‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 427 sur 734 · TRENTE AVRIL, SAINT FORANNAN · texte numérisé non relu

TRENTE AVRIL, SAINT FORANNAN

basilique qui prit le nom de Saint-Euirope et devint le but d’un célèbre pèlerinage.

(. Petits Bollandistes. — Saint Eutrope et son prieuré, par Louis Audiat).

SAINT FORANNAN, ÉVÊQUE D’ARMAGH ET ABRÉ DE WASOUR

Invoqué contre la Rage, les Maux de dents.

Forannan, issu d’une noble et ancienne famille d’Irlande qui portait encore le nom d’Ecosse de son temps, avait été élevé à l’évêché d'Armagh. Après avoir gouverné pendant quelque temps son diocèse, il fut averti par une apparition céleste de passerla mer et de se rendre au monastère de Wasour sur la Meuse, dans le diocèse de Liège. Sans perdre de temps, il s’adjoignit douze compagnons et se dirigea vers les bords de la mer ; mais là, n’ayant trouvé aucun bâtiment, il aperçut deux pièces de bois disposées en forme de croix, et, après y être monté avec ses compagnons, il aborda le continent poussé par le souffle du Saint-Esprit. A peine fut-il arrivé au monastère que la grande réputation de ses vertus le fit choisir par les religieux pour être leur abbé. Forannan fut conduit à Rome par le comte Eilbert, fondateur de la Maison, et là le Pape approuva la démission qu’il avait faite de l'évêché d’Armagh et le confirma abbé de Wasour. D’après le conseil du Souverain Pontife, il commença par faire une retraite dans l’abbaye de Gorze, au pays Messin, puis il retourna à Wasour et y fit revivre l’esprit de saint Benoît dont son prédécesseur s’était écarté. Néanmoins, bientôt il rendit son âme à Dieu et son corps, enfermé dans un cercueil de plomb, fut déposé sous un tombeau de marbre dans l’église du monastère où se sont opérées un certain nombre de guérisons miraculeuses mentionnées par les Bollandistes.

En voici une qui a trait à l’origine de l’invocation contre les Maux de dents. Un prêtre, du nom de Goselin, avait chaque année au mois de mai, depuis un temps immémorial, des Douleurs atroces de dents et de tête, qui ne lui permettaient pas de dormir. Après avoir usé de tous les moyens curatifs sans aucun espoir de guérison, il vint s’agenouiller auprès du tombeau de saint Forannan, le pria avec ferveur en faisant vœu de faire brûler, pendant la nuit de sa fête, une chandelle d’une longueur telle qu’elle prit, en s’enroulant, couvrir toute la surface de sa tête, il fut guéri instantanément. Ayant recouvré la santé, il remplit fidèlement les prescriptions de son vœu pendant trois ans ; mais la quatrième année, ayant négligé de l’exécuter, il fut assailli tout à coup par les mêmes douleurs et ne fut guéri définitivement qu’après avoir l'ail amende honorable au tombeau du Saint. Quant à l’invocation contre la Rage, voici le passage de Molanus sur lequel elle s’appuie :

Conservatur etiarn in sacrario ( Wasour ) pene integra , cum argenteis lintinnabulis , stola ipsius sacre, cujus benedictione mors uni iubidi canis sanavit. Que eliavi multi postmodum curati sunt.

(Molanus. — Les Bollandistes.

On conserve même dans le trésor de cotte abbaye 1 étole de ce Saint, presque entière, avec des clochettes d’argent, à l’aidede laquelle ses bénédictions guérissaient de la morsure des chiens enragés. Beaucoup depuis lors en ont été également guéris.

— Collin de Plancy)

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