LA VIE ΡΕ 5. DANIEL LE STYLITE XLV
laïphus, et que le patriarche est Acace. Sont évités aussi tous
les termes qui sentent le grec vulgaire, et quand il est indispensable de les employer, on les souligne avec affectation. P. 139, 29, ὀκρίβας est mis à la place de ἄμβων du modèle ; ; p. 140, 32, ΤΗ pour παλάτιον ; p.115, 25 : τὸ ἐπὶ τῆς πεφαλῆς κάλυμμα, κουκούλιο» τόδε καλεῖν bee Ρ. 132,26 : τὴν ἔπιµέλειαν τῶν αὐτοῦ ἵππων ἐγχειρίδει, κόμητα τοῦτον καλεῖν σύνεθες ; p. 127, 20: 6 τοῦ βασιλέως ἵπποκόμος ὡς δὲ ἡ κοινὴ ἂν εἴποι καὶ συνήθης γλῶττα, τῶν ἵππων ὃ κόμης. Est-ce par souci du purisme que, p. 126, 19, στυλάριον remplace le τυλάguoy de l’ancienne Vie, non sans fausser le sens ?
Nous ne continuerons pas cette recherche des petites recettes de style dont il y a des exemples à recueillir dans toutes les Vies qui ont passé par l’officine du logothète. Il est à désirer que ce travail soit poussé plus loin et étendu à toute son œuvre. On sait que celle-ci est mêlée de quelques pièces originales, auxquelles il s’est interdit de toucher, à moins que le temps ne lui ait manqué de poursuivre son œuvre néfaste. Celles qu’il a remaniées portent si fort son empreinte qu’un examen attentif les fera reconnaître sans grande difficulté, en beaucoup de cas.
$ 2. La vie de S. Daniel.
Daniel était originaire de Mératha ou Maratha dans le pays
° de Samosate en Syrie. Sa mère, longtemps stérile, l’obtint par ses prières, et lorsqu'il eut cinq ans, elle l’offrit à l’higoumène du monastère voisin. C’est ce religieux qui lui donna son nom de Daniel ; mais il ne voulut pas recevoir un si jeune enfant. À l’âge de douze ans, Daniel quitta la maison paternelle et prit l’habit dans un autre monastère des environs. Il souhaitait ardemment de visiter les lieux saints et de voir le grand Syméon sur sa colonne. L’occasion s’offrit de contenter, en partie du moins, ce pieux désir. Appelé à une réunion d’archimandrites convoquée par l’évêque d’Antioche, son supérieur prit Daniel pour compagnon. Au retour de la conférence, les archimandrites s’arrétèrent au couvent de Tellneëin. Les moines ne tarissaient pas sur l’éloge de Syméon et de sa vie extraordinaire. Il parut aux archimandrites que cette manière de pratiquer l’ascèse n’était pas exempte d’os-
tentation, et ils la blamèrent tout d’abord. Mais quand ils
eurent vu de près le stylite, ils n'eurent plus pour lui que de ‘J’admiration. Toutefois aucun d’eux ne se décida à monter sur l'échelle que Syméon venait de faire apporter. Daniel n’hésita pas et reçut, avec sa bénédiction, les encouragements de l’illustre pénitent.
Quelqué temps après, son higoumène étant venu à mourir,
Daniel fut appelé à le remplacer. Il profita de l’indépendance
relative que lui procuraient ces fonctions pour donner suite à ses projets. Il remit à son suppléant le soin de l'administration et quitta le monastère. Tout d’abord il retourna chez Syméon et demeura deux semaines auprès de lui, puis il se mit en voyage pour Jérusalem. Les routes de Palestine étaient malheureusement peu praticables à cause des troubles suscités par les Samaritains. Un vieillard dont les traits rappelaient Syméon se montra au voyageur et lui conseilla d’aller plutôt à Constan-
tinople qu’il appela «une nouvelle Jérusalem ». À la porte
du monastère où Daniel alla demander l’hospitalité, le vieillard le quitta, mais après le repas il apparut de nouveau au voyageur et lui réitéra sa recommandation. Sans retard Daniel partit pour Byzance, arriva à un endroit appelé l’Anaple, où se trouvait un oratoire de Saint-Michel et y resta sept jours. A cet endroit se dressait aussi un temple infesté par les démons, qui se montraient redoutables aux voyageurs. Daniel y entra, muni de la croix, et alla prier à genoux dans tous les coins de l'édifice. La nuit il entendait des cris sauvages, et les pierres volaient de toutes parts. Lui n’opposait aux menaces des esprits infernaux que le mépris et la prière. Il barricada la porte et ne laissa qu’une petite ouverture pour communiquer avec les visiteurs, qui bientôt se présentèrent en foule.
Le démon de la jalousie poussa quelques clercs de Saint- Michel à dénoncer le solitaire à l’archevêque Anatolius, qui refusa de les entendre. Alors recommencèrent les vociférations et les menaces bruyantes, qui durèrent jusqu’à ce que les prières du saint eussent chassé les esprits malfaisants. Sur de nouvelles plaintes, l'archevêque fit enlever Daniel durant la nuit, et le soumit à un interrogatoire. Le prélat fut si édifié qu’il le garda chez lui. Guéri par le saint dans une de ses maladies, Anatolius essaya en vain de le retenir ; il dut lui
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