‹ Les saints stylitesChapitre 11 sur 161 · SYMÉON STYLITE L'ANCIEN AL · texte numérisé non relu

SYMÉON STYLITE L'ANCIEN AL

hypothèse ait quelque vraisemblance, il faudrait être certain que la notice : Antiochia depositio 5. Symeonis confessoris qui in columna stetit, est antérieure à la rédaction de la Vie. Or, rien n'est moins certain. La mention de Syméon Stylite à cette date n’est certainement pas primitive, ni puisée à une source liturgique. Son anniversaire authentique est marqué, on l’a vu, au 27 juillet. Au 5 janvier était indiqué d’abord un autre Syméon, celui qui chanta le Nunc dimittis. Ainsi le manuscrit de Dublin porte simplement Simeonis qui accepit Christum 1, les manuscrits B W font suivre la notice de Syméon de Jérusalem de celle du stylite ; le manuscrit E n’a que cette dernière. L’adjonction de Syméon d’Antioche est un des nombreux cas d’attraction par homonymie signalés dans la recension gallicane du martyrologe hiéronymien. Ce qui suffirait d’ailleurs à montrer que l’auteur de la Vie de Geneviève a connu Syméon Stylite par une autre source que le martyrologe, c’est qu’il fait mention exactement du lieu de ” sa naissance (comparer à Théodoret : ἐν µεθορίῳ τῆς ἡμετέρας καὶ τῆς Κιλίκων χώρας), de l’endroit où s’élevait la colonne, et du nombre d’années qu’il y vécut. Un simple coup d'œil sur le martyrologe ne lui aurait pas appris tant de choses.

Quelle que soit la difficulté de se prononcer sur les écrits qui nous sont parvenus sous le nom de Syméon Stylite, on ne peut les passer sous silence. Ἡ ne suffirait pas, pour les écarter comme apocryphes, de donner cette raison générale que Syméon ne savait pas écrire. Ἡ a pu dicter, il a pu donner l’ordre d'écrire. Mais on a pu également se servir de son nom, voire en abuser comme on a abusé d’autres noms illustres pour recommander des doctrines ou des institutions. Au témoignage de Théodoret, ik arriva au stylite d'envoyer des messages à l’empereur : καὶ ποτὲ μὲν βασιλεῖ περὶ τούτων ἐπιστέλλων J Cela ne suffit pas à établir l'authenticité des lettres qui nous sont parvenues. cu

Les Préceptes et avis ne renferment rien qui soit en contradiction avec ce que nous savons de l'esprit et de la doctrine

1 Anal, Bolland.,t. XXXII, p. 383.

XXII LES SAINTS STYLITES ο

du stylite, et il est possible que ses disciples aient mis en circulation des notes qui sont un écho de son enseignement. Elles sortent du même milieu que la biographie syriaque a]

La correspondance de Syméon comprendrait d’abord les lettres suivantes, conservées dans un manuscrit du VIII /1Xe siècle, l'Addit. 12154 du British Museum :

19 Une lettre adressée à l’empereur Léon ? ;

90 Une lettre à Jacques de Kafar Rechima ;

30 Une lettre à Jacques d’Antioche, à laquelle se rattache

4ο Une lettre d'Alexandre de Mabug et d'André de Samosate à Jean d’Antioche et à Théodoret de Cyr sur Syméon et Jacques de Kafar Rechima à.

La première et la quatrième de ces pièces se lisent également dans un autre manuscrit du British Museum, l’Add. 12155, du VILLE siècle.

Deux lettres de Syméon, à l’empereur Léon sont simplement mentionnées par Évagrius, qui transcrit une partie du texte d’une lettre du stylite à Basile évêque d’Antioche *.

Pour compléter cette énumération nous citero ns encore les lettres suivantes adressées à Syméon : Θεῖον γράµµα de l’empereur Théodose II πρὸς τὸν µακάριον Συμεῶνα τὸν στυλίτην 5, en faisant remarquer que c’est là la leçon d’un seul manuscrit ; un autre porte : πρὸς ᾽ Ακάκιον ἐπίσκοπον Βερροίας, puis une odxoa du même empereur πρὸς ᾽Ακάκιον τὸν τῆς Βερροιαίων καὶ Συμεῶνα τὸν ᾽ Αντιοχείας ἀναχωρητὴν καὶ ἄλλας ἐπαοχίας ἰδίᾳ ἑκάστη δ.

L'époque troublée qui a laissé son empreinte sur les lettres attribuées à Syméon commande la plus grande réserve, et il serait peu judicieux de les appeler en témoignage dans le débat où l’orthodoxie de Syméon serait en jeu 7. Il est évi-

LPlus haut, ps vi: Vie syr., ο. 120.

3 La lettre à l’empereur Léon se lit aussi dans la chronique de Michel le Syrien, CHABOT, t. 1], p. 216. ε

5 Traduites en allemand par HILGENFELD, dans LIETZMANN, ἰ. ς., p. 188-92.

a Hist.eccl 11,210:

δΜΑΝΣΙ, Concilia, t. V, p. 281

6 MANSi, 1. c. :

Ἰ Μ. LiETZMANN admet que Syméon adhéra aux doctrines de Chalcédoine. M.J. LEBON, dans Revue d'histoire ecclésiastique, t. ΙΧ (1910), p. 773, soulève des objections que nous croyons peu fondées.

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