FIN DU 111° SIÈCLE
Patronne des Archers et des Mariniers.
hristine n'avait que dix ans lorsque, entraînée par son zèle pour le service de Dieu, elle brisa les idoles d or et d argent qui se trouvaient dans la maison de son père et en distribua les morceaux aux pauvres. Celui-ci, païen obstine, et en outre gouverneur de la province, fit sortir sa fille pai ses
- serviteurs et la fit battre de verges, en sa présence, jusqu'à
ce que leurs forces fussent épuisées. Une autre fois, il lui fit déchiqueter la peau avec des griffes de fer, et comme sa chair tombait en lambeaux, les os se trouvaient à découvert ; puis voyant qu’aucune torture ne pouvait faire fléchir le courage tout divin de sa vaillante fille, il commanda de lui attacher au col une meule de moulin et la fit jeter au fond du lac de Bolsène. Il comptait sans les anges qui la soutinrent sur les eaux et la ramenèrent saine et sauve sur le rivage , au grand désespoir de son misérable père ; ce dernier fut trouvé mort dans son palais le lendemain. Un autre préfet nommé Dion lui succéda et fit coucher la sainte dans un gr and berceau de fer plein d’huile et de poix de résine bouillante. Christine fit le signe de la croix et dit à ses bourreaux, sans se troubler davantage, qu’ils la mettaient dans le berceau comme un enfant qui vient d'être régénéré par le baptême. Voyant qu'elle n'éprouvait aucun mal, ils lui coupèrent les cheveux, la dépouillèrent de ses vêtements et la conduisirent au temple d’Apollon. L’idole tomba immédiatement en poussicie dès qu’elle s’en approcha, le préfet Dion fut si épouvanté qu il tomba lui-même raide mort, ce que voyant, trois mille personnes se convertirent à la fois.
Le successeur de Dion fut plus cruel que les deux autres ; il fit entrer Christine dans une fournaise ardente, on l’y laissa cinq jours en entretenant le feu ; la Sainte louait et remerciait Notre Seigneur sans éprouver aucune atteinte. On la ramena encore en prison et l’on jeta sans aucun succès des aspics et des animaux venimeux autour d’elle. On lui coupa la langue, mais elle n’en parlait pas moins et faisait entendre les louanges du Seigneur avec une voix encore plus sonore. De guerre lasse enfin, Dieu permit qu’elle fût attachée à un poteau et percée de flèches. Elle mourut le 24 juillet l’an 300. L’origine du patronage des Archers doit être attribuée au genre de mort qu’elle eut à subir, et celui des Mariniers est évidemment le souvenir de la navigation qu’elle accomplit, une meule attachée au cou, sur le lac de Bolsène avec le secours des Anges.
Un cantique catalan ( Goigs ) fait mention de ce patronage
Palrona de Mariniers .
Son eslada Iota hora Donant lus felis suchces Serviulos de bella aurora Ajudant los tola hora Ab BONANSA, IJ ESTKELLA.
(Ribadaneira) .
Patronne des Mariniers.
Vous avez été prête à toute heure à leur donner un heureux, succès ; soyez leur une lionne aurore, les aidant à toute heure par la Bonace et une heureuse étoile.
VINGT QUATRE JUILLET, SAINTE CHRISTINE DE SAINT-TROND