VINGT-ET-UN JUIN, SAINT LOUIS DE GONZAGUE
attendant qu'il fût en âge de la mettre en pratique, il ajouta àl’abstinence la discipline jusqu’au sang. Pour coucher sur la dure, il glissait une planche dans son lit et, au lieu de cilice, il mettait ses éperons sous sa chemise pour en être piqué à tout moment.
Quand il se vit à l’âge de seize ans, il eut recours à la sainte Vierge, afin d’apprendre ce que Dieu demandait de lui. Une voix miraculeuse lui dit distinctement qu’il devait entrer dans la Compagnie de Jésus. C’est là, sans nul doute, l’origine de l’invocation qu’on lui adresse quand il s’agit de choisir un état.
Malgré l’opposition de son père qui, cependant, finit par céder, il n'avait pas encore dix-huit ans quand il entra au Noviciat de la Compagnie de Jésus, à Saint- André, l'an 1585, le jour de la fête de sainte Catherine d’Alexandrie, martyre, qu’il prit, à cause de cela, pour sa patronne le reste de sa vie. Dans cette nouvelle position, il l’emporta sur tous les autres par sa modestie, sa sobriété, sa mortification, son humilité, son affabilité, sa douceur et son obéissance. Il avait la vue si retenue, qu’après trois mois de noviciat , il ne savait pas encore comment étaient disposées les tables du réfectoire.
Il eut un jour un grand scrupule, pensant avoir légèrement jeté les yeux de côté pour voir ce que faisait un frère qui était assis à table auprès de lui. Il avoua au maître des Novices que c’était la première fois que cela lui arrivait. Il gardait un silence presque continuel et ses oreilles n étaient jamais ouvertes aux nouvelles du monde ni aux choses inutiles. 11 était ravi quand on l’envoyait demander l’aumône dans les rues de Rome, mal vêtu et la besace sur le dos.
Il était tellement maître de son imagination qu’il avoua un jour que, pendant l’espace de dix mois, toutes ses distractions n'avaient pas duré le temps d’un Ave Maria. Il pratiquait l’esprit de mortification et d'humilité avec tant de vigueur qu’il ne voulut jamais souffrir que sous prétexte de ses maladies et de ses faiblesses, on le dispensât de la vie commune, soit pour la nourriture, soit pour sa chambre, soit pour ses habits.. En 1591, la ville de Rome était affligée de la Peste. A force d’importunités, il obtint de ses supérieurs de soigner les pestiférés. Ayant été bientôt saisi du même mal, il rendit son âme à Dieu le 20 juin 1591, a 1 âge de vingt-deux ans.
L i invocation qui lui est adressée contre la Peste n’a pas besoin d’autre explication.
Dans le chapitre XII des Miracles de saint Louis de Gonzague relatés par les Bollandistes, on lit : Prœsertim in curalione oculorum ( principalement pour la guérison des yeux). Effectivement, on cite un grand nomnre de cures merveilleuses opérées sur ces organes par l’application de 1 huile que l’on faisait brûler en l’honneur du saint, baint Louis ; de Gonzague fut béatifié par Grégoire XY et fut
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