HUIT JUIN
SAINTE SYRE (SYRA ou SYRIA), VEUVE
IIIe SIÈCLE. — VERS 298.
Invoquée contre la Pierre, la Gravelle, les Hernies.
yre naquit à Arcis-sur-Aube ou dans les environs. Mariée à dix-huit ans, elle devint bientôt veuve et perdit l’usage de la vue par un accident inconnu. Bientôt, elle embrassa le christianisme qui avait déjà fait de grands progrès dans le pays; C est alors qu’elle entendit parler des miracles opérés P^1 1 intercession de saint Savinien. La violence de la persécution exercée à Rilly où il avait souffert le martyre, en dispersant les fidèles, avait fait oublier l’endroit précis où reposait le corps du Saint. Pleine de confiance aux mérites de saint Savinien, Syre, guidée seulement par un enfant de dix à douze ans, se mit en route en adressant à îeu es plus ferventes- prières, elle s’arrêta en un lieu semé de gazon où elle recouvra subitement la lumière. On fouilla la terre et on découvrit
HUIT JUIN, SAINT MÉDARD
bientôt le corps du Saint dans un parfait état de conservation. Une église fut élevée sur le lieu de la sépulture de saint Savinien, et, par reconnaissance, Syre se consacra au service de Dieu et à la garde du tombeau. Elle était aveugle depuis quarante ans, quand elle futguérie de sa cécité et mourut huit ou dix ans après. Un grand nombre de guérisons miraculeuses éclatèrent également au tombeau de sainte Syre, et sa puissance se manifesta surtout en faveur des personnes tourmentées de la Pierre, de ia Gravelle et de celles atteintes de Hernies. En 1539, Gaspard de Goligny, parent de l’amiral, fut miraculeusement guéri par l’intercession de ia Sainte.
Dans un ancien manuscritcité parles Bollandistes (page 63, IIe volume juin), on trouve ces vers :
Regia Campants celebrata est S y ni a terris Cujusquisque piam percipit œger opem. Linquil aiienosos per te gravis hernia renes, Sanatur meritis fractio quœque luis.
Talibus, oro, meam serves cruciatibus alvum : Credimus, es, tanti vera medela mali.
Ora pro nobis summum pia Syria regem Ut scrupulo curel viscera nostra gravi.
La royale Syre dont chaque malade ressent le secours pieux est célèbre dans toutes plaines de la Champagne. Par son secours, la pesante Hernie abandonne les lteins chargés de graviers. Toute fracture est guérie par ses mérites Préservez, je vous en conjure, mes entrailles de toute douleur. Nous avons la confiance que vous ôtes le vrai remède à un si grand mal. Priez pour nous, pieuse Syre, le roi du ciel, afin qu’il guérisse nos organes de la Pierre.
En 1533, un autre poète avait déjà écrit ces paroles (1) :
Et memement madame Saincte Syre Est près de là qui tant faict par vrai dire Signes patents qu’on voit ung chaque jour Miracles faicts dont ont eu doulx séjour
Enfin dans un livre d’heures adressée à sainte Syre :
O glorieuse dame pucelle...
Dévotement je te requier De cœur enclin et te supplie Qu’il te plaise de nettoyer Mon corps de toute maladie.
Gens graveleux, rompus et de la Pierre Qui de maints lieu,x y vont pour la requerre. Brief ung chacun y trouve allégement Comme l’on voit. Qui le dit point ne ment.
(Gothique français), on trouve cette prière
Par les vertuz et sainctetez,
Des reins pierres grosses et dures Sont boutez hors et degeltez...
Et gravelle pareillement.
( Les Bollandistes. — L’Abbé E. Defer. — Saints de Troyes ).