‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vie (volume 2)Chapitre 607 sur 734 · DEUX JUIN, SAINT ÉRASME · texte numérisé non relu

DEUX JUIN, SAINT ÉRASME

magne (à Pàderbon, Anvers, etc., etc.), le représentent en habits pontificaux subissant cet horrible supplice. Nous avons sous les yeux deux éditions du Calalogus sanctorum (1), l’une publiée en 1 508, l'autre en 1519, toutes les deux à Lyon, une Vie clés Saints allemande, publiée à Strasbourg en 1521 (21, etl7cones sanctorum (3) 1590. Ces quatre ouvrages représentent par une gravure le supplice de saint Erasme tel que nous l’avons décrit plus haut. Dans la Chronique de Nuremberg, qui date de la lin du XVe siècle, saint Erasme est représenté à mi-corps, portant de la main gauche sur son épaule un treuil autour duquel ses entrailles sont enroulées. Dans un charmant petit livre qui sort des presses de Christophe Plantin (4), Anvers 1590, le saint est en pied, tenant de la main gauche sa crosse et de la main droite un treuil allongé sur lequel ses entrailles sont enroulées. Le P. Cahier, qui est évidemment gêné par cette légende, proposerait (5) de voir à la place des intestins enroulés un cable qui se rattacherait naturellement au patronage des Marins. Le P. Cahier a dû cependant connaître à Rome une peinture originale avec sa copie en mosaïque, célèbre reproduction de notre légende, que l’on serait tenté de croire parfaitement authentique, si l’on ne considère que la splendeur et la sainteté des monuments où l’une et l’autre ont pris place. Au XVIIe siècle, sous le pontificat d’Urbain VIII, on commandait aux plus grands peintres de l'école des tableaux à l’huile, qui devaient être copiés en mosaïque pour les autels de la basilique du Vatican. C’est ainsi que notre grand peintre Nicolas Poussin fut chargé de peindre le supplice de saint Erasme, qui est entièrement conforme pour les détails à celui décrit plus haut d'après les anciennes gravures. La copie en mosaïque se voit encore aujourd’hui sur l’autel à droite des trois autels qui sont placés au fond de la nef septentrionale de Saint-Pierre de Rome. Quant au tableau original de N-. Poussin, il se trouve également dans la deuxième salle de la galerie des tableaux du Vatican sous le n° 7.

Ce qui prouve encore que cette légende n'est pas méprisée à Rome, c’est, qu'à la page 61 de Y Année liturgique de cette ville, rédigée en 1857 par l’abbé X. Barbier de Montault, on trouve au 2 juin que saint Erasme est invoqué pour la guérison des Maladies spasmodiques. Or, celle invocation a pour origine le supplice horrible qu’on aurait, d’après la tradition, fait souffrir a notre Saint. D’après le père Cahier, dont nous adoptons entièrement l’avis, saint Erasme serait encore invoqué contre les coliques dans le Hainaut et dans la Flandre française sous le nom de de saint Agrapart , Agrappo, Crapart. « Cette synonymie étrange, dit-il,

« semble pouvoir s'expliquer par quelque chose comme les Crampes d’estomac. »

( Bollandistes . — Jules de Kerval. — Vie de saint Gilles).

(1) Petrus de Natalibus.

(2) Der HeiLigen leben durch Johannem Knobloucli.

(3) Publié à Augsbourg par Cleopîum Distblmair.

(^Sanctorum Kalendarii Romani, juxta condtmm Tridenlinum rcsliluti Imagines in œre (o) Caractéristiques des Saints, p. 362.

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