AVANT-PROPOS
se demande pourquoi ceux qui écrivent pour traiter des sujets édifiants, disparaissent souvent sans jouir du fruit de leur travail, sans même en connaître le résultat, tandis que les auleurs de romans et de tristes insanités spéculent sur leurs oeuvres immorales et recueillent des éloges dans les journaux, dans les salons, et jusque dans les bouges dont ils ne dédaignent pas l’approbation.
Je ne sais si je me trompe ; mais je crois deviner une grâce providentielle, cachée sous cette apparente sévérité divine.
Dieu ne veut pas qu’une manifestation flatteuse, ou un succès de résultat obtenu, enlève à l’esprit le mobile désintéressé qui l’a fait agir et qu’il trouve une récompense en dehors de lui-même.
S’il en est ainsi, comme je le suppose, je ne puis me plaindre d’avoir vu l’ami et le compagnon de ma vie m’être enlevé à l’heure où il achevait un travail long, consciencieux, lui ayant coûté tant de labeurs, tant de recherches, qu’il semblait avoir acquis des droits au but. moralisateur et instructif qu’il se proposait.
Pendant près de huit ans, je me rappelle l’avoir vu traduire tantôt les Bollandistes, tantôt les Acta sanctorum et compulser grand uombre d’anciens auteurs qu’il signale dans ses notes. En outre, ne se fiant qu’imparfaitement à ses lumières, il écrivait dans tous les diocèses pour avoir des renseignements. 11 soumettait ses travaux à dom Gauthé, prieur des Bénédictins de Ste-Madeleine à Marseille. Il écoutait également avec déférence les observations, les conseils