SAINTS INNOCENTS
i,r siècle:
Invoqués pour les Enfanta en danger, pour la Conversion des jaloux et des ambitieux. — Patrons des Enfants de chœur et des Enfanta trouvés.
out le monde connaît l’histoire émouvante du massacre ordonné par le roi Hérode, furieux de n’avoir pu trouver à Bethléem, Fenfant annoncé par les Ecritures et que lesmages étaient venus adorer ; saint Joseph et la Vierge l’avaient transporté en Egypte, où sa présence seule portait des fruits de bénédiction et répandait la lumière.
Saint Augustin dit que ces pauvres petits êtres assassinés, à la place de Jésus-Christ, nous prouvent que l'innocence avait le bonheur de mourir pour la justice, et on peut en déduire la pensée que c’était la figure du sacrifice plus héroïque de Notre-Seigneur qui devait compléter, plus tard l’intercession déjà efficace de ces martyrs inconscients.
L’Eglise a toujours célébré la fête des enfants , le jour anniversaire du massacre des Innocents. Au moyen-âge, les enfants de chœur célébraient leur fête d’une singulière façon dans les cathédrales : c’est ce qu’on appelait la fête des Innocents. Aux vêpres de Saint-Jean, quand on chantait le verset du magnificat : deposuit potentes de sede , celui qui régissait l’office, cédait son bâton à un enfant de chœur; ses jeunes collègues échangeaient leurs basses stalles avec les hautes stalles des chanoines. Plus tard, les enfants de chœur élisaient l’un d’entre eux qui prenait le titre d’évêque, portait la crosse et la mitre, conférait des dignités et donnait la bénédiction au peuple. En 1533, nous voyons un chapitre donner une somme de soixante sols pour subvenir aux frais de ces cérémonies. Des abus firent supprimerces coutumes naïves rauXVHl* siècle, on ne conservait plus aux enfants de chœur que le privilège de chanter seuls, à la messe des SS. Innocents, l’antienne : Hi sunt qui cum mulieribus, les plus jeunes d’entre eux battaient la mesure. (Ordinarius Liber du XIIIe siècle, manuscrit de Villemain, p. 310.) A. Gorb. 4, 324.
A la Collégiale de Saint-Furzy, à Péronne, on a conserve la coutume de conduire le plus méritant des enfants de chœur au trône de l’évêque diocésain, tous ses confrères l’escortent, chantent et finissent par recevoir sa bénédiction. ,
A la collégiale de Moulins, d’après les faits consignés par Dom lurpin,dans les registres capitulaires de la dite Eglise,depuis 1397 jusqu’en 1699, on a recueilli la certitude que le jour de la fête des Innocents, le chapitre contribuait aux frais d’un dîner offert aux enfants de chœur en l’honneur du jour considéré comme leur fête. Ils faisaient entr’eux l’élection du plus méritant qu’ils saluaient, en l’appelant : Venerabilis Dominus abbas (Vénérable seigneur abbé.) .
En 1602, le chapitre permit aux enfants de chœur d’occuper les chaises hautes ; les plus grands revêtirent la chape et récitèrent l’office. Il