conseilla de commencer son apostolat le plus tôt possible. Patrice avait déjà reçu du ciel l’ordre d’évangéliser ces contrées. Il retourna de nouveau à Rome où le pape Gélestin l’établit archevêque de toute
l Je™ie- Patrice avait alors soixante ans ; il abandonna ses biens et sa amille et s embarqua en 432 pour l’Irlande. Un moine Bernardin, üu nom de Jocelin, qui écrivait à la fin du XIP siècle, a décrit minuicuscment les obstacles considérables que Patrice dut surmonter pour remplir sa mission, et aussi les innombrables miracles qu’il fit éclater aux yeux de ces peuples sauvages. A cet égard, le Père Giry s’exprime