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LA VIE DE S. DANIEL LE STYLITE XLIX

échelon à l’autre. Le saint passa sur ce pont improvisé en présence de l'archevêque et de la foule accourue de toutes parts.

Le 1 septembre 465, la capitale fut éprouvée par un terrible incendie qui dura sept jours. Dès le mois d'avril le saint avait prédit la catastrophe. L'empereur ét l’impératrice vinrent le voir et exprimèrent leurs regrets d’avoir négligé son avertissement. Le monarque eut bientôt une nouvelle occasion de s'occuper du stylite. Les parties de la double colonne avaient été mal ajustées. Survient un ouragan terrible. Elles ne tiennent plus que par la barre de fer qui les joint ; le vent les secoue comme un arbre qui penche tantôt à droite tantôt à gauche. L'eau se précipite en torrents contre la base. On s'attend à tout moment à ce que le stylite s'abîme avec sa colonne. L'empereur envoie un de ses chambellans constater les dégâts et prendre des nouvelles du saint, et bientôt il accourt lui-même. L'architecte est rendu responsable οἱ menacé de mort. L'intervention du saint le sauva, et il en fut quitte pour réparer le dommage.

Au retour, l’empereur faillit être victime d’un accident de cheval. Il attribua cette alerte à l’irrévérence dont il s'était rendu coupable en enfourchant sa monture en vue du saint, à qui il l’envoya dire. Il se bâtit un palais près de l’église Saint-Michel et eut des relations plus suivies avec le stylite, prenant toujours soin de descendre de cheval du plus loin qu'il l’apercevait. Un jour Daniel reçut la visite du roi des Lazes, Goubazios, amené par l’empereur. De commun arceril, les deux souverains soumirent à son arbitrage une question politique qui les divisait. |

Un jour en plein hiver, un coup de vent emporta la tunique de peau dont était revétu le stylite, et il resta toute la nuit exposé nu à la neige. Il ne fut possible que bien tard d'approcher l'échelle, et on trouva Daniel inanimé, couvert de glace et à demi gelé. Avec de l’eau chaude et des éponges on parvint à le ranimer. Îl raconta ses impressions, ainsi qu'une vision où 3. Syméon Stylite s'était montré à lui. Instruit de l'accident, l’empereur exigea qu'il y eût désormais au sommet de la colonne un abri en fer. Le saint moe d abord, alléguant l'exemple de Syméon Stylite (US s'était toujours paie de cette rotection. Mais l’avis de l'empereur finit par prévaloir.

Vers cette époque fut dévoilée par Zénon la trahison d’Ardaburius, commandant de l’armée d'Orient. Celui-ci fut déposé et remplacé par Jordanes ; quant à Zénon, il reçut le titre de comte des domestiques (ou chef de la garde). L'empereur l’amena solennellement en présence du saint, qui fut mis au courant de toute l'affaire, et exprima sa joie de la tournure qu’elle avait prise.

Quelque temps après on apprit que Genséric, roi des Vandales, méditait une expédition contre Alexandrie. L’empereur en fit instruire Daniel, en même temps que de son projet d'envoyer une armée en Égypte. Daniel répondit qu'il n'y avait pas lieu de s’inquiéter, que Genséric ne verrait jamais Alexandrie. L'événement lui donna raison.

Plein de reconnaissance, l’empereür lui proposa de construire un monastère pour les frères et pour les étrangers. De nouveau Daniel fit valoir l'exemple de Syméon, dont la « mandra » n'avait jamais renfermé de maison d'aucune sorte. Il pria l'empereur de faire plutôt venir d’Antioche les reliques de S. Syméon. L'empereur le lui promit, tout en insistant sur sa proposition, que le saint finit par agréer. Il fut donc décidé qu'il serait bâti un « martyrium » de S. Syméon au nord, et que le monastère serait construit derrière la colonne. La translation des reliques se fit avec grande solennité par l’archevêque, en présence de l’empereur et d’une foule immense. Le saint prononça une allocution.

Parmi les disciples qui s’attachèrent à Daniel, il y eut un certain Titus, venu des Gaules avec une troupe bien exercée, et que l’empereur avait attaché à ses armées avec le titre de comte. Il l’envoya un jour à Daniel, pour satisfaire sa dévotion. Mais Titus ne voulut plus quitter la « mandra », congédia ses soldats et leur distribua ce qu’il possédait. Deux d’entre eux déclarèrent ne pas vouloir se séparer de lui. En vain l’empereur essaya-t-il de le faire revenir sur sa résolution ; il finit par donner son consentement, et les trois soldats prirent l’habit monastique.

Après avoir observé et interrogé le stylite, Titus inventa un nouveau genre de pénitence.Retiré dans un coin de l’oratoire, il se fit suspendre à des cordes passées sous les aisselles, de façon que ses pieds ne pussent toucher la terre. Une planche fixée à la hauteur de sa poitrine lui servait d'appui

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