‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vieChapitre 14 sur 724 · SIX JUILLET, SAINTE GODELIVE · texte numérisé non relu

SIX JUILLET, SAINTE GODELIVE

en tangue flamande, veut dire Ami de Dieu (1). Quand elle eut atteint l age de dix-huit ans, elle fut très recherchée à cause de ses vertus et de sa beauté remarquable. Malgré son désir de se consacrer entièrement à Dieu, elle finit par céder aux instances de ses parents et par épouser Beitolf, seigneur de Ghistelles, en Flandre. A peine arrivée dans le manoir de son mari, elle se trouva face à face avec une atroce bellemère, véritable mégère qui la prit immédiatement en horreur et, le diable aidant, fit passer dans le cœur de son fils les mêmes sentiments de îépulsion contre sa malheureuse femme. Dès ce moment, sa vie ne fut plus qu un long martyre. On ne lui épargnait ni les injures ni les mauvais traitements. On l’avait reléguée dans un coin obscur du château. On ne lui donnait que du pain à manger et encore elle trouvait le moyen de le partager avec les pauvres. Des personnes indignées de la conduite de Bertolf fournirent à Godelive les moyens de s’évader et de retourner chez ses parents. Bon père porta plainte devant Beaudoin, comte de Flandre, qui, de concert avec l’évêque de Tournay et do Noyon, enjoignit à Bertolf de recevoir son épouse et de la traiter avec tous les égards dus à sa qualité et à son rang. La pauvre Godelive dut se résigner à retourner à Ghistelles. Son mari s’était soumis en apparence ; mais bientôt, excité par sa mère et par ses propres passions, il la fit étrangler secrètement. Les bourreaux, leur crime consommé, plongèrent la tête de la martyre dans un puits, afin d’étouffer le reste de vie qui aurait pu encore persister après la strangulation. Le sol sur lequel le meurtre avait été commis en 1034 devint blanc comme de l’albâtre. Bertolf se remaria bientôt et eut de sa seconde femme une petite fille aveugle qui se trouva guérie après avoir mouillé ses yeux avec de l’eau du puits dans lequel la tête sanglante de Godelive avait été plongée. Vaincu par ses remords, quand Bertolf connut ce miracle, il s’imposa plusieurs sévères pénitences et finit par entrer dans le monastère de Winnoc.

Molanus raconte que les Fiévreux, qui boivent de cette même eau, sont ordinairement guéris. Les Bollandistes citent également le puits miraculeux de Ghistelles (vol. II de juillet, p. 443, C) ; ils mentionnent entre autres la guérison de Marie-Madeleine le Man de Tournay qui avait une Fièvre continuelle et des Maux de gorge si violents qu’elle ne pouvait ni parler ni manger.

Sainte Godelive est représentée une corde à la main , probablement en souvenir du genre de mort qu’on lui fit souffrir et qui, évidemment, est l’origine de l’invocation qu’on lui adresse contre les Maux de gorge et les Esquinancies.

(Molanus. — L'abbé Destombes).

God Dieu, Lief amie.

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