‹ Les saints stylitesChapitre 34 sur 161 · LA VIE ΡΕ S. SYMÉON STYLITE LE JEUNE LXVII · texte numérisé non relu

LA VIE ΡΕ S. SYMÉON STYLITE LE JEUNE LXVII

disciples en furent atteints, et un de ses religieux les plus fervents, Conon, succomba. A la suite de longues prières et d’une vision, il le rappela à la vie. ù αν

Un prêtre géorgien avait obtenu du saint quelques-uns de ses cheveux. Il les avait enchâssés dans une croix qu'il gardait dans une chapelle, et l’application de la relique opérait : beaucoup de miracles. L’évêque du lieu fit opposition à cette pratique et persécuta le prêtre ; mais le démon s’empara de lui et il ne fut délivré que par la relique. Lors d’une incursion des Perses les soldats pénétrèrent dans la chapelle ; ils tombèrent morts en présence du reliquaire.

On engage le saint à se laisser conférer la prétrise. Il résiste, mais une vision le décide à accepter cet honneur. L’évéque de Séleucie arrive, monte sur la colonne et lui impose les mains. Après une nouvelle vision, Syméon célèbre les saints mystères. Il avait 33 ans.

Le nombre des malades guéris par le stylite augmente de jour en jour. Un de ses obligés avait fait placer son image à l'entrée de son atelier. Des impies essaient en vain de l’enlever. Antioche était d’ailleurs pleine de gens mal pensants, et quelques-uns d’entre eux viennent même discuter avec Syméon. Celui-ci prévoit l’arrivée d’un homme puissant, envoyé de Constantinople pour les punir ; trois mois après on voit paraître Amantios, qui prend des mesures contre eux.

Un prince Sarrazin, Alamundarus 1, sorte de géant animé des pires dispositions à l’égard des chrétiens, entreprend une guerre contre l'empire. Aréthas ? est envoyé à sa rencontre : les prières de Syméon lui donnent la victoire ; la paix est conclue. 6

‘ Le scolastique Jean d’Antioche étant venu le consulter, Syméon lui prédit qu’il deviendra archevêque de Constantinople et que Justinien aura pour successeur Justin. Ἡ déclare aussi que l’archevêque d’Antioche Domninos mourra bientôt (en 599), et qu’un Palestinien prendra sa place. Ceci se vérifia en la personne d’Anastase. in :

Lorsque Justin fut monté sur le trône, il témoigna de sa

1 Voir les textes relatifs à ce personnage dans PauLy-Wissowa, Realencyclopaedie, i. v. Alamundarus 2. 6 οὐ

2 De son vrai nom Harith-ibn-Gabala. Voir ΏΙεηι, Justinien, p. 387; Pauzy-WissowaA, t.c., i. v. Arethas 8.

vive affection pour Syméon, et lui écrivit à l'occasiéôn de la maladie de sa fille. Celle-ci fut guérie. Devenu malade à son tour, Justin se plaignit de n'être pas aussitôt secouru par Syméon, et s’adressa à un magicien. Le stylite prédit que la colère de Dieu s’appesantirait sur lui. Parmi les nombreux clients du stylite on cite Évagrius, « scolastique » d’Antioche. Après avoir fait connaître une nouvelle. série de miracles, le biographe, impuissant à les raconter tous, se résume en rappelant les diverses méthodes employées par le saint : d’innombrables prodiges furent opérés soit par une simple invocation, soit par l’attouchement de sa baguette, soit par des visions, soit par l'application de la poussière sanctifiée à son contact. | ή

Se sentant sur le point de mourir, Syméon appela ses disciples et leur révéla comment Dieu avait exaucé sa prière d’être délivré de la nécessité de prendre de la nourriture. Il expira le 26 mai, un vendredi, de la dixième indiction, l’an 640 de l'ère d’Antioche, l’an 700 de l’ère de Séleucie, c’est-à-dire. en 592 1.

Le rapide résumé que nous venons d’esquisser ne peut tenir lieu de la lecture du texte. Il ne saurait donner aucune idée des qualités du style, sans recherche, et admirablement clair de l’auteur anonyme, qui réussit à rendre intéressante une matière par elle-même assez monotone. Les nombreux indices topographiques qui révèlent un homme connaissant parfaitement le pays, les traits de mœurs aussi, qui sont épars dans les récits de miracles doivent être cherchés dans l'original. Mais ce qui échappe à l’appréciation plus que tout le reste, c’est le caractère propre de cette composition extraordinaire, qui nous transporte dans un milieu irréel, et nous dépeint un personnage placé en dehors de toutes les conditions habituelles de l'existence, soustrait à la plupart des lois les plus impérieuses de notre nature, n’agissant jamais que sous l’impulsion d’une force surnaturelle, conversant avec le Christ et les anges, initié aux secrets de l’avenir, doué d’un empire

1 Le texte du manuscrit de Jérusalem permet seul d'établir ce calcul. Jusqu'ici on a admis comme date de la mort de Syméon 596. Sur les deux ères, voir F. K. GINZEL, Handbuch der math-matischen und technisci :n Chronologie, t. 111, pp. 43, 44.

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