SEPT DÉCEMBRE, SAINT AMBROISE
le parti de s’enfuir ; mais après avoir marché toute la nuit dans la direction de Pavie, il se trouva, au point du jour, à une des portes de Milan. Les desseins de Dieu étaient évidents et il comprit qu’il fallait se soumettre à sa volonté.
Le premier acte d’Ambroise, lorsqu'il eut pris possession de son siège, fut de distribuer aux pauvres tout son or et tout son argent ; il apparut aux yeux de tous comme un miroir de sainteté, dit Ribadaneira.
Après avoir gouverné son église pendant quelques années, il crut devoir aller a Rome, puis revint à Milan où il rencontra l’opposition la plus vive de la part des ariens qui étaient très nombreux et qui s’appuyaient sur Valentinien II et sur sa mère Justine.
Ceux-ci, à la vue de la grande influence d’.4mb?-oise sur le peuple, jugeant qu ils ne pourraient jamais rien effectuer pour l’avancement de la secte, tant qu’il demeurerait à Milan, voulurent le faire enlever pour le conduire en exil ; leur projet échoua honteusement. Ils suscitèrent alors, contre lui, un misérable qui vint pour assassiner le saint évêque ; mais à peine fut-il devant lui, que tout à coup sa main se sécha, son bras s’engourdit et il se jeta aux pieds d’Ambroise en lui demandant pardon.
Après la victoire remportée par Théodose sur l’armée de Maxime, Ambroise retrouva un peu de calme ; le nouvel empereur, en effet, étaitmerveilleusement disposé à respecter les droits de l’Eglise. Bientôt éclatèrent, simultanément à tous les yeux, et l’énergique fermeté de l’évêque et la religieuse soumission de l’empereur. Les habitants de Thessalonique, dans une sédition populaire, avaient tué un officier de Théodose qui, mal conseillé et sous le prétexte spécieux de maintenir son autorité, fit massacrer sept mille hommes en moins de trois heures. Quelques jours après, l’empereur étant venu à l’église, Ambroise se présenta à la porte et lui en défendit l’entrée jusqu’à ce qu'il eut confessé son crime et fait une pénitence publique. Théodose obéit, se retira dans son palais, où, dévoré par le remords, il pleura huit mois entiers. Le jour de Noël étant proche, il revint à la porte de l’Eglise, non pour y pénétrer par violence, mais pour demander pardon et miséricorde. Saint Ambroise, après avoir constaté la sincérité de son repentir et avoir été témoin de sa pénitence publique, lui donna enfin l’absolution.
Ambroise assista à divers conciles, entr’autres à Rome et à Aquilée, où il combattit les hérétiques avec la vigueur qui l’a toujours caractérisé dans tous ses actes. Ribadaneira mentionne la délivrance d'un possédé qu’il accomplit à Florence. Dom Martenne (de Antiquis ecclesiæ Rilibus, 2e vol. 353) cite une formule d’exorcisme composée par lui. La science du saint évêque était aussi profonde que son éloquence était admirable ; les Petits Bollandistes donnent la liste des nombreux écrits qu’il composa.
Saint Ambroise est ordinairement représenté crossé, mitré, avec un livre et près de lui une ruche d'abeilles , dont il a été question plus haut. Au lieu d’une crosse, il est quelquefois armé d’un fouet à nœuds ; ce qui signifie la pénitence infligée à Théodose, ou bien selon d’autres auteurs, les ariens expulsés d’Italie.
Saint Ambroise rendit son âme à Dieu en 397. Son corps fut porté dans sa cathédrale et l'on vit une étoile rayonnante au-dessus de son