SAINT ODILON (ODILO) (*) ABBÉ DE CLUNY
Xe ET XI“ SIÈCLE. — 962-1049
Contre la Jaunisse. — Pour les âmes du Purgatoire.
erald, son père, surnommé Le Grand à cause de ses grandes vertus, appartenait à l’Auvergne et était le seigneur de Mercœur. Sa mère s’appelait Gerberge et se fit religieuse à Saint-Jean d’Autun, après la mort de son mari. Odilon, étant encore enfant sous la garde de sa nourrice, fut
entièrement perclus de ses membres. Cette femme l’avait
déposé, pour quelques instants, à la porte de l’église de Notre-Dame du Puy. Le petit Odilon , se voyant seul, fit si bien de ses pieds et de ses mains qu’il finit par se rouler jusqu’au pied de l’Autel. Au moment où il put en saisir le parement, par une assistance miraculeuse de la Sainte Vierge, il parvint à se dresser sur ses pieds : ses membres se dénouèrent subitement et sa nourrice le retrouva complètement guéri.
Aussitôt que l’âge le lui permit, il se fit prêtre ; puis il demanda à être admis parmi les Religieux de Saint Benoît à Gluny. Ce fut saint Mayeul, troisième Abbé de l’ordre, qui présida à sa réception. Bientôt notre nouveau moine acquit un tel degré d’avancement dans toutes les vertus, que saint Mayeul avant de mourir à Souvigny en Bourbonnais, où il se trouvait accidentellement , l’an 993 , le désigna pour son successeur, bien qu’il n’eut encore que 31 ans d’âge et quatre années de profession.
Il serait trop long d’exposer l’agrandissement merveilleux qu’il imprima au saint ordre dont il était l’abbé général, sa dévotion envers le Saint Sacrifice de la Messe, son affection pour la Sainte Vierge, les trésors inépuisables de sa charité qu’il prodigua surtout pendant la famine de 1016, en vendant les vases sacrés et les ornements précieux de son Église, et même la couronne impériale que saint Henri, IIe du nom et empereur, lui avait envoyée comme un témoignage de sa vénération et de son attachement. Nous n’entreprendrons également pas de décrire tous les miracles et tous les prodiges qu’il opéra en faveur de ceux qu’il voyait dans la misère, nous n’en citerons que deux qui rappellent la multiplication des pains par Notre Seigneur Jésus-Christ. Un grand nombre de religieux était venu de loin pour recevoir la bénédiction de leur abbé ; au milieu des entretiens qui avaient stimulé leur piété, le
(1) Alias Odile (Odilus, Odo).