LA VIE DES, DANIEL LE STYLITE LI
justification. Il y consentit et fit lire du haut de l’ambon une profession de foi orthodoxe. Alors il reçut le baiser de paix, et retourna dans son palais. Daniel de son côté regagna sa colonne, et prédit la chute prochaine de l’usurpateur. En effet, Ζέποη et Ariadne revinrent οἱ remontèrent sur le trône impérial. La paix se rétablit et Zénon, n’oubliant point les prédictions du saint homme, alla souvent le voir. |
Parmi les guérisons remarquables dont Daniel fut l’auteur et qui sont longuement racontées dans la Vie, il faut noter celles qu’obtint cet Hippasius que le biographe nomme «le nouveau centenier », à cause -de sa foi vive. Quand il y avait des malades dans sa maison, Hippasius écrivait à Daniel pour réclamer des prières ; la réponse écrite du saint était posée sur le malade et lui rendait la santé. Dans d’autres circonstances, c'était l'huile des saints qui servait au thaumaturge à guérir les malades. Au milieu des querelles théologiques qui, à cette époque, troublèrent si profondément l'Église et où des hommes d’une vie irréprochable se laissèrent entraîner à de regrettables excès, on essaya plus d’une fois de compromettre le stylite. On n’y put réussir, et en ces occurences il donna souvent des conseils empreints d’une haute sagesse.
Daniel prédit la mort prochaine de l'empereur Zénon et les événements qui la suivirent. Le successeur de Zénon, Anastase, lui témoigna une égale vénération. Lors de la première maladie du saint, l'empereur fit préparer un sarcophage somptueux. Daniel recommanda que son Corps fût mis profondément sous terre, et que l'on plaçât au-dessus les reliques des martyrs. Α sa mort, ce vœu fut exaucé, et l’on déposa, au-dessus de sa sépulture, les reliques des saints Ananie, Azarie et Misaël, que l’empereur Léon avait fait venir de Babylone.
Daniel, qui avait si souvent lu dans l'avenir, prévit également sa propre mort, et recomma nda, en ce qui concernait les derniers devoirs à lui rendre, de s’en tenir aux dispositions que prendrait Iraïs. Sept jours avant de mourir, il convoqua les frères. Quelques-uns montèrent, et reçurent, au haut de l’échelle. ses dernières recommandations ; AUX autres elles furent communiquées par écrit. Le peuple accourut et l’on vit arriver aussi l'archevêque, qui était alors Euphémius. Durant la nuit, Daniel, en extase, célébra les saints mystères et les frè-
res reçurent la communion. Il mourut le samedi, 11 décembre, de la deuxième indiction, la troisième heure du jour. À ce moment même un possédé annonça la gloire du saint et fut délivré.
. Le corps se trouva tout ramassé sur lui-même. Les membres furent étendus de force et le cadavre placé sur une planche. Le matin l’archevêque Euphémius se rendit à la colonne, monta διὰ τῆς σκαλώσεως, c'est-à-dire l’escalier en spirale qu’on avait
fait établir pour la circonstance autour de la colonne. Il.
posa ses lèvres sur le saint corps, ce que firent aussi tous Ceux qui étaient constitués en dignité. Il fallait se rendre aux désirs du peuple qui voulait contempler le saint une dernière fois. La planche sur laquelle le corps avait été attaché fut
dressée. On le mit ensuite dans un cercueil de plomb. L’ar-.
chevêque et quelques notables le descendirent par l'escalier en spirale. La foule était considérable. Il se produisit une poussée sous laquelle l’échafaudage s’effondra ; le cercueil et les porteurs furent précipités sur le sol, mais personne ne fut blessé. |
Celui qui nous a conservé sur la vie de Daniel tant de dé-
tails intéressants était un de ses disciples, et on n’éprouve aucune difficulté à le croire sur parole lorsqu'il affirme qu'il a raconté sans mentir ce qu’il a vu de ses yeux et ce qu’il a appris de la bouche des disciples plus anciens que lui : Λλέξω μετὰ ἀληθείας ἅπερ παρὰ τῶν πρὸ ἐμοῦ µαθητευσάντων τῷ ἁγίῳ ἤπουσα καὶ ὅσα αὐταῖς ὄφεσιν ἐθεασάμην ἀφευδῶς διηγήσομαι (2,5).
Ἡ à connu aussi des hommes fidèles qui se sont attachés au saint dès le début de sa carrière : ὑπὸ ἀνδρῶν πιστῶν σχολασάντων ἐξ ἀρχῆς ὑπὸ τὰ ἴχνη τοῦ ὁσίου (13, 10), il veut parler sans doute de sa carrière de stylite.
I arrivait aussi au saint de raconter lui-même pour l’utilité des frères, quelques traits de sa vie : ἄλλα δὲ αὐτὸς ὣς 6 ποιμὴν ὁ καλὸς oixelw στόµατι ἐξηγήσατο (13, 11). On con- State, dans certaines circonstances, que le biographe était Ιὰ1: ἡμῖν δὲ προηγόρευσεν (86, 1) ; — ἐπευξάμενος δὲ πάλιν 6
1 Le récit de la visite de Daniel à Syméon Stylite en compagnie des archimandrites se termine, dans la recension D’, par cette phrase: καὶ οὕτως τῇ τοῦ (Θεοῦ χάριτι ἀπεκατέστημεν πάντες (9, 91), avec Variante : ἀποκατέστησαν. Ceci est la vraie leçon, et c’est par