LA VIE DE S. DANIEL LE STYLITE XLIIT
λιμένος περιχωρεῖ, ὡσανεῖ µέσην τὴν πόλιν περιζωσάµενον (125, 14). C’est un emprunt fait aux chroniques qui citent au moins le Néorion 1. Évagrius parle, comme Métaphraste, du Néorion et du port de Julien 2 La phrase a été utilisée, en partie, dans la Vie de 5. Marcel (29 décembre) qui elle aussi fait partie du ménologe de Métaphraste ὃ. Et c’est là l’unique donnée qui appartient en propre à la nouvelle Vie de Daniel, ou pour mieux dire, qui n’est pas empruntée à l’ancienne.
Car Métaphraste réussit à souvent tirer du neuf des textes qu’il exploite, uniquement pour les avoir lus trop rapidement. L'ancien biographe s'occupe (59, 1) περίτινος ἐνδρανοῦς ὀνόματι Tirov. L’adjectif ἑἐνδρανής, peu usité et mal lu, est pris pour un Ποπ propre: "ΕΒδρανός τις τὴν κλῆσιν (132, 20). Mais comme ïl est dit assez clairement que l’homme entreprenant dont il s’agit s’appelait Titus, le rédacteur imagine de dire qu’en se faisant moine il α pris ce nom: καὶ Τῖτος ὁ ”"Βδρανος φιλοθέως μετονομάζεται (134, 13). Titus venait des Gaules, où il habitait : ἐν ταῖς Γαλλίαις (59, 2). On en fait un Galate d’origine: τὸ γένος ἐκ l'alatwr (132, 20). Le nom de la malheureuse femme Βασιανή (35, 21), dont la patrie est ignorée, semble avoir été dédoublé en Βασιανή, ᾿Ασιαγή, Car voici comment Métaphraste la présente : ÿ τὸ μὲν γένος *Aola, Βασιανὴ δὲ τὸ ὄνομα (121, 24).
Un certain Hippasius, dont on ne sait rien, sinon qu'il avait une foi rappelant celle du centurion de l’évangile ", et à qui le premier biographe donne-pour cette raison le titre de δεύτερος οὗτος ἑκατοντάοχης (83, 2), devient "Ιππάσιός τις τὴν ἀξίαν καὶ τὴν πίστιν ἑκατοντάρχης.
La chronologie de la Vie de 5. Daniel est établie par le biographe de la façon la plus précise. Il note que le saint vécut un peu plus de quatre-vingt-quatre ans, et donne les chiffres qui permettent de faire la preuve (93, 20). Cela n’empéche pas le nouveau rédacteur de lui donner exactement quatrevingts ans et trois mois.
On pourrait allonger la liste des inexactitudes dont la mé-
1 ΤΗΕΟΡΟΒΕ Le Lecreur, Hist. eccl., I, 23.
2 Hist. eccl., II, 13.
8 BHG. 1028. 4 Luc. 7,9.
taphrase est remplie. Γελάνιος et ‘Hoaïc deviennent respectivement Γελάσιος et ‘ Païs et ainsi de suite. Cé n’est donc
pas au point de vue historique qu'il faut étudier ce texte. Il.
intéressera sans doute ceux qui s’appliqueront à formuler, avec plus de précision que n’a pu le faire Allatius, les procédés de style de Métaphraste, particulièrement reconnaissables ici. Pour ne pas nous éloigner trop de notre sujet, nous nous bornerons à noter quelques détails.
On remarque dès les premières lignes l’affectation et l’absence de simplicité qui se complaït dans les périphrases. Le
rhéteur croit embellir son modèle en remplaçant les ΄ mots éxdoyær ἀπὸ Μεσοποταμίας par cette formule : τῷ µα-
xapio πατοὶς μὲν ἡ τῆς Εὐφράτου καὶ Τίγρητος μεταξὺ κειµένη Μεσοποταμία ἐστί τε καὶ οἴκείως κατονοµάζεται (104, 20). Il ne dit pas comme tout le monde : δωδέκατος, δώδεκα, τέσσαρες καὶ δέκα, mais : δέκατος ἐπὶ τοῖς δυσίν (106, 17), δύο πρὸς τοῖς δέκα (144, ϐ), τέσσαρες ἐπὶ τοῖς δέκα (109, 20). Le dimanche c’est la χυρία τῶν ἡμερῶν (120, 14: 144, 22) et il semble s'excusér de ne pas trouver une manière élégante pour dire: le mois de septembre, μὴν ἐνειστήκει ὃν “Ῥωμαῖοι ZentéuBoroy καλοῦσιν (125, 7).
La répétition est la figure qu’il prodigue au point de fatiguer le lecteur. P.106, 18: ὑπερφρονεῖ μὲν γεννητόρω», ὑπερφρονεῖ δὲ συγγενῶν. — P. 115, 23: ’Elooalw ἐπέμπετο" ἐπέμπετο δὲ οὕτως. — Ῥ. 117, 27: ἀγγέλλει μὲν βασιλεῖ τὸ πραχθέν», ἀγγέλλει δὲ τοῦτο καὶ Γενναδίῳ.--- Ῥ. 128, 33 : χειμὼν ἦν καὶ 6 χειμὼν κρυµώδης. — Ῥ. 143, 19: τί μὴ πρὸς οἶκτον ἔλεγε. τί μὴ πρὸς ἔλεον ἐποίεις — P. 146, 20: (Eèpuos) παρῆν, παρῆν δὲ καὶ M πιστοτάτη 'Ραΐς. Et il y a bien d’autres exemples .
Il n’abuse pas moins de l'interrogation, sous sa forme la plus banale. P. 120, 30: τί οὖν ποιεῖ; — Ῥ. 124,1: τί ποιεῖ; —P. 137, 27: τί μηχανᾶται πάλιν 6 πατριάρχης; — Ρ. 138, 36 : do’ οὖν ἡ πορεία τούτῳ κενή; Autre manière de stimuler l'attention du lecteur : p. 137, 10: ἀλλ ἐνταῦθα uol τις ὄκοπείτω. — Ῥ. 143, 22: ἀλλ ἐνταῦθα µοι σκόπει. — P. 138, 34: καὶ ὅρα µοι ζῆλον ἀγωνιστοῦ.
Les noms propres sont évités comme une inélégance. P. 124, 19, l’empereur Léon est simplement 6 βασιλεύς. P. 141 9, 12, on pe saurait pas, sans la grande Vie, que τις πατρικίων est Daga-