‹ Les Saints patrons des corporations et protecteurs spécialement invoques dans les maladies et dans les circonstances critique de la vieChapitre 247 sur 724 · SAINT MARIN, TAILLEUR DE PIERRES, DIACRE ET SOLITAIRE · texte numérisé non relu

SAINT MARIN, TAILLEUR DE PIERRES, DIACRE ET SOLITAIRE

ive siècle. — 359

Patron des Tailleurs de pierres.

arin, né dans la ville d’Arbe en Dalrnatie, exerçait la profession de tailleur de pierres ; quand il apprit qu’il était question de rebâtir la ville de Rimini en Italie , il abandonna son pays avec un de ses confrères du nom de Léon, pour prendre part aux travaux qui étaient déjà commencés. A leur arrivée, ils remarquèrent que les conducteurs de ces travaux, en haine de la foi chrétienne, avaient condamné un certain nombre des premières familles du pays à exécuter des constructions qui étaient au-dessus de leurs forces. Marin et Léon les aidaient à remplir les tâches qui leur étaient imposées. Marin môme acheta un âne pour traîner les plus lourds fardeaux.

Léon se retira, après quelque temps, sur le mont P'élician, où il mena une vie solitaire. Marin resta jusqu’à la fin des travaux et, comme il convertissait beaucoup d’idolâtres, une femme de Dalrnatie à l’instigation du diable, voulut l’obliger à l’épouser. Marin s’empressa de la fuir, en se réfugiant sur le Mont Titan, dans une caverne où il ne vécut, pendant une année entière, que d’herbes sauvages et de l’eau qui sortait de la roche.

Au bout de ce temps, Dieu permit qu’il fut découvert et reconnu par des bergers ; aussitôt la femme qui le poursuivait, recommença ses obsessions. Marin , pensant qu’elle était réellement possédée du démon, fit sur elle le signe de la croix et, après six jours de prières, obtint sa délivrance.

Il fut alors ordonné diacre par l’évôque de Rimini, puis il retourna dans sa grotte, située sur une montagne aride ; néanmoins, la riche veuve Félicissima, à laquelle cette grotte appartenait, trouvant très inopportun l’ermitage qu’il avait bâti au milieu de ces rochers, lui fit notifier de l’abandonner ; le bon Dieu en avait décidé autrement. En effet, le fils unique de Félicissima fut atteint d’une maladie très grave et malgré la haine qu’elle avait vouée aux chrétiens, elle conjura Marin de le rendre à la santé, ce qu’il obtint par ses prières. Dès lors, Félicissima abjura ses erreurs, se fit chrétienne avec son fils, et donna la montagne qui devint l’emplacement de la petite République de San Marino, fondée par notre Saint. Bientôt, les chrétiens fugitifs accoururent vers cette montagne écartée, au sommet de laquelle Marin planta une grande croix avec le mot Libertas au-dessous. Ils formèrent, sous son égide, cette République qui, du IVe au Xe siècle, resta intacte au milieu de tous les ébranlements subis par l’Italie ; elle se défendit au Xe siècle contre les Normands, et fut respectée par Napoléon Ior, lorsqu’il renversa tous les trônes de l’Italie. Aujourd hui, elle a 62 kilomètres carrés de superficie ; 8.000 habitants, 8 paroisses et un grand Conseil, qui la gouverne.

Saint Marin rendit son âme à Dieu, le 4 septembre 359, son corps fut

QUATRE SEPTEMBRE, SAINTE ROSALIE. Zi I

enterré dans sa cellule, à l’endroit même où s’élève aujourd hui la ville

de San Marino. ,

Dans la cathédrale, il est représenté, le symbole de la Trinité sur la poitrine, montrant les trois tours de la puissance, et la devise Libertas, qui est demeurée celle de la République de Saint-Marin.

On le représente, plus ordinairement, avec les instruments de sa profession, ou bien encore forçant un ours à faire le service de son âne que cette bête féroce avait dévoré.

(Ribadaneira. — Le Journal le Pèlerin .)

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