SAINTE ROSALIE, VIERGE DE PALERME
Xll° SIÈCLE. — H60
Invoquée contre la Peste.
Rosalie, issue d’une famille très noble de Palerme, encore très jeune, échangea le bien-être et les richesses de la maison paternelle pour les aspérités d’un rocher, et descendit vaillamment dans une grotte qui n’avait qu’une entrée étroite, située dans la partie supérieure. Elle grava elle-même sur le roc cette inscription :
Ego Rosalia Sinibaldi Quisquinœ et Rosarum Domini {ilia, amore Domini met Jesu Christi in hoc anlro habilare decrevi.
Moi, Rosalie, fille de Sinibaldo, seigneur de Quisquina et dos Roses, j’ai résolu d’habiter dans cet antre, par amour pour Jésus- Christ, mon Seigneur.
Avertie par les anges qu’elle serait infailliblement découverte par sa famille, elle dut chercher un autre asile sur le Mont Pellegrino. D’après les Bollandistes, sa nouvelle grotte avait une ouverture à peine suffisante pour passer, et le sol y était tellement boueux que la Sainte trouva difficilement un coin pour se reposer sans être mouillée ; la voûte était très basse, ce qui l’obligeait à rester presque toujours courbée. Elle passa cependant dix-huit années dans cette affreuse retraite, n’ayant pour toute nourriture que des herbes et des glands, puis elle s’endormit dans le Seigneur, le 4 septembre 1160. Après sa mort, son corps ne fut pas retrouvé; une tradition du peuple de Palerme prétendait qu’on ne le découvrirait que si la ville devenait menacée d’une grande calamité. Effectivement, en 1625, la peste éclala, elle décimait les populations, lorsqu’on retrouva miraculeusement les reliques de sainte Rosalie. On les exposa publiquement, on les porta même en procession et le fléau disparut subitement. C’est à cet éclatant miracle qu’il faut attribuer l’origine de l’invocation qui lui est adressée contre la peste.
Son culte se répandit rapidement dans toute l’Europe et même en Afrique.
A Moulins (Allier), d’après l'abbé Berthoumieu, on avait une grande dévotion pour sainte Rosalie. Le 14 novembre 1630, le corps municipal de la ville, ayant appris que, par l’intercession de la Sainte, plusieurs provinces de l’Italie ravagées par la peste en avaient été délivrées, et que la ville de Thiers, en Auvergne, avait vu le fléau disparaître après les prières publiques à elle adressées, décréta que, puisqu’on possédait à Moulins des parcelles de ses reliques, on ferait en son honneur, pour être préservé du mal, une neuvaine de prières et de processions ; on s engagea aussi a assister, le 14 juillet de chaque année, à une procession générale autour de la ville.
Dans le Dan Pleine Baum gartlein (1), on trouve cette prière adressée à sainte Rosalie contre la peste et contre la mort subite :
O Heilige Jungfrau t erlange mir die Gnad O sainte Vierge Rosalie, obtenez-moi la damit ich ohne Pestilknts auchs vor allen grâce, que ma vie soit préservée de la jieste, gaken Todl sicher leben moge. et que je no meure point de mort subite.
Un cantique Castillan (Gozos) signale aussi l'invocation contre la Peste :
Pues sois la rosa y clavel Del jardin Palermitano :
Contra la peste cruel Dad nos Rosalia la mono.
Puisque vous êtes la rose et l’œillet du jardin de Palermc, contre la peste cruelle, donnez-nous la main, Rosalie.
Sainte Rosalie est représentée écrivant dans sa grotte l’inscription cidessus, ou bien à genoux devant la Sainte Vierge, portant l’enfant Jésus, qui pose sur la tête de la Sainte une couronne de roses, symbole de sa virginité.
( Ilagiologium italicum. — Petits Bollandisles.)