SIX OCTOBRE, SAINTE FOY
A cette époque, il fut enlevé furtivement et porté à Conques, dout Pabbaye fut placée dès lors sous le vocable de la Sainte. D'après M. Alfred Darcel, le trésor de Conques possède une ceinture qui serait en grande partie du XIII0 siècle et porterait, à son extrémité, la boucle sans ardillon de la ceinture primitive, a Cette ceinture, toujours d’après le même auteur, possède, dit-on, les vertus miraculeuses attribuées d’ordinaire aux reliques des saintes martyrisées pour avoir défendu leur virginité, procure la Maternité et des Couches heureuses aux femmes qui la ceignent, tandis qu’on récite certaines oraisons. Cette croyance s’est perpétuée depuis les temps carolingiens. On trouve en effet dans la Chronique de Conques , qu’avant le règne de Lothaire (954), un certain Hugues de Balnes et Angiarde, sa femme, donnèrent deux villages au monastère de Sainte-Foy , afin d’obtenir un enfant légitime par l’intercession de la Sainte (1). » D’après un cantique écrit au XIe siècle en langue d’oc (2), Alfonse ou Delfonse, femme de Guillaume, duc de Toulouse, successeur de Pons II (commencement du XIe siècle), après avoir invoqué la Sainte, aurait obtenu par son intercession deux enfants Raymond et Henri. Les Bollandistes (octobre, 3e vol., p. 326) citent le même fait, seulement ils nomment la femme de Guillaume comte de Toulouse : Arsende ou Arsinde.
Le trésor de Conques possède deux statues de sainte Foy , l’une debout, en argent, est du XV0 siècle et a 0m45, l’autre en or repoussé, plus grande quoique assise, a 0m85. Elle date de l’époque de la translation du corps de sainte Foy d’Agen à Conques, sous Charles-le-Chauve (IXe siècle) ; plusieurs parties de l’ornementation ont été néanmoins modifiées ou ajoutées depuis cette époque jusqu’au XVI0 siècle inclusivement.
En février 1878, on a retrouvé dans l’intérieur de cette statue le crâne de la Sainte, comme le mentionne Mgr Bonnet, évêque de Rodez, dans un mandement de cette même année. « ...Depuis le onzième siècle, peut- « être, ce que cette statue recélait dans ses flancs n’avait pas été vérifié. « Quels n’ont pas été notre émotion et notre bonheur, lorsqu’au mois de « février dernier nous avons retrouvé le crâne entier de la sainte, doublé « d’argent, avec de nombreux ossements qui provenaient de son chef « virginal et une partie des matières spongieuses qui avaient été imbi- « bées de son sang ! »
Nous avons dit plus haut que le culte de sainte Foy s’était étendu en Normandie ; c’est probablement à cette circonstance qu’est dû le patronage réclamé par les Peigners , les Cornettiers et les Tablettiers de la ville de Rouen.
(Alfred Darcel. — • Annales archéologiques, vol. xv, xvi, xx et xxi. Dictionnaire de légendes, collection Migne).
(L • .--Ut Deus omnipoten et beatissima sancta fides do net mita mfantem Ugitmum de ixore mea Anyiardi (Liber admirabilis). * (Bibl. imp., 143, i4A).
(2) cité par C*tbl. Histoire des comtes de Tolose, Pierre Bosc (1023), in-fol., p. 104.
SIX OCTOBIiE, SAINT BRUNO.