SAINTE GERTRUDE, VIERGE, ABBESSE DE NIVELLE EN BRABANT
vu” siècle. — 626-659.
Patronne des Voyageurs. — Invoquée contre les Souris, les Rats des champs, la Fièvre. Pour les Chats, les Hôtelleries des morts.
Gertrude était fille de saint Pépin de Landen, premier prince de Brabant, et de la bienheureuse Itte ou Iduberge, elle eut pour cousine sainte Gudule, patronne de Bruxelles. Le roi Dagobert qui avait fait Pépin maire du Palais, la demanda en mariage à son père pour un jeune seigneur et en parla lui-même à Gertrude, qui lui répondit avec une extrême franchise qu’elle n’aurait jamais d’autre époux que Jésus-Christ. Après la mort de Pépin, Iduberge, d’après l’avis de saint Arnaud, évêque de Maëstricht, fit construire un monastère à Nivelle, et elle s’y retira avec sa fille, à laquelle elle coupa elle-même les cheveux en couronne. Un assez grand nombre de jeunes filles les a^ant suivies, elles en firent une congrégation de chanoinesses dont Gertrude fut nommée la supérieure. Elle confia le soin des affaires temporelles du dehors à des chanoines et celles du dedans à quelques-unes de ses sœurs. Elle ne se réserva que la direction spirituelle pour la conduite de ses filles. Sa sainteté éclata par plusieurs miracles et entr’ autres, uu jour, devant l’autel de saint Xyste, martyr, où elle faisait oraison, les autres sœurs aperçurent un globe de feu au-dessus de sa tête. Elle affligeait continuellement son corps par toutes sortes d’austérités et aussi, comme Dieu lui avait connaître qu’elles seraient cause de sa mort, Gertrude conféra à sa nièce, âgée de vingt ans, sainte Wilfetrude, la charge d’abbesse, et rendit son âme à Jésus-Christ le 17 mars 664, ou suivant d’autres, en 659. Ses reliques sont conservées à Nivelle avec son lit.
Sainte Gertrude est invoquée comme patronne des Voyageurs. Nous allons essayer d’en rechercher les motifs à l’aide d’un livre cité par M. Ch. Barthélemy dans ses Vies des Saints de France (1) : Gertrude avait envoyé quelques-uns des siens aux régions étrangères pour le bien et l’utilité de son monastère et, avant qu’ils partissent, elle leur avait promis qu’en tout leur voyage rien ne leur surviendrait qui leur apportât du dommage et de l’infortune. Pendant les premières journées, le navire qui les portait filait admirablement sur une mer tranquille ; mais tout à coup l’équipage aperçut comme une éminence surgissant au milieu des flots, qui n’était autre chose qu’un monstre marin d’une grosseur extraordinaire. En se rapprochant du navire, il agitait tellement les flots avec sa queue qu’un naufrage était imminent. Les païens, qui se trouvaient en grand nombre dans l’équipage, poussaient des cris et des hurlements en invoquant leurs faux dieux. Tout paraissait désespéré, quand un des chrétiens se ressouvenant de la parole que Gertrude leui avait donnée en partant, se mit à l’implorer et aussitôt le monstre .marin s’abîma au fond de l’eau.
Toujours d’après le même livre, c’était anciennement une coutume parmi les peuples d’Austrasie et d’Allemagne que, lorsque quelqu’un
({) L'Image de la Noblesse figurée sur la vie de Sainte Gertrude et de ses parents, Histoire ecclésiastique, par Guillaume de IIebreviette, seigneur d’Escœuvres, gentilhomme. (Paris, 1612, in-8% volume de 491 pages.