SAINT SIGISMOND, ROI DE BOURGOGNE ET MARTYR
vi° siècle. — 524.
Invoqué contre la Fièvre.
Sigismotid , après la mort de son père, Gondebaut, partagea le royaume avec son frère Godemar. Il avait abjuré l’erreur arienne que Gondebaut ne voulut jamais abandonner, bien qu’il ne cherchât jamais à entraver les résolutions de son üls à cet égard. Sigismond était naturellement pieux et s’adonnait à toutes les bonnes œuvres ; mais, après la mort de sa première femme dont il avait. eu un fils nommé Sigéric, il eut le malheur d’en épouser une seconde qui lui persuada de faire périr ce fils, en l’accusant faussement d’avoirl’intention de s’emparer de sa couionne.
PREMIER MAI, SAINT SIGISMOND
A peine eut-il commis ce crime qu’il regretta amèrement ce qu’il avait fait et il résolut pour en obtenir le pardon de se livrer à la pénitence la plus rigoureuse. Couvert de cendres et revêtu d’un cilice, il se retira dans le monastère d’Agaune qu’il avait fondé, et là, jour et nuit, il invoquait la miséricorde divine. Ce serait là également, d’après Ribadaneira, qu’il lui fut révélé par un Ange d’instituer des chœurs de Psalmodie pour la récitation des psaumes, à l’imitation d’une mélodie céleste qu’il lui fit entendre. Ce qu’il fit après avoir pris l’avis des évêques de son royaume.
Les fils de Clotilde, sous prétexte qu’il détenait injustement les biens de leur mère, lui ayant déclaré la guerre, Sigismond fut fait prisonnier dans une bataille livrée par l’aîné, Clodomir, qui donna l’ordre de le faire périr en le précipitant avec sa femme et ses deux fils dans un puits près de Coulmiers, sur le territoire d’Orléans.
Trois ans après, Ambroise, abbé d’Agaune, obtint par l’entremise d’un seigneur bourguignon, favori de Thierry, roi d’Austrasie, de retirer du puits de Coulmiers, le corps du roi pénitent et le fit transporter au chant des hymnes sacrées, depuis Orléans jusqu’à Saint-Maurice-en-Yalais, nom moderne du célèbre monastère d’Agaune.
L’invocation adressée à saint Sigismond contre la Fièvre remonte à l’époque la plus reculée. Saint Grégoire de Tours, qui est mort en 595, 7 1 ans après saint Sigismond, en fait déjà mention dans ses livres des Martyrs et des Confesseurs.
L’abbé Duplus, dans sa Vie des Saints du diocèse de Dijon, cite en français la fin de la préface d’une messe spéciale très antique, retrouvée par Mabillon et éditée avec les œuvres de saint Grégoire de Tours par
D. Ruinard : « C’est par un pur don, Seigneur, qu’au nom de
« votre élu Sigismond, par la communion du corps et du sang de Jésus- « Christ, votre fils, vous chasserez, de votre serviteur que voici, les Fris- « sons et l’ardeur des Fières, et vous daignerez lui rendre sa première « santé »
r Dans un Sacramentaire, à l’usage de l’église de Nevers, manuscrit du XIe siècle, qui a été acquis en 1865 par la Bibliothèque nationale, on trouve une autre messe spéciale du saint roi Sigismond, dont je donne ici plusieurs fragments :
Primus Kalendas Maii.
Natalis sancti Sigismündi Regis.
Inclina, Domine, pias aures ad desideria supplicanlum, et quoi devolo corde poscimus, benignus admilte ; ut sevvo tuoN. . qui Typ'o
COTIDIANÆ aut TRIDUAN.E Vel QUATARNÆ VEXA- TIONS fatigalur, fidelis famuli lui Sigismündi precibus benignus occurras ; ut dumnobis iltius patefacis mérita, famulo luo œgrolo conféras medicinam. Per Dominum noslrum...
SUPER OBLATA
Offerimus libi Domine munera et vola in honorem electi marlyris lui Sigismündi, pro famulo luo F ... qui Upo vexationis laborat,
Premier jour des Kalendes de Mai.
Fête de saint Sigismond, roi.
Prêtez, Seigneur, une bienveillante attention aux requêtes de ceux qui vous prient, et acquiescez favorablement aux demandes que nous vous adressons avec un cœur pieux, afin que votre serviteur N..., qui souffre cruellement de la fièvre quotidienne ou tierce ou quarte, soit bénignement secouru par l’intercession de votre fidèle serviteur Sigismond, et que, en même temps que vous nous manifestez ses mérites, vous accordiez la guérison à votre serviteur malade. Par, etc.