VINGT-NEUF MAI, SAINT MAXIMIN
somme assez considérable ; mais comme elle ne suffisait pas pour liquider toutes les dettes de son mari, Corneille ne se contenta pas de faire le sacrifice de tout l’argent comptant qu’il possédait, il vendit encore la plus grande partie de son mobilier pour parachever la somme nécessaire. A cette même époque, saint Théodule, ancien préfet de Constantinople, avait quitté richesses et honneurs pour se retirer près d’Edesse, sur une colonne où il vivait depuis de longues années, demandant à Dieu de lui faire connaître dans quel état était son âme ; une voix céleste lui répondit : « Avec toutes tes pénitences, tu n’as pas encore atteint les mérites de Corneille le Saltimbanque. » Théodule se hâta de redescendre de sa colonne et chercha Corneille ; il fut très édifié de sa sainteté et admira surtout sa charité, il regagna ensuite sa retraite en se recommandant à ses prières et s’animant pour le bien, d’une ardeur plus généreuse encore que par le passé.
Les Saltimbanques ue pouvaient donc pas choisir un meilleur patron que Corneille l’acteur.
(i Grande Vie des Saints, de Collin de Plancy).