ÉVÊQUE DE CLERMONT (AUVERGNE
VIIe ET VIII” SIÈCLE. — 719.
Patron de« Potiers. — Invoqué contre la Goutte et la Paralysie.
onet, né en Auvergne de parents illustres par leur piété et leur noblesse, viïit à la cour de Sigebert II après la mort de son pèreThéodat. Là, s’étant fait connaître par toutes les qualités requises pour un administrateur et un homme d Etat, il devint chancelier du royaume, puis gouverneur de Provence
ou de Marseille. Pendant que dans ces hautes fonctions
il faisait marcher de pair la justice et la religion, il se vit appelé, par le suffrage universel des populations, à l’évêché de Clermont, pour lequel saint Avit, son frère aîné, alors évêque titulaire, vieux et accablé d’infirmités, Pavait proposé. Bonet, sur le trône épiscopal, se distingua par les vertus les plus austères et les miracles les plus éclatants. Une grande sécheresse désolait tout le pays. Il ordonna un jeûne et une procession et il tomba des torrents de pluie. Une femme bretonne, en invoquant Dieu par les mérites du saint, se trouva délivrée, sans sortir de son pays, de la cécité, de la paralysie d’un bras et de l'impuissance de marcher.
Cette guérison de paralysie , ainsi qu’une autre opérée le jour de sa mort par le contact de son cercueil , a sans doute donné lieu à V invocation contre cette affection. S’étant retiré la veille de la fête de l’Assomption dans l’église Saint-Michel, il entendit tout à coup des chants merveilleux et il vit apparaître la Reine des Cieux , accompagnée de deux légions d’anges et de saintes âmes. Comme les anges s’informaient les uns les autres qui serait l’officiant, la sainte Vierge répondit que son serviteur Bonet n’était pas loin. A ces mots, le saint se serra contre un pilier qui s’amollit et garda l’empreinte de son corps ; mais les anges le prenant par la main, le conduisirent à l’autel. Après qu’il eût été revêtu des ornements pontificaux et qu’il eût célébré les saints mystères, la sainte Vierge lui fit présent de la chasuble dont il s’était servi. Cette chasuble fut conservée à Clermont jusqu’en 1793, époque à laquelle elle fut brûlée. Depuis dix ans qu’il était évêque de Clermont, il se reprochait d’avoir été élevé sur la chaire de son frère à la sollicitation de ce dernier, ce qu’il regardait comme constituant une sorte d’hérédité dans les charges ecclésiastiques, défendue par les saints canons. Après avoir pris l’avis de sabit Thillon, à Solignac, il se démit de son évêché et se retira à l’abbaye de Manlieu, où il passa plusieurs années dans les pratiques de la plus austère pénitence. Au retour d’un pèlerinage à Rome, il lut pris à Lyon d’un accès de goutte qui l’emporta le 15 janvier 710. C’est là l’origine de l’invocation qui lui est adressée contre là goutte. Le P. Cahier ( Caractéristique des Saints , p. 603), dit que le patronage des Potiers vient peut-être d’un vase où le saint s’était lavé les mains et qu’on conservait à Clermont.
(Surius. — Bollandistes. — L’année bénédictine. — Les Petits Bollan distes).