‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 416 sur 734 · SAINT PIERRE DE VÉRONE, MARTYR · texte numérisé non relu

SAINT PIERRE DE VÉRONE, MARTYR

\mc siècle. — 1206-1252.

Invoqué contre les maux de tête, contre la foudre, contre les orages, pour les femmes en couch.es et pour les fruits de la terre.

Pierre était né à Vérone, de parents infestés par la doctrine des Cathares, véritable branche du Manichéisme. Il eut le bonheur d’apprendre à lire chez un maître catholique, qui lui inculqua les vrais principes et lui inspira une grande aversion pour les hérétiques. Son père, pensant qu’il était temps de redresser ses idées, l’envoya à l’Université de Bologne, et bien qu’il n’eùt que quinze ans, Pierre , comprenant tous les dangers qui l’environnaient dans un pareil monde, vint trouver saint Dominique qui, après s’être assuré de sa vocation, lui donna l’habit et le dirigea lui-même dans les voies du salut. Après qu’il eût reçu la prêtrise, ses supérieurs le chargèrent d’annoncer la parole de Dieu ; c’est alors que, poursuivant l’hérésie partout où elle se montrait, il prêcha dans la Romagne, la Marche d’Ancone, la Toscane, le Bolonais, le Milanais, et partout il opéra de nombreuses conversions. On accourait de toutes parts pour l’entendre ; on venait au-devant de lui avec la croix, des bannières, des trompettes et des tambours. A Milan, la foule était si grande qu’on fut obligé de le porter sur une espèce de litière fermée, pour l’empêcher d’être étouffé. Dans le Milanais, un gentilhomme du pays, grand ami de Pierre , s’était laissé accaparer par les Cathares, qui l’avaient mis en présence d’une prétendue figure de la sainte Vierge, tenant l’Enfant Jésus dans ses bras. Pierre demanda

(1) Voir Acta sanctorum.P. Daweiæ Papebrochio, Autherpiæ, lre partie, p. 125, 2 vol. in-18.

VINGT-NEUF AVRIL, SAINT PIERRE DE VÉRONE

et obtint d’être admis à la même faveur. Or, le matin, en disant sa messe, il consacra deux hosties, en réserva une qu’il mit dans une boite et l'emporta sous sa chape. A peine fut-il arrivé dans 1 assemblée des Hérétiques, le démon prit la figure d’une femme avec un enlant dans les bras, au milieu d’une grande clarté ; mais Pierre présentant l’hostie à cette femme : « Si vous êtes véritablement la mère de Dieu « (lui dit-il), adorez votre fils que je tiens entre mes mains. » A cette vue, les fantômes s’évanouirent avec un bruit terrible, au milieu d’une odeur infecte. Cette aventure ramena le gentilhomme à la vérité et opéra la conversion de plusieurs des assistants.

En 1232, le pape Grégoire IX le nomma inquisiteur général de la foi, ce qui lui fournit de nouvelles armes pour combattre les Cathaies. A partir de ce jour, les Hérétiques prirent la résolution de le mettre à mort. Ils apostèrent deux assassins, sur la route de Rome à Milan, sur laquelle il devait passer. L’un d’eux lui asséna deux coups de hache sur la tête, et comme il était renversé à terre, baigné dans son sang et récitant le symbole de la foi, il fut achevé par un coup de poignard dans le côté. Il avait quarante-six ans. Son corps fut déposé dans l’église de Saint-Simplicien.

L’invocation qui lui est adressée contre les maux de tête tire probablement son origine .des deux coups de hache qu’il reçut sur Y occiput et aussi de la guérison d’une fistule à la tôte qui s’opéra à son tombeau. Une femme qui était très gravement atteinte, vint dans l’église de Saint- Simplicien, où le corps du Saint était exposé, et, remplie de foi, elle prit la main du bienheureux martyr, la mit sur sa tête et fut immédiatement rendue à la santé. On conserve également à Plaisance un chaperon qui servait à saint Pierre pour garantir sa tête de tout mal et que l’on applique sur la tête des fidèles le jour de sa fête.

L’invocation contre la foudre et les orages se justifie par plusieurs tempêtes sur mer calmées par son intercession, et aussi, dans la ville de Plaisance, il était d’usage, le jour de sa fête, de bénir des rameaux d’olivier, en invoquant saint Pierre. Ces rameaux avaient un pouvoir prodigieux, dit l'auteur de V Histoire ecclésiastique de la ville de Plaisance (1) pour conjurer le tonnerre et les autres cataclysmes de Vair, et il cite la prière suivante qui servait à la consécration des rameaux et qui est mentionnée par les Bollandistes :

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