PRIÈRE CATALANE
ORACIO.
O Deu clementissim, que per midi de un angel donareu al benaventurat sont Roch, una taula ; Dient, que cualsevol que, de cor lo invocara. sera desllivrat de Pestilencia ; vos suplico que, lots los que recorrem a son amparo siam ilesllivrats detot contagi de cos y anima per la sua intercessio, y per los merils de Jesucrist noslre Senyor. Amen.
PRIÈRE
O Dieu très clément, qui, par l’intermédiaire d’un ange, avez donné au bienheureux saint lloch une lablette sur laquelle il est dit : « Que • quiconque l’invoquera de cœur sera délivré « de la Peste » ; je vous supplis que tous ceux qui auront recours à sa protection soient délivrés de toute contagion du corps et de l'âme par son intercession et par les mérites de Jésus-Christ, notre Seigneur.
SEIZE AOUT, SAINT ROCH
A Montluçon (diocèse de Moulins), auprès de la porte Saint-Pierre, on lit cette inscription :
Vous qui craignez la Peste et ses mortels eftets Allez prier saint Roch, vous ne l’aurez jamais.
Par analogie avec la Peste, on a invoqué saint Roch contre toutes les Contagions et toutes les Epidémies. D’après l’abbé Corblet, vol. iv, p. 598, « le culte de saint Roch fut ravivé en Picardie en 1832, à Pépoque du Choléra. La chapelle qui lui est dédiée dans, la cathédrale d’Amiens, fut très fréquentée pendant cinq à six mois. Les paroisses de la ville s’y rendaient processionnellement. Beaucoup d’autels, de bannières, de statues qu’on voit dans les églises de Picardie remontent à cette époque.
A Airaines, dans le diocèse d’Amiens, existe une confrérie de saint Roch, de temps immémorial. Particularité unique dans ces contrées, continue l’abbé Corblet, les Airainois s’v associent le jour de leur première communion. Ce sont des membres de la confrérie qui portent les morts à leur dernière demeure. Ils sont désignés tous les deux ans pour faire ce service. Saint Roch favorise particulièrement son peuple d’Airaines. Il l’a bien montré en 1871 où la Petite Vérole, avec tous les caractères d’une vraie Peste, n’a cessé de remplir de deuil toutes les localités des environs pendant plus de huit mois. La petite ville d 'Airaines, malgré les émotions et les souffrances d’une longue occupation des Prussiens, malgré le contact de plusieurs malades, atteints du mal terrible et apportés du dehors dans son hôpital, a été complètement préservée... »
On l’a également invoqué contre la Râche, Maladie contagieuse des enfants, dont le principal caractère est d’avoir à la tête des pustules noueuses et purulentes.
On s’est également adressé à lui contre les Maladies des Bestiaux, qui deviennent bien souvent contagieuses etsontune cause de véritable ruine pour les campagnes.
D’après l'abbé Dumieux , p. 237, le jour de la fête du Saint, après la messe célébrée en son honneur, le prêtre bénit la nouvelle Herbe de saint Roch. Cette herbe est composée de la Menthe Pouliot ( Menta Pulegium ), de l’Inule pulicaire ( Inula Pulicaria) et de l’Inule dyssentérique [Inula Dyssenterica ), plantes à odeur forte et pénétrante. Elles sont ensuite placées dans chaque étable des domaines comme préservatif contre les Maladies des Bestiaux.
Les Chirurgiens, les Médecins et les Apothicaires devaient naturellement se mettre sous le patronage d’un Saint qui, avec un seul signe de croix, guérissait la Peste, ce mal terrible et incurable contre lequel ils ne sauraient prescrire ni appliquer aucun remède.
Après avoir invoqué saint Roch contre les Epidémies et les Contagions, les populations se sont mises également sous sa protection dans les autres Calamités publiques.
) Les confréries pour assister aux inhumations et pour porter les morts, s’étant surtout rappelées que, non seulement notre Saint soignait les Pestiférés, mais qu’ti les ensevelissait et les portait en terre au péril de sa vie, l’ont pris aussi pour patron.
Saint Roch est souvent représenté ayant à côté de lui le chien qui lui apportait du pain dans la forêt, et qui tient ce pain dans la gueule. A la
SEIZE AOUT, SAINT ROCH.Î
fin du XVe et au commencement du XVI0 siècle, on le représente aussi assisté par un ange. Cet ange tient une boîte d’onguent dans la main gauche et s’apprête, avec la droite, à panser une plaie qui apparaît sur le genou du Saint. C’est là le motif de l’invocation contre les Maux de genoux. Le Saint porte également des chausses qui, sous Charles VIII, étaient une espèce de pantalon à pieds, collant. Ces chausses sont déchirées au genou pour laisser voir la plaie dont nous venons de parler. C’est là probablement l’origine du patronage des Raccoutreurs de bas. Celui des Carriers repose sur le nom du Saint dépouillé de h qui le termine. Ils se trouvent alors en face du Roc dont ils tirent les Pavés que les Paveurs posent dans nos rues, et les Pierres que les Tailleurs de pierre disposent pour les murs de nos habitations. C’est sur ce calembour que ces trois corps de métier appuient le recours adressé à saint Rock.
Quant aux autres patronages, aucun acte de la vie du Saint ne saurait les justifier ; mais cinquante ou soixante pestes ^1), toutes très meurtrières, essuyées depuis celles de 1342, qui dévasta le monde, jusqu’à celle de 1720 et 1721, qui fut la dernière dans nos contrées, avaient répandu tant d’éclat sur son nom qu’il n’est pas étonnant que quelques professions se soient rangées sous sa protection sans aucun motif appréciable.
Saint Roch délivra les Marseillais atteints de la peste en 1720. Ils composèrent ces strophes après leur délivrance.