SIX JUILLET, SAINTE GODELIVE
noms de son père et de sa mère, et immédiatement 1 enfant, étendant sa main du côté de l’évêque, s’écria : « L’évêque Rustique est mon père et « Flavie est ma mère. » Rustique, couvert de honte et de confusion, se jeta aux pieds de saint Goar, en implorant son pardon. Le Saint, touché de son repentir, s’offrit à faire sept années de pénitence pour lui.
Sigebert, fils de Clotaire Ier et roi d’Austrasie, ayant appris ce qui s’était passé, aurait voulu remplacer Rustique par saint Goar ; mais lui, se retirant dans sa cellule après avoir invoqué le Saint Esprit et surtout après avoir beaucoup prié, fut saisi d’une Fièvre violente qui dura sept ans sans qu’il pût sortir de sa cellule, ce qui lui permit à la fois de refuser l’évêché de Trêves et de faire pour son évêque sept années de pénitence. Peu de temps après, saint Goar rendit son âme à Dieu et fut enterré dans la petite chapelle qu’il avait bâtie. Pépin-le-Bref, père de Charlemagne, en fit élever une plus belle dans laquelle on transporta ses reliques. D’après le Dictionnaire des Pèlerinages, Charlemagne, en passant par la ville (aujourd’hui Saint-Goar ou Saint-Gower en Prusse, dans la province rhénane), ne manquait pas de se rendre à cette église et, suivant l’usage de tous les pèlerins, d’introduire sa tête dans le collier de fer qui entourait le cou du Saint. Charles-Quintà son retour de Pavie, l’imita et revint même exprès sur ses pas pour accomplir ce pieux acte de dévotion qu’il avait failli oublier.
Le patronage des Potiers tire son origine de la petite cruche dont il a été question plus haut, ou peut-être du miracle suivant mentionné par Surius. Des Potiers conduisaient dans une barque sur le Rhin une cargaison de poteries. Arrivée à hauteur du monastère de Saint-Goar, une pieuse femme, qui se trouvait à bord avec son enfant, demanda aux bateliers delà débarquer, afin qu’elle pût faire sa prière dans l’église. Après avoir reçu d’eux la promesse de l’attendre, elle descendit à terre en laissant son enfant dans la barque ; mais les Potiers, sans tenir compte de leur promesse, poursuivirent leur traversée, abandonnant cette pauvre femme et emmenant son enfant. La vengeance divine ne se fit pas attendre longtemps. Pendant qu’ils naviguaient, leur barque vint se heurter contre des rochers à fleur d’eau et se brisa à cent pas environ de l’église de Saint-Goar. La pauvre femme avait terminé sa prière, apercevant les vases de terre surnageant sur le fleuve, elle pensa que la barque avait sombré avec ceux qui la conduisaient. Justement inquiète pour son fils, elle regardait avec effroi en pleurant le courant qui emportait toute la cargaison, quand tout à coup elle aperçut son fils que les eaux entraînaient, couché sur le dos. Bien qu’elle ne sût pas nager, elle se précipita au milieu du courant et le ramena sain et sauf sur le rivage.
[D’après sa vie écrite en 850, par Wandelbert, moine de Pruny. — Surius. — Le Père Giry).
SAINTE GODELIVE OU GODELEINE (GODELIVA), MARTYRE
xii» siècle. — 1049-1070.
Invoquée contre les Maux de gorge et la Fièvre.
Godelive était née dans le Boulonnais de parents nobles. Dès sa plus tendre enfance, elle justifiait pleinement la signification de son nom qui,